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Discours de Marine Le Pen à Kintzheim le 24/02/2018

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Discours de Marine Le Pen en Alsace  le 24 février 2018

Mesdames, Messieurs, chers amis des départements de notre région Alsace-Lorraine.

Cette région si intimement française, ce « beau jardin » avec ses alignements de vignes et ses maisons à colombages, une région, deux régions si spécifiques devrais-je dire annexées par l’entité administrative du Grand Est ;

Notre chère Alsace comme notre chère Lorraine ont raison de ne pas vouloir être aspirées dans la logique absurde de régions déracinées que l’Union Européenne a imposée à une France vassalisée, un modèle territorial installé selon un modèle qui nous vient d’ailleurs et qui ne correspond à rien chez nous.

Le gouvernement n’ignore pas le malaise crée ici par cette aberration institutionnelle.

Comment y répond-il ?

En exhumant le serpent de mer de la fusion des deux départements alsaciens pourtant rejetée démocratiquement par référendum en 2013.

Non seulement le gouvernement méprise une fois de plus le résultat d’une consultation démocratique, mais cette diversion institutionnelle s’organise à la seule condition – je cite la lettre de mission du préfet chargé de l’étude- « qu’elle ne remette pas en cause le principe de la région Grand Est ».

Ce que nous dit le gouvernement c’est que le « GrandestXIT » serait interdit.

En clair, pour le gouvernement, la seule chose intangible ce n’est pas la volonté du peuple, ce sont les dogmes européistes et en l’occurrence nos régions sur le modèle des landern.

Ces dogmes, il veut les maintenir contre tout bon sens et contre la volonté des citoyens.

Nous, vous le savez, nous défendons au Front National l’enracinement, très loin d’une logique strictement administrative, loin de l’asséchante négation des sentiments d’appartenance et du désir légitime de vouloir organiser l’avenir dans des cadres cohérents.

Gouverner un pays ce n’est pas gérer des populations comme le croient nos gouvernants.

Gouverner c’est au contraire savoir que derrière les gens, il y a une histoire, il y a des affections, il y a des préférences, Il y a des passions, il y a des fiertés.

Nous, nous avons la fierté de ce que nous sommes, de ce que nous ont légué nos parents et de ce que nous transmettrons à nos enfants.

C’est pourquoi nous sommes aussi le parti de la proximité, du local contre le global.

Ce principe de proximité vaut pour nos productions et vaut aussi pour nos institutions.

Nous refusons de nous laisser imposer un système où l’on produit à dix mille kilomètres de chez nous et l’on recycle à 4000 kilomètres.

De la même manière nous refusons des institutions lointaines de la part de dirigeants que personne ne connaît : or, toute l’évolution institutionnelle tend à éloigner le pouvoir des citoyens.

Qui connaît le président de l’entité « grand Est » et ses vice-présidents ?

Pas grand monde…

Qui connaît le président de l’intercommunalité qui a vampirisé les pouvoirs de votre maire, bientôt réduit au rôle d’administrateur de l’état civil ?

Personne.

Qui connaît les commissaires européens qui décident pour 500 millions d’Européens de ce que nous mangeons, et bientôt peut-être à quelle heure nous mangeons et même comment nous devrons manger ?

Personne.

A tous les échelons se met en place un pouvoir sans visage et sans nom, un pouvoir à vocation totalitaire qui se mêle de tout.

Je le dis, l’Union européenne, telle qu’elle est conçue, est un pouvoir totalitaire qui régente, qui régimente, qui règlemente.

Ce régime fou, déconnecté, irresponsable, vous le subissez directement dans vos régions : le rapport Spinetta qui annonce la fermeture des lignes ferroviaires, les fermetures de es partout dans les campagnes, les persécutions des automobilistes avec l’abaissement de la vitesse à 80 Km/h ou la hausse des carburants, la fermeture des hôpitaux et même des services d’urgence ( ce qui relève de décisions criminelles),  ladésertification médicale et que dire de l’agriculture qui va être saignée par les traités de libre-échange comme le Mercosur.

Tout cela relève d’une logique qui nous est imposée de l’extérieur.

L’Union européenne, vous avez pu le mesurer, vous à qui on dit « on accepte tout sauf la remise en cause des grandes régions », a mis en place une vision carcérale de l’Europe.

On le voit avec la Pologne, coupable de vouloir réformer son système judiciaire et qui fl’ait objet d’une procédure de sanction par les sinistres commissaires de Bruxelles.

Et comme cette procédure qui vise à priver la Pologne de droit de vote risque de ne pas aboutir parce que certains pays pourraient se solidariser, l’Union européenne menace de lui retirer les fonds européens et donc de l’étrangler financièrement.

On se croirait sous l’empire soviétique où le pays « frère » qui n’obéissait pas, recevait la visite amicale des chars de l’armée rouge.

Le dissident soviétique, Vladimir Boukovski, prophétisait il y a quelques années à propos de l’Union Européenne : « j’ai vécu dans votre futur ».

Nous sommes dans le futur que décrivait Boukovski et effectivement nous sommes 27 pays et 500 millions d’Européens en résidence surveillée.

On nous a présentés souvent comme antieuropéen et l’Union Européenne comme la forme aboutie de l’idée européenne.

Or, c’est le contraire.

Nous, nous sommes Européens et c’est parce que nous sommes Européens que nous combattons l’Union Européenne.

L’Union Européenne, ce n’est pas seulement un échec économique, social, politique, démocratique et culturel c’est aussi et plus fondamentalement la négation de l’idée européenne.

L’Europe c’est un continent.

L’UE est une organisation hors-sol, un espace ouvert à tous les vents de toutes les migrations, une construction qui a une vocation universelle et ne s’offusque pas d’y voir adhérer des pays asiatiques comme la Turquieou demain du Maghreb comme le Maroc.

L’Europe c’est une diversité des nations.

L’UE c’est le nivellement des peuples et de cultures qui composent l’Europe, c’est leur disparition programmée.

L’Europe c’est une réalité vivante et joyeuse.

L’UE c’est une création idéologique artificielle, froide et désespérante.

L’Europe ce sont les valeurs héritées de notre civilisation helléno-romaines et de notre culture judéo-chrétienne.

L’UE c’est un espace marchand où seul domine la loi de l’argent, les valeurs du mondialisme des salles de marché.

Les fossoyeurs de l’idée européenne ce sont les partisans de l’Union européenne.

Le Brexit en est la preuve puisque les Britanniques à défaut de pouvoir réorienter la construction européenne ont préféré partir.

Le Brexit n’est pas un acte de trahison de l’Europe comme le professent les médias, mais la marque d’un échec de l’Union européenne qui n’arrive plus à susciter l’adhésion.

Les Grecs eux n’ont pas eu le choix que de rester et de subir. Les Polonais, comme les pays du Višegrad, sont entrés en sécession. L’Autriche s’est donné un gouvernement eurosceptique. L’Italie pourrait le faire début mars.

Nous, Français (comme les Hollandais), nous avons voulu sortir par la porte du référendum de 2005 et Sarkozy nous a fait rentrer de force par le soupirail d’une décision unilatérale au mépris d’une décision démocratique.

Vous le voyez, cette construction branlante qu’est devenue l’Union européenne ne peut pas tenir, ne peut plus tenir.

Et nous ne ferons rien pour la retenir.

L’affaiblissement politique de Mme Merkel qui tient sa survie politique d’un vote du SPD, lui-même désormais dépassé dans les intentions de vote par l’AFD est un fait politique majeur.

Des pans entiers se détachent de la façade de la construction européenne.

On aperçoit les failles et le régime des commissaires comme toutes les dictatures déliquescentes sont tentées par le raidissement et un certain sauve-qui-peut des dirigeants qui cherchent à se recaser.

Les masques tombent, les collusions se dévoilent au grand jour.

M. Barroso, l’ancien président de la Commission européenne sans aucune gêne se fait embaucher par Goldman Sachs, la banque mise en cause dans la crise de 2008 ou dans l’aggravation de la crise grecque.

Il ne se cache même plus pour faire un lobbying éhonté.

M. Mario Draghi lui a fait le chemin inverse : il était vice-président de Goldman Sachs chargé des mécanismes visant à camoufler les comptes de la Grèce.

Il est aujourd’hui président de la Banque Centrale européenne.

L’Union Européenne n’est pas le fait des peuples, mais des banques ; ce n’est pas parce qu’on porte un costume gris et une cravate qu’on est animé de bonnes intentions.

L’Union Européenne ne défend pas nos intérêts, mais les leurs, ce ne sont pas des bâtisseurs, mais des spéculateurs.

M. Macron, ancien banquier d’affaires, est à l’aise dans ce monde-là. Il se propose même de sauver du naufrage le bateau européiste qui prend l’eau de toute part.

Il croit en être le sauveur, il en sera le syndic de faillite.

En mai 2019 auront lieu de nouvelles élections européennes.

Il y aura deux listes en compétition : La liste de l’Union Européenne d’Emmanuel Macron et Alain Juppé ;

La liste de « l’Union des Nations Européennes » qui défendra notre projet, celle de l’Europe des Nations, celle des projets librement consentis.

Notre projet sera élaboré de manière détaillée et décrira les institutions que nous souhaitons à la place de l’Europe des commissaires.

