Collectif Usagers Santé

L’usine à gaz des complémentaires santé

Publié le

secu

Communiqué de Presse du Front National et du Collectif Usagers de la santé du 28/12/2016

Depuis le 1er janvier 2016, les remboursements des dépassements d’honoraires par les complémentaires santé sont plafonnés à 125% du plafond de la Sécurité sociale. Cette situation a entrainé l’émergence de restes à charge importants pour les patients, et cela ne va pas aller en s’améliorant puisqu’à compter du 1er janvier 2017, ces remboursements seront plafonnés à 100% du plafond de la Sécurité sociale.

Une enquête de 60 millions de consommateurs montre que sur les dix opérations les plus courantes, sept d’entre elles font l’objet, dans le secteur privé, d’un dépassement moyen supérieur à 100% du plafond de la Sécurité sociale ; les restes à charge atteignent désormais jusqu’à 1000 euros à certains endroits.

En instaurant ce plafonnement, Marisol Touraine a voulu  sont taper au portefeuille les médecins pratiquant des dépassements d’honoraires, or les patients sont les premières victimes de ce dogmatisme. Les dépassements abusifs concernent une minorité des cas ; dans les autres cas, ils sont incompressibles, le tarif des actes augmentant moins vite que les charges professionnelles : selon le président de la Fédération des médecins de France, en 25 ans, les tarifs des assurances professionnelles pour les chirurgiens ont été multipliés par 35.

Une étude de la FNIM montre que 49% des assurés gagnant moins de 20 000 euros par an ont déjà renoncé à des soins pour des motifs financiers. Ajoutons que 53% des ménages modestes considèrent qu’il est compliqué financièrement de se permettre une complémentaire santé. La fracture entre les Français les plus favorisés et les plus précaires se creuse au fil de décisions ineptes de dirigeants déconnectés et aveuglés par l’idéologie.

Nous assistons à un mouvement dangereux : d’un côté Marisol Touraine limite la prise en charge par les complémentaires santé, de l’autre côté les candidats du système nous promettent la casse de notre système de Sécurité sociale : rappelons que François Fillon propose une privatisation de la Sécurité sociale, en transférant une grande partie des remboursements aux complémentaires, ce qui entrainera un renchérissement important des cotisations, déjà élevées pour des prestations s’amoindrissant.

En 2017, pour garantir à tous les Français une prise en charge optimale de leurs soins de santé, faites le bon choix : voter pour Marine Le Pen !

Front National

Publicités

Marisol Touraine promet 478 médecins de plus… dans 10 ans !

Publié le Mis à jour le

urgences-hopital

Communiqué de Presse du Collectif des Usagers de la Santé du 26/11/2016

Le 24 novembre, Marisol Touraine a annoncé que l’édition 2017 du concours d’accès aux études de santé admettrait 478 étudiants supplémentaires, répartis sur 22 facultés de médecine. Il s’agit d’une augmentation de 6,2% au niveau national.

Cette augmentation est risible, puisque l’on estime qu’en 2020 le nombre de médecins par habitant sera inférieur de 7% à celui de 2007, tandis que la population vieillit, que les pathologies chroniques sont en recrudescence, et qu’ainsi les besoins augmentent fortement. La pénurie de médecins, notamment généralistes, et la désertification médicale de certains territoires ne seront pas enrayées par cette mesurette, sur laquelle même les organisations professionnelles et étudiantes émettent des réserves.

S’il faut relever le numerus clausus pour former plus de médecins dans les universités françaises, cette mesure ne peut pas intervenir de manière isolée. Il faut également doter les facultés de médecine et les hôpitaux associés des moyens financiers, matériels et humains pour assurer la formation des étudiants supplémentaires. De plus, selon le Conseil de l’Ordre des médecins, plus d’un quart des jeunes diplômés en médecine n’exerceront pas la médecine, préférant se diriger vers d’autres carrières. Il faut également tenir compte de cette statistique pour adapter le numerus clausus, les 6,2% annoncés par Marisol Touraine ne compensent pas les 25% d’admis qui ne s’inscriront jamais à l’Ordre. Un oral de motivation au concours de première année de médecine permettrait d’intégrer le facteur humain à une sélection qui se base exclusivement sur des critères académiques.

Beaucoup de choses peuvent être faites, en adoptant une approche globale et à long-terme en sortant de l’électoralisme et des effets d’annonce. On ne badine pas avec la santé des Français.

