Retraites agricoles : des chiffres indécents !

Publié le

Terre agricole IDF

Par Mylène Troszczynski, député FN au Parlement européen, le 15/03/2018

Invoquant des raisons budgétaires, le gouvernement vient de bloquer une proposition de loi qui devait permettre de revaloriser les retraites des agriculteurs. Or, il était indispensable qu’elles le fussent car c’est un fait incontestable : les retraites agricoles sont misérables.

Deux phénomènes « croisés » expliquent en partie cette situation :

– tout d’abord, notre système étant fondé sur la répartition, la courbe démographique et l’allongement de la durée de vie font que le ratio cotisants/retraités se dégrade ;

– ensuite, en raison de la conjoncture agricole, la diminution des résultats de la ferme France engendre la réduction de l’assiette des cotisations.

Il en résulte des chiffres indécents : la retraite moyenne agricole en France est de 741 euros par mois. Pour combler ce retard, François Hollande avait décidé, en 2014, de revaloriser de façon progressive, entre 2015 et 2017, les petites retraites à hauteur de 75 % du SMIC, soit 855 euros par mois. C’est-à-dire toujours moins que le minimum vieillesse… avec une carrière pleine !

Dans notre pays, nous avons environ 1,5 million de retraités agricoles, dont 41.000 bénéficient du minimum vieillesse. À titre de comparaison, la France compte plus de 16 millions de retraités qui touchent, en moyenne, une pension de 1.376 euros bruts par mois.

D’autre part, le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 964 € mensuels en 2010. Les agriculteurs retraités n’ayant que leur pension comme source de revenu se trouvent donc très largement sous ce seuil.

Malheureusement, cette situation ne risque pas de s’améliorer. En effet, selon la Cour des comptes, 10 % des agriculteurs à la retraite disposent d’une pension globale inférieure à 600 euros par mois. Le régime de retraite des exploitants agricoles est déficitaire à hauteur de 1,1 milliard par an. De plus, la retraite d’un agriculteur est calculée sur son revenu des quarante dernières années alors que, pour un salarié du privé, il s’agit des vingt-cinq meilleures.

Quand on connaît la réalité de leur labeur et les contraintes de ce métier, il s’avère que nous sommes en face d’un scandale majeur… et que ces chiffres sont plus qu’indécents !

Boulevard Voltaire

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