La phase de transition n’apparaîtra plus comme un bing bang institutionnel un peu anxiogène, mais sera mieux expliquée.

Ces deux listes sont les deux pôles qui se sont fait face au second tour de la présidentielle ; ce sont les deux alternatives idéologiques qu’offre désormais le nouveau clivage nationaux/mondialistes qui s’est imposé dans la vie politique française.

Dans ce débat européen qui vous l’avez compris est un débat de grande ampleur idéologique, M. Wauquiez croit pouvoir s’en tirer avec un « je suis pour tout ce qui marche » et « contre tout ce qui ne marche pas ».

C’est court, très court. Il n’a pas compris ce qui se passe.

Dans le contexte de la grande recomposition le flou n’est plus de mise, et son positionnement sera un peu léger.

La vérité c’est que le clivage nationaux/mondialistes traverse le parti LR et qu’il est en train de le fracturer.

Beaucoup sont déjà partis et chaque jour, il subit de nouveaux départs notamment vers l’aventure Macron.

M. Wauquiez est le seul à ne pas s’être aperçu que l’UMPS s’appelle maintenant « En marche » et que son parti n’a plus de raison d’être que de conserver quelques places à quelques notables qui y croient de moins en moins.

L’épisode de son cours a été effectivement très pédagogique.

Je ne sais pas si les étudiants sont sortis plus éclairés, mais les Français, oui.

Ils ont pu mesurer la duplicité, le cynisme, l’ingratitude, le caractère fielleux et peu courageux, ce que j’avais appelé de manière assez indulgente « l’insincérité » du personnage : tout le monde pressent clairement désormais qu’avec Wauquiez il y a davantage des arrière-pensées que des pensées.

Les Sarkozystes, qui voyaient en lui le successeur de leur champion, savent désormais à quoi s’en tenir.

Aux élections européennes, nous pouvons sortir en tête, nous allons sortir en tête :

D’abord parce que nous l’avons déjà fait la dernière fois en étant le premier parti. Ensuite parce que nous allons mettre toute notre énergie à créer une dynamique d’alliances avec les partis souverainistes, avec une stratégie d’ouverture aux autres mouvements qui partagent notre attachement à la nation.

Un bon résultat en France ne suffira pas à notre bonheur puisque nous nourrissons beaucoup d’espérance sur la révolte démocratique des peuples européens à l’occasion de cette élection.

Nous allons travailler à faire en sorte qu’en juin 2019, les députés européens euro-critiques, ceux qui veulent changer d’Europe, soient majoritaires au sein de l’Assemblée.

Et c’est possible.

La prééminence du PPE, le parti européiste, n’est pas de droit divin. L’Union européenne n’est pas une condamnation à perpétuité.

Nous avons toujours pensé que nous pourrions changer l’Europe en passant par l’Elysée.

Nous avons aujourd’hui l’espoir et même l’objectif de tourner la page de l’Union européenne à partir de Bruxelles et de Strasbourg.

Cette victoire de nos idées en Europe est essentielle parce qu’elle constituera le coup d’envoi de la grande marche des nationaux vers le pouvoir.

L’élection européenne ouvre le nouveau cycle électoral, ce nouveau cycle électoral 2019/2021 qui nous conduira ensuite des élections municipales en 2020 aux élections régionales et départementales en 2021.

Si, comme nous pouvons le penser, LR sort de la séquence européenne démasqué donc très affaibli, nous avons les plus grands espoirs pour les autres scrutins et peut-être toutes les chances de nous présenter en pôle position en 2022.

Une victoire à la présidentielle, nous le savons se construira sur cinq ans.

C’est tout l’objet de la stratégie que je vous propose de mettre en œuvre.

Pour notre pays, pour l’Europe, pour nos villes et nos villages, cette victoire à la présidentielle est vitale.

La nouvelle loi sur l’immigration que le gouvernement s’apprête à discuter est une nouvelle fumisterie.

Comme d’habitude, comme dans un jeu de rôle bien rodé, nous allons entendre le concert des pleureuses qui sont censées crier à la loi répressive, à l’atteinte aux droits, à la violation de la tradition d’accueil de la France.

A ce rythme-là, nous ne sommes plus dans une tradition d’accueil, mais dans un processus de dépossession.

Pour autant, comme d’habitude, nous allons avoir un ministre de l’Intérieur qui va prendre des postures de matamore, et au final il ne se passera rien.

Personne ne devra être dupe.

Rien sur le contrôle aux frontières de la France.

Aucun moyen supplémentaire pour les reconduites à la frontière.

Rien sur les pompes aspirantes de l’immigration comme l’AME qui nous coûte plus d’un milliard par an.

Rien sur la présomption de minorité qui fait de tout migrant sur simple déclaration prétendant qu’il est mineur un illégal non expulsable.

Rien sur la réforme du code de la nationalité qui est une usine à photocopier les cartes d’identité.

Rien sur l’expulsion des délinquants étrangers.

Au contraire, on nous propose une extension du droit de rétention de 45 à 90 jours quand même la législation européenne pourtant très laxiste autorise jusqu’à 1 an.

Pire, trois jours avant la présentation de la loi, un député « En Marche » a sorti un rapport qui présente 71 mesures pour littéralement installer l’immigration dans nos villes et nos villages.

Ce rapport scandaleux préconise par exemple l’ouverture des administrations non régaliennes aux étrangers ; il prévoit des facilités d’entrée dans certaines professions (professions médicales par exemple), des crédits d’impôt pour ceux qui accueillent des migrants ou des facilités d’obtention de titres de séjour.

La liste est longue et en dit long sur l’imagination des immigrationnistes qui nous amène toujours plus loin dans la politique d’abandon.

Comme le dit notre campagne que je vous invite à relayer partout autour de vous. « L’immigration ça s’accélère ».

Les chiffres le montrent avec 267 000 immigrés nouveaux hors UE entrés légalement, sans compter les centaines de milliers d’illégaux.

Nous le savons, vous le savez, si nous ne gagnons pas, notre pays sera submergé.

Vous le sentez, notre génération porte une responsabilité devant l’histoire.

Nous ne pouvons pas faillir et pour cela nous devons nous mettre en ordre de bataille en profitant de la pause électorale que le calendrier des élections nous offre.

C’est la raison pour laquelle, en interne, nous avons engagé la grande refondation à laquelle je vous invite, vous les adhérents du Front National.

A l’heure de la grande recomposition qui s’annonce nous avons le choix :

Soit nous restons inertes en attendant par une stratégie providentialiste illusoire que le pouvoir vienne à nous, et nous serons déçus ; Soit nous allons le chercher en nous mettant en position de rassembler, d’élargir notre socle électoral présidentiel pour le porter au second tour de 35 à 50 %.

C’est évidemment ce choix que nous devons faire.

Cela signifie pour nous travailler sur les alliances, c’est-à-dire intégrer la culture du compromis (et non de la compromission), de respect des partenaires, d’intégration des alliés dans nos stratégies électorales et gouvernementales.

Ce changement de culture ne va pas de soi.

Nous l’avons engagé en 2011 et c’est lui qui nous a permis les succès électoraux aux européennes avec 23 députés, aux régionales avec 350 conseillers régionaux, aux élections départementales avec 62 conseillers départementaux, aux municipales avec onze mairies importantes.

A propos de changement interne, qu’il me soit permis de vous parler, puisque nous sommes entre nous, d’un sujet qui fâche parfois, qui intéresse souvent, mais que nous devons absolument aborder, car rien ne doit être tabou : le changement de nom.

Je sais que beaucoup sont attachés au nom « Front National ».

C’est naturel et c’est votre honneur de militant d’être attaché à votre mouvement.

Comment ne le serais-je pas moi qui ai vécu toute ma vie entourée de ce nom et de gens qui se sont battus pour lui, d’un nom qui nous a motivés, qui nous a fait vibrer, pleurer de peines et plus souvent encore de joie ?

Mais ce nom, aux allures un peu guerrières (« front ») même si cela est injuste, ce nom est marqué, connoté par les campagnes qu’il a subies.

Certaines personnes, qui sont pourtant d’accord avec nous, s’interdisent de nous rejoindre ou de voter pour nous.

Il y a encore et il faut le reconnaître, un problème pour notre progression, un tabou lié au nom tant en France qu’en Europe ou dans le monde.

Or, dans le contexte de la recomposition, si nous ne sommes pas capables de nous adapter, de nous préparer à rassembler, nous laisserons filer la chance historique d’en être le cœur, d’en constituer le pivot et même le moteur.

Pourquoi se le cacher, le nom « Front National », c’est aussi une difficulté pour les alliances.

Pour ceux qui ne m’ont pas compris, je veux le dire sans ambiguïté : « sans changement de nom il n’y aura pas d’alliance ».

Et pas d’alliance sous la Vème république cela signifie que nous ne pourrons jamais conquérir le pouvoir.

Vous devez être conscients que même des alliés potentiels, aussi bien disposés soient-ils, en Europe ou en France, ont du mal à surmonter le poids des mots.

On peut le déplorer, mais c’est ainsi.

Si vous êtes là, si vous êtes militants c’est que vous n’avez pas de prévention à sauter le pas et à vous afficher comme Front national.