Collectif Usagers Santé

L’aide médicale d’Etat revue à la hausse pour 2017

Publié le Mis à jour le

Santé stéto

Communiqué de presse du Collectif Usagers de la santé du 29/09/2016

Le projet de loi de finances pour 2017 prévoit une augmentation de près de 10% des crédits alloués à l’Aide Médicale d’État (AME). Son budget prévisionnel s’établit désormais à 815 millions. Or, depuis de nombreuses années, on sait que le coût réel de l’AME est très éloigné de la somme budgétée par le gouvernement. Sur les trois dernières années, le budget initial de l’AME a été finalement dépassé de 15,3% à 26,51% !

La situation actuelle, caractérisée par un afflux massif de clandestins, tous potentiellement bénéficiaires de l’AME, fait craindre un grave dérapage budgétaire. En tenant compte des dépassements observés au cours des dernières années et de la crise des migrants, le coût réel de l’AME en 2017 dépassera largement le milliard d’euros. Il est également à noter que l’AME ne s’applique pas à Mayotte, mais que les frais de santé des immigrés clandestins en territoire mahorais représentent plus de 30 millions d’euros supplémentaires.

Si notre humanité nous impose d’aider les personnes nécessitant des soins urgents, sans lesquels ces personnes mourraient, l’AME permet le remboursement intégral sans ticket modérateur ni franchise de la quasi-totalité des soins. Incluse dans le budget de l’État, l’AME est financée par les impôts des contribuables français, qui, eux, doivent faire face à des restes à charges de plus en plus importants, notamment depuis le plafonnement des remboursements des organismes complémentaires d’assurance maladie, instauré par Marisol Touraine. L’AME est une formidable manne pour le tourisme sanitaire et la fraude, comme le dénoncent Laurent Lantieri et Jean Leonetti. Il est fréquent d’entendre que les clandestins renonceraient en fait à recourir à l’AME de peur d’être repérés et arrêtés, or plus de 300 000 personnes présentes illégalement sur notre territoire bénéficient actuellement de cette aide, pour une consommation de services et biens médicaux équivalente à celle des citoyens Français (environ 2500-3000€ par personne). De plus, les hôpitaux peinent la plupart du temps à obtenir de l’Etat un remboursement total des frais engagés pour soigner les bénéficiaires de l’AME, laissant ainsi à la charge de l’hôpital des frais conséquents.

Aujourd’hui 20% des Français renoncent aux soins dentaires et d’optiques, la moitié des foyers ayant un revenu mensuel inférieur à 1200€ trouve financièrement compliqué de se permettre une assurance complémentaire, près d’un Français sur trois admet avoir renoncé à des soins pour des raisons financières… Le massacre de notre système de santé ne devrait pas s’arrêter de sitôt, Marisol Touraine ayant annoncé que 4 milliards d’euros d’économies devraient être réalisées en 2017 sur l’Assurance Maladie, après avoir affirmé haut et fort que le quinquennat de François Hollande avait « sauvé la Sécu », en se gardant bien de préciser que la dette sociale française atteint 160 milliards d’euros, que l’Assurance Maladie prévoit un déficit de 2,6 milliards en 2017, quand celui du Fond de Solidarité Vieillesse frôlera les 4 milliards.

Le Collectif « Usagers de la Santé » propose de supprimer l’AME et de la remplacer par une aide exclusivement applicable pour les patients dont le pronostic vital est engagé ou en cas de risque majeur de santé publique. Il est également essentiel de garantir à tous les Français une prise en charge adéquate des soins coûteux (notamment l’optique, et le dentaire), et d’arrêter la vague de déremboursements, qui interviennent parfois sans réelle justification. Une refonte globale du système de santé et de sécurité sociale doit être opérée afin de lutter contre la fraude, le gaspillage, et la désorganisation qui coûtent très cher aux Français.

Affaire de la Dépakine : vers un nouveau scandale d’État

Publié le

Dépakine

Communiqué de Presse du Collectif Usagers de la Santé du 15/08/2016

La Dépakine est un médicament utilisé dans le traitement de l’épilepsie et des troubles bipolaires, commercialisé depuis 1967 par le laboratoire Sanofi. Or, depuis les années 1980, des études ont établi un lien entre prise de Dépakine et malformations fœtales, sans que les femmes enceintes prenant ce traitement n’en soient averties.