Vous pouvez vous dire, si je l’ai fait pourquoi pas eux ?

Mais justement, tout le monde n’est pas comme vous.

Mais je comprends certaines réticences.

C’est difficile de dire je suis d’accord pour le changement de nom quand on ne connaît pas le nouveau.

C’est comme si je vous dis : « je vous propose de déménager ».

Vous aurez du mal à dire « oui » si vous ne savez pas où.  Si c’est dans un taudis vous me direz non !

Si c’est dans une demeure superbe vous sauterez certainement de joie et accepterez avec joie.

Pour le changement de nom, je vous demande de me faire confiance.

Rien ne sera fait sans vous.

J’ai souhaité que tous les adhérents puissent voter, tous les adhérents et pas seulement ceux qui ont la chance de pouvoir venir à Lille. Sur la question du nom, le vote aura lieu après le Congrès.

C’est pourquoi, nous devrons d’abord voter la modification des statuts au congrès qui permet un vote postal ou numérique ce qui est aujourd’hui impossible.

Dans les toutes prochaines semaines qui suivent le congrès, la grande consultation sur le changement de nom aura lieu.

C’est vous qui déciderez.

Le nom que je vous proposerai, je le dévoilerai au congrès.

Je ne doute pas un instant qu’il recueillera votre adhésion ; vous en mesurerez parfaitement la pertinence, l’utilité et, vous en verrez la puissance.

Pour accéder au pouvoir, nous devons nous apprêter à être non plus un parti d’opposition comme c’est encore trop souvent le cas, mais un parti de gouvernement, c’est-à-dire un parti qui présente un programme de gouvernement précis, qui dispose de cadres formés et aguerris pour exercer le pouvoir, qui gère dans le temps et par la méthode le processus de redressement du pays.

Je vous invite, si ce n’est pas déjà le cas, à vous investir dans vos sections et vos fédérations.

Vous y trouverez un climat fraternel pour mener avec des gens qui pensent comme vous le combat essentiel pour la patrie.

Cette refondation dont vous ne voyez pas encore tous les effets a commencé.

Nous avons entamé une profonde réorganisation des services du siège, nous lançons un certain nombre de formations à destination des cadres, des élus, des militants et des adhérents, nous travaillons à l’élaboration de projets européens, régionaux et départementaux, nous sommes en train de modéliser la gestion Front National d’une ville en prévision des municipales.

Quand arriveront les échéances, nous serons prêts, parce que ce maillage est déterminant pour gagner à la présidentielle et aux législatives.

Nous l’avons vu avec Hénin-Beaumont.

Nous avons gagné la ville d’Hénin-Beaumont, puis tous les cantons du bassin minier puis toutes les circonscriptions.

C’est ce qu’on appelle en jargon électoral le phénomène d’inondation, une inondation en l’occurrence bienfaisante qui redonne vie au terreau démocratique.

Ce phénomène nous devons le répéter partout et notamment sur cette terre de l’Est qui est une terre de résistance.

Dans le fonctionnement interne, parce que nos statuts vieux de 45 ans avaient sérieusement besoin d’un toilettage et d’une réactualisation, nous en proposons la rénovation.

Avec les instances qu’est le Bureau politique, nous avons préparé une réforme des statuts qui permettra davantage de démocratie pour vous les adhérents qui pourrez être consultés plus régulièrement, une meilleure représentation des fédérations dans nos instances et une meilleure coordination des élus et des groupes.

Notre parti adoptera les modes de fonctionnement d’un parti moderne, plus ouvert et plus participatif.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, chers amis, loin de ce que vous pouvez lire dans la presse ou entendre sur les antennes, je suis venue vous transmettre un message résolument optimiste.

Nous savons où nous allons.

Nous avons la détermination de nous en donner les moyens.

Notre engagement est une promesse.

Chaque jour qui passe, nous rapproche du but ultime qui est l’exercice du pouvoir, la première étape passe par Lille.

L’avenir nous appartient.

Vive la France.

Front National

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Discours de Marine Le Pen à Alençon le 07/01/2017

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Discours de Marine Le Pen, présidente du FN à Alençon le 07/01/2018

Mesdames, Messieurs, chers amis des départements de cette belle région normande, fondée par des conquérants, cette terre d’où sont partis tant de grands conquérants, cette terre de conquête pour le Front National.

Je suis heureuse de me trouver parmi vous au seuil de cette nouvelle année 2018 dans une ambiance si amicale.

J’en remercie les organisateurs et vous-mêmes qui êtes ici présents.

Cette année 2018, une fois n’est pas coutume aurais-je envie de dire, ne sera pas une année électorale.

Dire que ce ne sera pas une année électorale ne signifie pas pour autant, je tiens à le préciser si quelqu’un en doutait, que ce sera une année pour rien.

C’est tout le contraire.

Parce que nous sommes entre nous, je vais vous confier notre feuille de route stratégique.

Elle vous montrera combien les perspectives qui s’ouvrent devant nous doivent nous engager à l’optimisme.

Gandhi disait : « l’avenir dépend de ce que nous faisons dans le présent ».

2018 sera une année de travail, une année d’intense préparation de notre mouvement aux échéances qui ouvriront le nouveau cycle électoral.

Ce cycle électoral débutera en juin 2019 avec les élections européennes.

Cette élection que nous pratiquons depuis trente ans nous apparaissait, disons-le, comme un scrutin annexe, un scrutin de plus à côté des élections nationales, loin derrière la mère des batailles que constitue la présidentielle.

Quand j’étais étudiante en droit, on m’expliquait que l’élection présidentielle était la clef de voûte du système politique français. C’est vrai. On l’a toujours vérifié.

On l’a tellement vérifié que la dernière présidentielle a effondré les partis politiques traditionnels comme le PS et LR et engagé une grande recomposition.

Mais, à côté de la présidentielle, une autre élection est en train de s’imposer comme une élection de structuration fondamentale de la politique française : c’est l’élection européenne, et cela pour trois raisons :

La première, c’est parce que le nouveau mode de scrutin avec une liste nationale va faire ressortir les logiques nationales et va amoindrir les effets des notabilités locales.

Cette réforme plus importante qu’il y paraît, est une mauvaise nouvelle pour ceux qui voulaient planquer leurs incohérences politiques internes derrière un mode de scrutin localisé.

Cela est, en revanche, une bonne nouvelle pour la France qui va être enfin représentée par des élus, non plus de régions artificielles, mais par des élus de la nation.

La deuxième raison de l’importance des européennes, c’est que la thématique européenne a pris une importance considérable, ne serait-ce que parce que l’Union européenne s’est immiscée dans notre vie quotidienne et surtout dans notre vie institutionnelle. La troisième et cela découle des deux premières raisons, c’est que ces élections européennes vont achever la recomposition politique que la présidentielle a engagée. Le second tour de la présidentielle a vu la qualification des deux forces alternatives : Les mondialistes représentés par Emmanuel Macron, d’un côté

Et de l’autre :

Les nationaux dont j’ai eu l’honneur de défendre les couleurs.

Tout comme la présidentielle qui désigna en quelque sorte le gouvernement  LREM et son opposition, Le Front, les élections européennes vont voir ressurgir naturellement ce clivage fondamental : mondialistes contre nationaux.

L’élection nous invite à une joute projet contre projet :

d’un côté le projet défendu par Emmanuel Macron qui défendra l’Union Européenne de l’autre, notre projet, celui que nous avons appelé l’Union des Nations Européennes Ce sera l’UNE (U. N. E) contre l’UE

Le premier nous proposera d’entrée l’inévitable mea-culpa sur l’Europe de Bruxelles.

Cela a déjà commencé avec M. Macron qui s’agite partout en expliquant qu’il faut réformer l’Union européenne.

Comme à chaque  élection européenne, les représentants du système prendront l’engagement d’une Europe plus sociale, plus démocratique, moins technocratique.

Sur le fond, le projet ne bougera pas : ce sera une Europe fédérale, qui par idéologie mondialiste et mercantile travaille à la destruction de nos nations, de leur diversité, de leur liberté, de leur identité.

Le second projet, ce sera le nôtre.

Nous défendrons la vraie idée de l’Europe, une idée qui repose sur des valeurs de civilisation, un territoire géographique circonscrit par notre histoire plurimillénaire, des peuplesqui veulent rester eux-mêmes, des modes de coopération institutionnalisés auxquels chaque Etat, redevenu souverain, sera libre d’adhérer ou non sans être sanctionné pour sa décision.

Et entre nous et Macron, vous l’avez compris, il n’y aura rien.  Le PS a disparu. LR, piégé par la liste unique va gérer difficilement ses contradictions internes entre les « eurolâtres » et les « eurosceptiques ».

M. Wauquiez qui est passé de l’un à l’autre en quelques années de vie politique aura du mal à jouer les deux partitions en même temps sans risquer la cacophonie.

C’est tellement vrai que M. Juppé a d’ores et déjà quasiment avoué publiquement qu’il soutiendrait la liste d’En Marche.

On le voit, LR est traversé en interne par le clivage entre nationaux et mondialistes.

Je pressens que l’élection européenne va constituer une saine et drastique clarification.

LR va connaître un phénomène de CNIsation, vous savez le CNI, le grand CNI d’Antoine Pinay qui fut un grand parti et qui est devenu un parti de témoignage.

Stratégiquement, nous devons prendre en compte deux phénomènes conjoints :

L’élection européenne n’est plus une élection intermédiaire, mais par son mode de scrutin et son enjeu idéologique une élection fondatrice. Nous nous trouvons, en France et en Europe, dans un contexte de grande recomposition politique.

Pour cette recomposition que nous avons tant attendue, il y a deux possibilités :

Soit nous ne comprenons pas ce qui se passe et restons à regarder les trains qui passent.

Mais, je vous le dis : L’histoire ne nous attendra pas et s’écrira sans nous.

La recomposition se fera autour d’autres mouvements et nous serons alors condamnés à les regarder incarner l’alternative.

Soit nous nous préparons à constituer le cœur de cette recomposition et alors c’est sûr, nous irons au pouvoir.

C’est tout l’enjeu de cette  refondation du mouvement dont je suis venue vous parler. Vous pouvez à l’aune de ce que je vous ai dit, mesurer qu’elle est loin d’être anecdotique.  Les enjeux sont colossaux.

Ce que je vous propose, mes amis, c’est de nous apprêter à écrire l’histoire, à construire pour notre pays la victoire de nos idées.

Ce que je vous propose c’est d’achever la mutation de notre mouvement en un grand parti de rassemblement et de gouvernement.

Nous l’avons initiée en 2011, il nous appartient de la terminer.

Historiquement nous avons été dans les temps épiques un parti de contestation ; avec les élus notamment régionaux et municipaux, nous sommes devenus un parti d’opposition avec une efficacité largement admise.

Sommes-nous devenus un parti de gouvernement ?

Nous pouvons le croire car il y a chez nous des personnalités, très éminentes, de très grandes qualités et l’on peut voir que nos maires sont des élus reconnus pour leur compétence à la tête des exécutifs municipaux.

Mais comme j’ai l’habitude de le dire, reprenant une formule enseignée depuis longtemps dans les écoles de formation du Front National « en politique n’existe que ce qui paraît exister. »

Même si c’est certainement injuste, même si cette idée reprend en écho une propagande organisée par nos adversaires, il n’en demeure pas moins que nous devons encore davantage nous affirmer comme un parti de gouvernement.

Un parti de gouvernement, c’est un parti qui à tous les échelons territoriaux peut aligner un programme parfaitement identifié et connu des électeurs.

Un parti de gouvernement, c’est un parti qui, dans le système de la cinquième  République, avec un scrutin majoritaire à deux tours, est capable de nouer des alliances avec d’autres formations, c’est-à-dire est capable d’admettre des compromis (j’ai bien dit des compromis et non des compromissions), qui est assez attirant pour ne pas dissuader d’éventuels alliés, qui a su pacifier certaines relations parfois tendues comme avec la presse.

Un parti de gouvernement, c’est un parti qui peut aligner des cadres locaux et nationaux parfaitement formés.

Vous l’avez compris ; mon ambition, non pas pour moi, mais pour la France, est de vous conduire au pouvoir.

Il nous faut pour cela peut-être accepter de prendre des risques et pas simplement gérer l’acquis parce que ces exigences appellent de notre part un nouvel élan.

A l’échelon européen, nous devons bâtir un programme qui soit beaucoup plus précis.

Nous avons commencé à y travailler avec une journée inter-parlementaire qui s’est déroulée le 24 novembre.

Des traités de substitution aux traités européens existants sont en cours de rédaction.

Nous allons décrire précisément quelles institutions nous voulons donner à l’Europe et comment précisément s’organisera la coopération entre les nations européennes : une Commission ? (elle sera vraisemblablement supprimée), un Conseil des ministres ?  qui se réunira à quel rythme ? etc …

Et puis parce que c’est vrai, nous avons certainement effrayé un certain nombre de gens avec ce qui est apparu comme un bing-bang institutionnel, une sortie trop brutale de l’Union Européenne, nous devons davantage travailler sur la période de transition, celle qui nous verra passer de l’UE à l’UNE.

Nous nous y employons en étudiant les conditions juridiques, politiques, techniques et diplomatiques de cette migration des membres de l’actuel UE vers un autre système de coopération européenne.

Nous allons établir un calendrier plus précis et décrire juridiquement les conditions dans lesquelles nous pourrons récupérer immédiatement nos souverainetés.

Pour donner à notre projet européen  toute sa force, nous souhaitons enfin que notre projet ne soit pas simplement défendu en France, mais dans toute l’Europe, par les partis frères.

J’étais récemment à Prague pour jeter les bases de cette synergie continentale avec nos homologues européens.

Je crois pouvoir dire que ma proposition a reçu un excellent accueil.

Nous avons convenu de nous revoir assez vite pour y travailler tous ensemble.

Notre feuille de route stratégique pour les européennes procède du triptyque ;

1 – Un projet précis et juridiquement rédigé 2 – La description précise de la période de transition 3 – L’idée que notre projet soit défendu sur tout le continent

Ce triptyque fera la force et la crédibilité de notre vision pour l’Europe.

J’évoquais la nécessité des alliances.

C’est le levier supplémentaire que nous allons mettre en œuvre.

Nous avons initié le processus de soutien mutuel lors du second tour de la présidentielle avec Nicolas Dupont-Aignan.

C’était, personne n’a voulu le voir, une des grandes victoires de cette présidentielle pour le Front national.

Ce ne sera pas sans lendemain.

Evidemment pour les européennes, nous travaillons à établir une liste que je souhaite ouverte, ouverte à des personnalités, à d’autres formations, ouverte à tous ceux qui veulent conjuguer l’idée de nation avec l’idée européenne.

Ce que je vous propose, c’est un double objectif politique :

nous donner les moyens, avec ceux qui nous rejoindraient, de nous placer au cœur de la recomposition qui est en cours. nous mettre en situation avec nos amis des pays européens d’être majoritaires en Europe. Et c’est possible : en Autriche le FPÖ détient aujourd’hui les ministères régaliens, en Italie l’alliance de la Ligua est en bonne position, pareil aux Pays-Bas et je ne parle pas de la Hongrie ou de la Pologne qui sont en état de sécession avec la logique de l’Europe de Bruxelles.

Les partisans d’une autre Europe que nous sommes peuvent être majoritaires en juin 2019 à Bruxelles.

Puisqu’on nous a refusé d’entrer par la porte de l’Elysée, nous allons entrer par une baie vitrée de la tour de verre de Bruxelles.

Vous pouvez le constater, notre stratégie politique correspond à l’objectif ambitieux, mais nécessaire pour le pays que nous nous fixons.

Le succès que nous allons enregistrer à ces élections européennes scellera l’affaissement deLR et formera le socle sur lequel se bâtiront les succès du nouveau cycle électoral : municipales, régionales ; départementales, pour nous présenter comme la seule grande force d’alternance à la veille de la présidentielle.

Les régionales, nous allons les préparer en travaillant d’ores et déjà à l’élaboration d’un programme régional et départemental.

Les conseillers régionaux vont être appelés non plus à suivre des formations généralistes ou par région, mais par thématiques : tous les élus de toutes les régions qui siègent par exemple en commission culture suivront ensemble des formations ; ils se connaîtront mieux et travailleront à élaborer ensemble le projet régional culturel du Front National.

Chacun dans sa région aura la charge de l’adapter à la réalité locale.

Aux prochaines régionales, nous prendrons Paca et les Hauts de France et peut-être bien d’autres régions.

Pour les municipales, nous allons modéliser d’ores et déjà le programme de la gestion Front National ; nous travaillons à la constitution d’un logiciel spécifique ; cette modélisationservira de fil conducteur à toutes nos têtes de liste qui auront comme pour les régions et les départements la responsabilité de localiser le programme.

Tout ce processus intègrera bien sûr la formation de nos cadres et des équipes locales.

Un élan nouveau sera donné à la formation, au suivi des élus et à la diffusion de contenus notamment par le lancement de médias : un journal d’élus, un journal participatif, une revue de presse, une revue intellectuelle.

La refondation qui est en cours et que je vous invite à accompagner est de grande ampleur.

Sans rien renier sur le fond de ce que nous pensons, elle va correspondre à une mutation profonde de nos modes de fonctionnement et de raisonnement.

Cela m’amène à parler du changement de nom.

Une radio a cru sortir un scoop en publiant une information selon laquelle 80 % des questionnaires des adhérents seraient opposés au changement de nom.

Cette information est ce que M. Macron appellerait un « Fake » et qu’il interdirait.  Nous, nous l’appelons plus simplement « un tuyau crevé ».

La proportion est d’environ  60/40 en faveur du changement de nom. Le changement de nom n’est pas décidé ; s’il doit l’être ce sera au congrès.

Mais nous devons l’envisager, en discuter entre nous avec le seul critère qui vaille c’est-à-dire l’efficacité.

Comment faire croire que nous aurions engagé cette révolution culturelle que je vous ai décrite si rien extérieurement n’en atteste ?

Comment ne pas se poser la question du nom lorsqu’on parle de la nécessité d’alliance et de ralliements ?