Ce n’est qu’en 2010 que les risques de malformations fœtales ont été ajoutés à la notice du médicament. Depuis 2015, les femmes enceintes doivent signer un consentement éclairé avant la prise du traitement. Ces mesures interviennent plus de 30 ans après les premières constations scientifiques des effets néfastes de la Dépakine sur les enfants à naître. En février dernier, l’Inspection Générale des Affaires Sociales estimait que la Dépakine avait causé environ 450 cas de malformations congénitales entre les seules années 2006 à 2014, et dénonçait le « manque de réactivité » des autorités sanitaires et du ministère de la santé. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) quant à elle évalue à 10000 le nombre de femmes enceintes traitées par Dépakine entre 2007 et 2014, or des études établissent à 10% le risque de malformation fœtale, et entre 30 et 40% le risque de troubles comportementaux, tels que les troubles du spectre autistique, chez l’enfant à naitre. Ces estimations sont contenues dans un rapport dont Marisol Touraine semble avoir voulu retarder la parution, selon le Canard enchainé. Étant donné que les risques attenants à ce traitement sont connus depuis plusieurs décennies, Marisol Touraine et ses prédécesseurs sont largement responsables de la situation actuelle.

Plusieurs dizaines de famille s’apprêtent à déposer plainte contre le laboratoire Sanofi et l’ANSM pour non signalement d’effets indésirable, tromperie aggravée, et blessures involontaires. Des centaines, voire des milliers d’enfants, pourraient être concernés. Toute la lumière doit désormais être faite sur cette affaire afin de déterminer les responsabilités et apporter un commencement de réponse aux victimes.

Le Collectif « Usagers de la santé » souhaite que les lanceurs d’alerte soient protégés juridiquement, eux qui se retrouvent souvent seuls contre tous et soumis à de fortes pressions. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament doit voir son action évaluée, afin de tirer les conséquences de la situation actuelle. Il est nécessaire de garantir aux Français une prise en charge basée sur les connaissances médicales les plus récentes, et évaluer en toute indépendance le rapport bénéfice-risque des médicaments sur lesquels un doute devait peser. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’efficacité de la Depakine dans le traitement de l’épilepsie, mais d’assurer une information adéquate aux patients susceptibles de subir des effets indésirables graves (ici, les femmes en âge de procréer). Le ministre chargé de la santé doit exercer ses fonctions de manière neutre et indépendante, loin de l’influence des laboratoires pharmaceutiques.

Collectif Usagers Santé

La farce des négociations conventionnelles

Publié le

Santé stéto

Communiqué du Collectif Usagers de la Santé du 28/06/2016

Après 13 réunions avec les instances da la CNAMTS en 4 mois, deux syndicats de médecins (le BLOC et la CSMF) ont quitté la table des négociations. Les autres sont à deux doigts de faire de même.

Ils ont ainsi manifesté leur écœurement devant l’indigence des propositions qui leur ont été faites en matière de revalorisation des actes médicaux. Mais ils protestent surtout contre une politique de santé absurde décidée par des technocrates coupés de la réalité et disposés à donner toujours plus de pouvoirs aux mutuelles et autres assurances complémentaires.

L’obstination des pouvoirs publics à vouloir réguler le secteur 2 et à faire des économies à tout prix les empêche de voir et d’analyser les véritables problèmes qui sont en train de mettre en danger la santé des Français. Parmi ceux-ci, l’extension des déserts médicaux, l’allongement des délais d’attente et la surcharge des services d’urgence sont les symptômes prémonitoires d’une catastrophe inéluctable si rien n’est fait pour y remédier. Et encore faut-il savoir que la durée hebdomadaire moyenne de travail des médecins français est de 50 heures. Quand va-t-on enfin prendre en compte le caractère éreintant d’un exercice de plus en plus dévalorisé?

Le Collectif Usagers de la Santé réaffirme la nécessité d’une réflexion en profondeur sur les conditions de prise en charge de la santé des Français. Cette réflexion doit être menée de façon transparente et collégiale avec tous les intervenants, médecins, paramédicaux et usagers de la santé. Elle doit exclure toute attitude dogmatique, s’attacher à maintenir l’équilibre entre secteur public et secteur privé, source de saine émulation, tout en tenant compte de l’évolution des techniques et des mentalités. Malheureusement, toutes les actions engagées par les gouvernements successifs depuis des années n’ont été que propagande, démagogie et désinformation au profit des carrières politiques et intérêts personnels des uns et des autres. Il est grand temps que les acteurs du système de santé reprennent la main.

Collectif Usagers Santé