Pour parler plus clairement : il n’est pas sûr que DLF ou d’autres partis ne soient pas réticents à faire des listes communes aux municipales par exemple avec nous si nous restons sous l’étiquette du Front National, si nous ne montrons pas dans les faits que la refondation de mars 2018 n’est pas que cosmétique.

Un nom qui porte une charge négative voire taboue chez certaines personnes y compris de bonne foi n’est-il pas un obstacle à l’élargissement de l’audience du mouvement national ?

Notre devoir est-il de penser à nous faire plaisir dans un entre-nous rassurant ou nous oblige-t-il à prévoir les conditions d’un élargissement, c’est-à-dire d’un plus grand rassemblement encore ?

Je crois que le débat sur le nom mérite mieux que de simples considérations nostalgiques qui sont certes honorables, mais qui ne doivent pas être le seul critère d’appréciation.

L’émergence d’un Nouveau Front peut marquer, j’oserais dire, visuellement ce grand changement, propre à enclencher une dynamique nouvelle, une dynamique de victoire.

Le nouveau Front est plus que nécessaire au pays

Si nous ne sommes pas assez audibles pour défendre l’idée de nation, qui la défendra ?

Si nous ne sommes pas là pour protéger les Français, qui le fera ?

Nous, nous avons une logique différente des autres qui fait que nos solutions sont, je le crois, vraiment plus efficaces.

Nos adversaires proposent par exemple de traiter les actes terroristes comme des actes de délinquance ique.

Nous proposons de les traiter comme desactes de guerre. 

On le voit, les terroristes n’ont pas les mêmes motivations, les mêmes modes opératoires, les mêmes réseaux et les mêmes soutiens que les délinquants, même si parfois, je vous l’accorde, il peut y avoir des points de rencontre.

Ils agissent pour des motivations politico-religieuses avec pour objectif unique, non l’appât du gain, mais la volonté de semer de manière indifférenciée la terreur.

Leurs soutiens, ce sont des organisations terroristes et même des Etats comme le Qatar.

Leur base, c’est le terrain de l’islamisme qu’il s’exprime dans les mosquées, sur internet, dans les prisons ou dans certains quartiers.

Leur logique est sacrificielle.

Cela signifie que l’on peut prévoir, dans le cadre d’un Etat de droit parfaitement respecté, des procédures particulières, des juridictions particulières (nous avons proposé l’instauration d’une Cour de Sûreté de l’Etat), des modes différents d’incarcération pour les auteurs.

Et puis il y a l’idéologie qui arme le bras des terroristes et les pousse à l’action.

A l’Assemblée, nous avons demandé que les pouvoirs publics s’attaquent à l’islamisme sous toutes ses formes.

Nos amendements ont été refusés par le gouvernement, il fallait s’y attendre.

M. Macron  n’a toujours pas eu le temps de réfléchir à un programme sur le terrorisme.

Mais sachez que les députés  LR, comme par exemple le député sécuritaire de plateau Eric Ciotti, ont également voté contre nos amendements.

La nouvelle approche que nous avons défendue en matière de terrorisme islamiste est originale mais tellement logique.

C’est la seule qui vaille.

C’est la seule qui met en œuvre en la matière le principe de précaution.

De ce point de vue nous ne pouvons que nous réjouir de la destruction annoncée de l’Etat islamique en Syrie et en Irak, preuve en est que lorsqu’on est décidé, on peut réduire ces organisations criminelles. Cela nous conduit d’ailleurs à nous interroger sur les conditions dans lesquelles, durant tant d’années, on a pu laisser se développer dans cette région ce fascisme vert.

La détermination russe a beaucoup aidé à la délivrance de la Syrie et, par voie de conséquence, de l’Irak, ces deux pays martyres de l’irresponsabilité des pays occidentaux. Hollanden’est pas Poutine, on s’en était aperçu.

Mais aujourd’hui, il ne faudrait pas que la destruction de l’Etat islamique en Irak et en Syrie ait pour conséquence paradoxale de transporter chez nous le danger, au moment où les djihadistes prétendument français retrouvent pour l’occasion leur passeport.

Tout d’abord je m’étonne que le gouvernement n’ait pas déjà engagé des procédures de déchéance de nationalité française au moins contre les binationaux et même contre touspuisque de fait ils ont acquis la nationalité d’un Etat qui s’appelait l’Etat islamique et qui était un Etat en guerre contre la France

En tout état de cause, ils doivent être jugés par le pays qu’ils avaient rejoint pour perpétrer volontairement les pires actes criminels.

Ils doivent même être jugés pour crimes contre l’humanité.

Et tant pis pour eux s’ils risquent la peine de mort. On ne pleurera pas.

Ceux qui auraient la mauvaise idée de revenir, je demande qu’ils soient incarcérés et condamnés pour les crimes qu’ils ont commis et leurs femmes pour complicité de crimes à des peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité.

Les combattants comme leurs femmes ont sciemment appartenu et prêté la main à une organisation qui a fait du crime contre l’humanité l’étendard de son combat.

Je le dis ici publiquement et le redirai.

Si M. Macron a l’intention de faire preuve d’une quelconque indulgence à leur égard, il vaut mieux pour lui que ses protégés ne le déçoivent pas.

Nous le tiendrons, comme les membres de son gouvernement au premier rang desquels les ministres de l’Intérieur et de la Justice, politiquement responsables des exactions que les revenants de Daesch pourraient commettre contre des Français ou sur le sol français.

Plus généralement, le sentiment que nous avons c’est que le gouvernement ne nous protège pas.

On l’a vu grâce aux réseaux sociaux qui ont diffusé une vidéo montrant le tabassage d’une jeune policière française à Champigny.

C’étaient des images dignes du film « Orange mécanique ».

Mais là nous ne sommes plus dans la fiction de Stanley Kubrick du début des années 70, mais déjà un peu plus dans le livre d’Obertone  sur « la France Orange mécanique. »

Derrière l’agression d’une femme, il y a une lâcheté indigne que dénonce le grand champion de Muay Thai  Patrice Quarteron qui, lui, avec un grand courage, s’illustre par son franc-parler et son bel amour de la  France.

Mais aussi, derrière l’agression d’une fonctionnaire de police, il y a, nous le savons même si personne n’ose ouvertement le dire, la volonté de défier et d’humilier la France.

Nos dirigeants ont laissé des quartiers entiers devenir des zones de non droit.

Ils sombrent aujourd’hui en zones de  non France.

Force est de constater que M. Macron n’en a pas pris la mesure, lui dont la seule préoccupation est de faire installer le téléphone dans les cellules des prisonniers.

Et pourquoi pas un room service pendant qu’on y est?

Si l’on essaye d’analyser ce qui se passe, ce que suit la France, c’est un chemin qui la conduit vers une société d’insécurités :

L’insécurité sociale avec la disparition des services publics et de dispositifs sociaux qui procèdent de la fraternité nationale ; L’insécurité professionnelle avec le démantèlement du droit du travail et la précarisation généralisée y compris la précarisation salariale, L’insécurité physique avec un gouvernement et un ministre de l’Intérieur qui, face à une dégradation constante de la situation, se contentent d’expédier les affaires courantes.

Nous, nous voulons mettre la protection au cœur de notre projet, la protection de notre pays, la protection des Français, la protection des plus vulnérables d’entre nous.

Nous opposons au règne triomphant de l’éphémère, du paraître, et de l’argent que veut établir M. Macron la prééminence du durable, du réel et des valeurs qui nous unissent.

Protéger notre pays, c’est d’abord retrouver nos frontières, C’est restaurer l’Etat et redonner à ceux qui le servent les moyens de leurs missions, cet Etat, vous l’avez compris n’est pas un Etat omnipotent qui opprime et qui réprime, mais un Etat qui fait respecter, contre la loi des féodalités qui est la loi de la jungle, la juste loi qui est celle de la République.

Protéger notre pays c’est aussi le conduire sur les chemins de la grandeur et de la puissance ;

Protéger les Français, c’est assurer dans le cadre le plus protecteur qui est la nation, les conditions d’épanouissement, de bonheur que chacun est en droit d’espérer pour lui et ses enfants.

La nation, répétons-le inlassablement, est l’échelon le plus protecteur pour chacun des Français.

Sans nation, il n’y aura plus de solidarité parce quil n’y aura plus ce lien indéfinissable et invisible qui nous unit les uns aux autres comme les membres d’une même famille. La solidarité et la conscience nationale sont intimement liées.

Nous portons en nous des valeurs qui sont belles et justes.

Mes amis, le message que je suis venue vous délivrer est un message de conquête et de victoire.

Parce que vous êtes des militants de la cause nationale, je vous appelle à prendre une part active à l’œuvre de refondation que nous sommes en train de mener.

Cette belle entreprise apparaîtra comme un moment historique, le moment où collectivement par notre travail, par notre réflexion, par notre intelligence, par notre énergie, nous avons pensé, imaginé et mis en œuvre les moyens techniques, politiques et humains de la victoire de nos idées.

Le questionnaire est en cours de dépouillement et d’analyse.

Il est très riche d’enseignements et sera évidemment une base de notre réflexion.

Nous le complèterons avec des enquêtes « quali » auprès de nos électeurs, parce qu’à côté de nos militants il est important de connaître le sentiment de ceux qui simplement, sans autre forme d’engagement, votent pour nous.

En pratique, cet exercice consiste à réunir des personnes qui votent FN et à les interroger durant une demi-journée sur leur perception.

Il est important de savoir comment ils nous perçoivent et ce qu’ils attendent de nous.

Le mouvement est aussi le leur.

Des ambassadeurs de la rénovation seront envoyés dans vos fédérations.

Venez les rencontrer et échanger directement avec eux pour prolonger l’échange que nous allons avoir.

Enfin, nous nous retrouverons au congrès avec les discussions et les votes.

Vous allez être appelés à voter pour un peu plus de quatre cents candidats au Comité central.

Parce que nous avons souhaité mettre en place un système qui donne sa chance à tous, un système qui permette aussi à ces candidats de s’exprimer, nous avons souhaité qu’ils puissent disposer sur un site dédié, de petites professions de foi.

Nous espérons que les plus talentueux, les plus inventifs, ceux qui ont le plus d’empathie pour les adhérents et le mouvement auront ainsi l’occasion de s’illustrer et d’intégrer nos instances dirigeantes.

Parallèlement à ce parcours de saine démocratie interne que nous allons suivre, je vous invite à vous impliquer, à vous engager dans vos sections si ce n’est déjà fait, à vous former, c’est-à-dire à vous préparer à exercer le pouvoir

Mesdames et messieurs, mes amis,

Au seuil de cette nouvelle année permettez-moi de former des vœux pour notre cher pays et pour ceux qui l’aiment, des vœux pour notre mouvement dont le succès est si nécessaire, mais aussi des vœux à chacun d’entre vous, à ceux que vous aimez, à ceux qui vous sont proches.

Que cette année vous apporte la santé, la force et la réussite.

Semons en 2018, les moissons viendront.

Vive le nouveau Front,

Vive la France !

Pour une région tournée vers l’espérance

Publié le

BFC espérance

Discours introductif de Julien Odoul lors de la séance plénière du vendredi 17 novembre 2017

Madame la Présidente, 
Mes chers collègues,

Au lendemain de l’élection présidentielle de 1981, Barbara écrivait sa chanson « Regarde », véritable ode en l’honneur du premier président socialiste de la Ve République. Je vous parle d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître quand l’écriture inclusive n’avait pas encore contaminé le débat public. Souvenez-vous de cette époque où les Français devaient passer de l’ombre à la lumière, où l’effervescence régnait dans les cafés, les usines, les universités, de ces ouvriers qui attendaient fébrilement l’ouverture de la grande porte du progrès social, de cette jeunesse qui versait des larmes d’espoir, de ce parfum de révolution heureuse qui flottait place de la Bastille.

Ah nostalgie quand tu nous tiens…

Le monde d’hier était tombé et Barbara chantait « Quelque chose a changé. L’air semble plus léger. C’est indéfinissable. »

Près de quatre décennies se sont écoulées et cette génération Mitterrand, celle de mes parents, est devenue une génération désenchantée pour reprendre une autre chanson de l’indémodable Mylène Farmer.

Le parallèle est évident entre l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand et celle d’Emmanuel Macron dont nous venons de « fêter » les 6 mois à l’Elysée.

En effet, comme pour l’homme du passé, le 7 mai dernier, un homme, sa poudre de perlimpinpin à la main, a ouvert le chemin, vers un autre demain. 

Emmanuel Macron a, lui aussi, été élu sur ce mensonge historique et cette promesse d’un nouveau monde, du bonheur universel, des rivières de lait et des pluies de pâquerettes.

Vous avez chers collègues de la majorité et vous autres de la droite et du centre participé ensemble à cette escroquerie gigantesque en soutenant, avec plus ou moins de zèle, le candidat « En Marche », sa vision et ses funestes projets. 

Madame la Présidente, vous avez vu en Macron le messie qui pouvait régénérer la gauche. Aujourd’hui, votre champion a enterré le PS et trahit les honnêtes électeurs de gauche en appliquant une politique ultralibérale, injuste et sauvage qui ferait passer Alain Madelin pour un modéré. Il a aussi fait éclater la droite qui ne sait plus à quel patron se vouer entre les constructifs, les restrictifs et les supplétifs.

Alors 6 mois après, comment se manifeste ce nouveau monde ou cette nouvelle société pour reprendre l’expression fameuse de Jacques Chaban-Delmas ?

Je vous citerais quelques exemples symboliques qui sont en droit de nous inquiéter.

Aujourd’hui, le Conseil d’Etat s’emploie, de la manière la plus honteuse, à vouloir l’effacement de nos racines chrétiennes en exigeant le retrait de la croix sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel ou en interdisant une crèche municipale à Béziers. Dans le même temps, on laisse des prières de rue occuper l’espace public et porter atteinte à notre laïcité à Clichy. Les islamistes de Clichy ont même porté plainte contre les policiers municipaux et les élus qui ont « osé » perturber leurs provocations. Combien de temps allons-nous les laisser piétiner la République ?

Dans bon nombre de quartiers de notre région, de Besançon à Sens, les revendications s’intensifient et les pouvoirs publics reculent. 

Le 11 novembre, la mémoire de nos glorieux poilus a été souillée par la profanation de la tombe du soldat inconnu sur les Champs-Elysées par une foule de supporters marocains qui pour certains n’avaient de Français que la carte d’identité et la provenance de leurs allocations. 

Ces comportements intolérables ne sont que les éclaboussures de trente ans d’échecs et de renoncements de l’Etat :
refus de contrôler l’immigration, refus d’assimiler les nouveaux arrivants,  refus d’imposer l’ordre républicain partout et tout le temps, 
refus encore de lutter contre le communautarisme qui constitue le vivier du fondamentalisme islamiste.

Le laxisme des élites politiques est directement responsable de l’augmentation de 18% des agressions contre les pompiers. En 2017, on s’attaque à ceux qui risquent leur vie pour sauver la nôtre. Cruel paradoxe du nouveau monde qui ferait presque regretter l’ancien. Je tiens d’ailleurs à rappeler notre solidarité et notre admiration pour tous nos soldats du feu qui effectuent des prouesses quotidiennes dans nos départements avec des budgets en baisse constante. 

Les pompiers comme les militaires ou les policiers sont aujourd’hui des cibles car ils représentent l’Etat français et les premiers piliers de la République.

Je pourrais aussi faire état de l’acquittement d’un homme ayant violé une fillette de 11 ans qui a choqué l’opinion publique. 

Nous vivons et nous subissons, il faut le dire, une inversion totale des valeurs. Sous l’ère Macron, la France marche à l’envers. Tout ce qui a fait la beauté, la force, le succès et la fierté de notre pays est aujourd’hui déconstruit et réprimé. Ceux qui se lèvent tôt et qui ont travaillé dur toute leur vie vont être matraqués avec la hausse de la CSG, les travailleurs les plus précaires vont subir le nomadisme imposé par les grands groupes avides de rentabilité. En remplaçant l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière, le gouvernement a décidé de baisser la pression fiscale pour les contribuables ayant opté pour les placements financiers au détriment de ceux qui détiennent un ou plusieurs biens immobiliers.

Pour Emmanuel Macron, il faut détruire les attaches et les liens et s’en prendre à la France durable, qui est aussi la France des propriétaires.

En bref, rien n’a changé dans le nouveau monde, le président de la République va nommer son porte-parole à la tête de son parti et les adhérents et cadres d’En Marche goûtent amèrement ces archaïques pratiques. La désillusion est déjà grande pour une centaine d’entre eux qui viennent de démissionner collectivement. Le réveil est parfois brutal…

Madame la Présidente, c’est dans ce contexte national guère reluisant, que nous examinons aujourd’hui vos orientations budgétaires pour 2018.

Je ne vous surprendrai pas en déclarant que malgré le travail réalisé par les services, les orientations budgétaires que vous nous présentez offrent déjà les contours d’un budget 2018 dramatiquement stérile. Un budget pour rien et certainement pas un budget au service des Bourguignons et des Francs-Comtois. Il y a d’ailleurs comme un goût de déjà vu à l’image d’une pauvre série télé que l’on zappe dès les premières secondes.

Depuis votre improbable élection il y a près de deux ans, vous n’avez toujours pas pris les rênes de notre Région.

Comme l’an dernier et sans vouloir être pessimiste, comme l’an prochain, il ne ressort rien d’utile, rien de grand, rien de concret de vos projets.

Derrière vos opérations de communication se cache le néant d’un exécutif qui pédale dans le vide.

Pour la Bourgogne Franche-Comté, vous n’avez pas de vision, pas de cap et pas de politique !

Il ne suffit pas d’occuper la place pour gérer et attendre passivement les dotations de l’Etat et les fonds européens. Faire de la politique ce n’est pas cela et nos compatriotes attendent autre chose. Il fautagir, impulser, comprendre les besoins et les difficultés, apporter des réponses pragmatiques et avoir de l’ambition pour nos territoires ! En clair, vouloir le meilleur pour les Bourguignons et les Francs-Comtois. Pour comprendre, il faut d’abord écouter le terrain et notamment les maires ruraux qui sont les héros indispensables du quotidien. Ils savent mieux que quiconque ce qui est bon pour l’intérêt général et ce qui ne fonctionne pas.

J’y reviendrais tout à l’heure. Mais dès à présent, je dénonce encore et toujours l’idéologie du « vivre-ensemble », véritable cancer qui embolise les moyens financiers de la collectivité. Alors que le gouvernement et le Président de la République ont pour objectif de sortir des déficits en faisant supporter à nos collectivités les plus gros efforts, vous consacrerez une fois encore, une partie des finances de la région à des projets idéologiques, fumeux et inopérants comme la politique de la ville.

Une bonne fois pour toute la politique de la ville ne marche pas ! C’est un échec total ! Ce n’est pas moi qui le dis mais la Cour des Comptes. Depuis sa création, elle a englouti 90 milliards d’euros.

Emmanuel Macron vient de présenter sa nouvelle politique de la ville qui n’a de nouveau que les milliards que l’on va encore déverser. Avec des associations gavées d’argent public, des plans Marshall tous les 5 ans, des campagnes de sensibleries… Les banlieues sont devenues les enfants pourris gâtés de la République. Pour quels résultats ? La délinquance a-t-elle baissé ? Non ! Le chômage a-t-il reculé ? Non ! Les habitants sont-ils davantage intégrés ? Non !

La France qui souffre est ailleurs. Elle est dans nos campagnes, chez nos agriculteurs, chez nos retraités isolés, chez nos jeunes sans perspectives. 

Eux, ne reçoivent pas les attentions de l’Etat, ne sont pas invités sur les plateaux télé, eux ne pleurnichent pas, ne crient pas au racisme et aux discriminations, ils ne cassent pas, ils ne brûlent pas les voitures, ils n’attaquent pas les forces de l’ordre et n’insultent pas la France.

C’est vers cette France des oubliés et des exclus que devrait se tourner notre action nationale et régionale. Je considère qu’ils sont la priorité des priorités.

Alors que les régions sont réduites au pain sec et à l’eau à cause de la baisse des dotations, vous visez dans le budget 2018, l’équilibre financier. Mais Madame la Présidente, votre équilibre financier n’est autre que le déséquilibre des territoires, plus de fractures et d’inégalités et d’avantage de difficultés dans le quotidien.

Après les discours liminaires, vous présenterez à notre assemblée le contrat social global.

Madame la Présidente, avec votre majorité, vous touchez du doigt la réalité de cette fusion que vous appeliez de vos vœux. La fusion, rappelez-vous, était préparée, mûrie, réfléchie, concertée pour le plus grand bonheur des habitants.

Il n’en est rien et l’impréparation est aujourd’hui flagrante quand arrive le moment d’organiser le travail des agents de la collectivité. 
Vous nous avez dit Madame la Présidente avec votre majorité et à plusieurs reprises que les choses prennent du temps, qu’elles sont complexes. 

Je pense qu’il faut aller vers la fusion compliquée avec deux idées simples : la justice et l’efficacité. 

Vous avez la culture de l’excuse, vous expliquerez alors aux agents en grève hier et aujourd’hui ce que vous souhaitez faire de leurs conditions de travail. Vous présenterez à notre assemblée ce qu’implique la mise en oeuvre effective de la fusion des deux conseils régionaux.

En ce qui nous concerne, nous saurons défendre les agents à qui vous voulez laisser porter la charge de la fusion et des économies budgétaires. Nous savons trop le travail réalisé au quotidien par les services pour ne pas les protéger aujourd’hui. 

Nous savons trop que les agents du Conseil régional, à qui l’exécutif demande toujours plus d’efforts et qui comblent quotidiennement les dysfonctionnements, les erreurs de stratégie et de management pourgarantir le service public régional, n’en peuvent plus.

Demander aux plus fragiles des efforts, c’est bien facile mais il faut être juste, équitable. 

Je rappellerais que vous avez fait le choix indécent d’augmenter de 20 % les indemnités des élus dès votre élection. Je rappellerais également que les hauts-fonctionnaires du Conseil régional se sont augmentés par le biais de grilles indiciaires revalorisées à hauteur de leurs nouvelles responsabilités. 

Pour les agents qui font concrètement fonctionner les lycées et les services, un traitement juste est indispensable.

Dans l’ordre du jour, vous nous demanderez tout à l’heure de financer des démarches de Lean manufacturing, ce néo-taylorisme qui abime l’homme. Madame la Présidente, vous êtes d’une grande cohérence. Vous avez soutenu Emmanuel Macron, vous déclinez aujourd’hui son programme de société rentable et low-cost.

A l’Assemblée nationale, il a déconstruit le code du travail. En Région, vous financez l’UIMM dans sa promotion du Lean manufacturing et dans les services et lycées, vous dégradez les situations des agents les plus fragiles.

J’entends encore Madame Rey-Gaucher en conseil d’administration du lycée Janot de Sens, tenter d’expliquer maladroitement aux personnels enseignants que les tarifs de la cantine vont augmenter de 10%et aux élèves que celui de l’internat augmentera de 5%.

Votre représentante essayait de justifier ces augmentations en se retranchant derrière l’harmonisation avec les lycées de Franche-Comté. En clair, la fusion apparaît au grand jour comme un perdant-perdant. Après les automobilistes francs-comtois, les lycéens et les agents des lycées bourguignons vont payer le prix de votre politique.

L’accessibilité aux services publics est un combat que nous avons placé au cœur de notre action politique au service des habitants de la région.

Nous examinerons lors de notre séance celui du Doubs et de l’Yonne. L’exclusion territoriale n’épargne aucun de nos territoires et se sont les habitants qui en subissent les conséquences au quotidien. 

Il y a urgence à agir et les schémas présentés ne sont pas à la hauteur des besoins de la France rurale et périphérique, oubliée de nos élites car jugée non rentable. La France qui n’a toujours pas accès au numérique et qui n’accède plus à la santé, elle attend de nous des mesures concrètes et non de sempiternelles incantations et autres vœux pieux. 

Dans l’Yonne, le concret, c’est la disparition programmée par l’agence régionale de santé, des urgences de l’hôpital d’Auxerre avec dans un premier temps le transfert du centre 15 et de l’hélicoptère à Dijon. Vous l’avez compris, c’est rajouter des difficultés où elles sont déjà présentes. Pour combattre l’exclusion territoriale, nous vous proposerons en fin de séances de vous associer à notre vœu pour le maintien opérationnel de ce service d’urgence. C’est ainsi que nous pouvons collectivement améliorer le quotidien de nos compatriotes.

Et ce ne sont pas les dernières déclarations floues de Christophe Castaner qui vont nous rassurer. Nous attendons et les Icaunais attendent des garanties sérieuses.

J’ai parlé des difficultés de nos territoires, de nos compatriotes qui souffrent de l’exclusion territoriale, la seule et véritable discrimination d’Etat. Ils doivent être l’objet de nos politiques, de notre aide constante. Chaque euro dépensé par notre Région doit servir la Bourgogne Franche-Comté. 

Pourquoi envoyer des jeunes aider leur prochain au-delà des océans ? Pourquoi privilégier la solidarité du bout du monde avant la solidarité locale ? 

Pourquoi vous entêter à poursuivre l’accueil des migrants dans notre région avec son lot de violences et d’injustices ? Vous attendez combien de viols, combien de drames pour faire cesser cette folie ?

Vous parlez souvent de citoyenneté Madame la Présidente, et nous en parlerons encore lors cette journée, ces mots revêtent-ils pour vous et moi le même sens ? Je ne le crois pas. Vos citoyens sont du monde, d’un ailleurs improbable. Ils sont déconnectés et déracinés. Les miens, les nôtres, sont les citoyens de Bourgogne Franche-Comté, ils sont d’ici, du Doubs, de Haute-Saône, du Territoire de Belfort, du Jura, deSaône-et-Loire, de Côte-d’Or, de la Nièvre et de l’Yonne. Ils sont attachés à la terre de leurs pères, à leurs terroirs, à leurs traditions, à leur église, au nom de leur village que les fusions de communes vont jeter dans les oubliettes de l’histoire. 

Ils ne sont ni d’un passé révolu ni de votre avenir cauchemardesque. Ils veulent une Région durable où bien vivre et élever leurs enfants.

Le vivre-ensemble, vous souhaitez aussi l’installer dans nos campagnes avec vos lubies de nouvelles ruralités. Ce qui se cache derrière cette formulation est pour le moins inquiétant et n’apportera assurément rien de bon.

Les habitants de la ruralité ne veulent pas que vous transformiez leur cadre de vie. Ils veulent pouvoir y vivre décemment et normalement avec les mêmes droits et les mêmes chances que tous nos compatriotes. Ils veulent des transports accessibles pour aller travailler, des écoles pour leurs enfants, des médecins pour se soigner, des gendarmes pour assurer leur sécurité, des bureaux de poste, une connexion internet et du réseau téléphonique… Excusez du peu. 

Ce que vous appelez « nouvelle ruralité » vise à exporter les problèmes des villes à la campagne. Je vous le dis, les habitants ne veulent pas voir débarquer des kebabs et des nikabs chez eux.

Un bon point pour finir… La région renforce son soutien au déploiement des infrastructures numériques avec un engagement financier important et je m’en félicite car les laissés pour compte de l’internet sont nombreux dans nos départements. 

Le sujet est important car vous le savez la fracture numérique induit inégalité sociale et scolaire. 

L’accès à l’emploi et aux administrations françaises passe par les services en ligne. En France, être privé d’ordinateur et d’Internet complique davantage la vie quotidienne et les déploiements annoncés par les opérateurs de télécommunication ne réduisent pas encore suffisamment cette fracture, car ils concernent les zones rentables, les zones denses, en général proche des centraux téléphoniques.

Je terminerais mon propos par un dernier hommage à Barbara qui chantait « On pourrait encore y croire, il suffit de le vouloir. Avant qu’il ne soit trop tard ». 

Il n’est jamais trop tard pour ceux qui s’engagent pour une noble cause. 

Notre peuple a de la ressource car c’est un grand peuple. Notre Région est belle, elle possède de sérieux atouts dont son fabuleux patrimoine. 

Il suffira de quelques années de travail et d’une ambition pour lui donner la place qu’elle peut prétendre.

Avant d’atteindre cet horizon, le groupe Front National mettra toute son énergie, sa détermination et son engagement pour défendre partout dans nos territoires, les intérêts des Bourguignons et des Francs-Comtois et conduire une Région tournée vers l’avenir.

Je vous remercie.

Page Facebook deu groupe FN au CR de Bourgogne-Franche-Comté

David Rachline devant l’Association des Maires de France

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Rachline amf

David Rachline représentait ce midi Marine Le Pen, actuellement en déplacement au Tchad, devant l’assemblée des Maires de France !

Monsieur le Ministre,

Chers collègues parlementaires, Chers collègues maires, Mesdames, messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour votre invitation et recevoir les excuses de notre candidate Marine Le Pen qui n’a pas pu être parmi vous ce matin ; elle est en effet en déplacement aupres de nos troupes au Sahel.

C’est bien sur en tant que directeur de campagne mais tout autant en tant que l’un de vos collegues maire qu’elle m’a demandé de la representer devant vous et de vous présenter le projet qu’elle porte pour les communes !

Comme vous le savez Marine porte dans son projet présidentiel, exprimé en 144 engagements, que je vous invite vivement à lire pour y voir sa pleine cohérence, ce qu’elle appelle une révolution de la proximité. Cette révolution se traduit du point de vue institutionnel en une grande réforme de simplification de l’organisation de nos institutions :

parmi le trop fameux mille-feuilles administratif, il s’agit de ne garder que trois niveaux d’administration : les communes, les départements et bien sûr l’État !

Ces trois niveaux, reposant sur un héritage bâti au cours des siècles, seront gage de simplification, de proximité en renforçant le rôle des élus de terrain, au premier rang desquels les maires, et bien sûr d’économies. Ces trois niveaux d’administration permettant enfin de définir clairement qui fait quoi et surtout qui est responsable de quoi devant les Français et de respecter enfin un vrai principe de subsidiarité qui n’est pas, comme c’est un peu trop le cas aujourd’hui, un principe de dilution des compétences et donc des responsabilités !

Si l’Association des Maires de France prend aujourd’hui le temps de recevoir les candidats à la présidentielle et, plus encore, a pris le temps d’élaborer un manifeste, c’est qu’un grand nombre d’entre vous ne se satisfait pas de la situation actuelle. Sachez que vous trouverez en Marine Le Pen une candidate viscéralement attachée aux communes. Les communes sont le fruit d’une histoire parfois millénaire. Etant maire d’une ville fondée par Jules César, je suis bien placé pour le savoir.

Et elles sont, par excellence, l’institution de proximité.
Elles constituent la première organisation publique à laquelle tous les citoyens ont affaire, et ce dès la naissance !

Et ces institutions sont servies avec passion et, il faut bien le reconnaitre, surtout dans les plus petites communes, avec abnégation par des hommes et des femmes qui ont fait de la défense du bien commun le sens de leur engagement politique ! Chers collègues maires, Marine Le Pen me charge de vous dire combien elle compte sur votre engagement républicain au service de nos compatriotes et aussi de vous dire qu’elle souhaite vous aider dans cette mission !

Elle m’invite également à vous dire son inquiétude au sujet du projet de M. Fillon. Ce projet est un peu difficile à cerner, tant il semble changer au gré des épisodes de la campagne électorale, tel un caméléon. Il est en matière territoriale particulièrement flou, et le flou est toujours inquiétant. Surtout quand on se remémore la proposition ubuesque et ravageuse qu’il proposait au début de sa campagne pour les primaires de supprimer 30 000 communes pour n’en garder que 6 000.

Que les choses soient bien claires, la charte que vous présentez ce matin s’inscrit dans le projet que Marine défend durant cette campagne.

Oui nous souhaitons renforcer la commune comme l’échelon majeur de la proximité et, comme vous, nous pensons qu’ « on ne réussira pas la France sans les communes ».

La première priorité de Marine Le Pen est le renforcement de la commune comme l’échelon majeur de la proximité. Comme vous le défendez dans votre premier engagement, les communes sont les piliers d’une république décentralisée et leur rôle doit donc être renforcé.

Pour ce faire, et c’est peut-être le seul point avec lequel nous avons une divergence avec vous, nous pensons qu’il faut mettre fin au développement des intercommunalités afin que les communes retrouvent leurs pleines compétences. Mais attention, pas de lecture simpliste !

Cela n’empêchera pas, bien sûr, les coopérations intercommunales, voire des regroupements de communes, dès lors qu’elles ont un sens géographique, technique, financier voire historique. C’est ce qui existe naturellement depuis des siècles. Mais cela redeviendra le libre choix des exécutifs locaux en accord avec les populations concernées et non le choix souvent subi, car imposé par l’État, avec le risque, comme vous le mentionnez à juste titre dans votre charte, « de supra- communalité avec l’émergence d’une technostructure territoriale ».

Car nous sommes tous d’accord pour dire que le mille-feuilles administratif est aujourd’hui un problème pour notre pays. D’une part il coûte cher, alors que, rappelons-le, un certain nombre de structures avait été créées justement pour faire des économies.

Il suffit de regarder l’évolution des budgets locaux pour constater que c’est un échec flagrant ! D’autre part, il dilue les responsabilités ! En renforçant le rôle des communes, on permettra à chacune d’elle de retrouver ses compétences et ainsi de rester proche de la population. Soyons clairs : premier échelon de la proximité, les maires ne sont pas là pour « inaugurer les chrysanthèmes » ni pour se faire déposséder de leurs pouvoirs par des structures éloignées des citoyens.

Ce renforcement du rôle des communes sera, comme vous le demandez dans l’un de vos 15 engagements, le premier signal de la reconnaissance par l’État des collectivités locales, communes et départements, comme de véritables partenaires.

Marine souhaite le retour d’un État fort et surtout d’un État stratège. Le stratège n’est pas celui qui fait tout mais celui qui permet aux différents acteurs d’être les plus performants possible en leur fixant un cadre, un cap et des moyens. Les communes auront donc un rôle prépondérant dans la déclinaison opérationnelle d’un grand nombre de missions publiques.

Quelles seront les grandes lignes que nous proposons pour la politique d’aménagement du territoire que vous appelez de vos vœux ?

Tout d’abord, l’arrêt du « tout métropolisation », qui crée une « France périphérique », pour reprendre les mots du désormais célèbre géographe. Une métropolisation qui entraîne une concentration des entreprises, des services publics, des centres de formation, des lieux de culture, etc. Et qui draine de plus en plus les moyens financiers, au détriment de pans entiers de notre territoire.

A nos yeux, le premier enjeu est justement de maintenir un développement équilibré de notre pays, et de permettre aux communes, sur l’ensemble du territoire, de garder leurs services publics, leurs équipements de proximité, leurs commerces et bien sûr leurs emplois.

La France de demain, pour Marine, ce n’est pas quelques métropoles riches et une myriade de communes désertées vivant sous perfusion. Nous ne voulons pas d’un pays organisé autour des seules métropoles, comme le propose le dangereux programme de M. Macron sur ce point, qui veut supprimer un quart des départements, et ainsi profondément désorganiser et précariser certains territoires, qu’il considère probablement comme négligeables aux yeux des intérêts bancaires et financiers qu’il représente dans cette élection, des territoires sans doute peu utiles pour lui quand il envisage de mettre la France au service d’une mondialisation poussée à l’extrême.

La France que nous voulons, au contraire, est une France harmonieuse faite de villes dynamiques.

L’État stratège développera une nouvelle politique industrielle, autour de secteurs porteurs tels le développement du numérique ou les énergies renouvelables.
Et bien évidemment cela n’exclu pas les investissements dans les infrastructures. Les communes étant, nous le savons tous, les premiers partenaires des entreprises du BTP.

Grâce à de nouvelles règles de la commande publique, favorisant la proximité, elles pourront être les partenaires privilégiés pour les entreprises de ces secteurs. Sur les énergies renouvelables et plus largement la croissance verte, existe un véritable potentiel de proximité, du bois au photovoltaïque, en passant par la biomasse ou l’hydraulique. Concernant le numérique, nous savons qu’il est aujourd’hui un enjeu majeur pour la survie même de certains territoires.

Ceux d’entre vous qui viennent de territoires sous dotés en téléphonie ou en haut-débit, voire parfois même en bas-débit, voient bien la fracture territoriale que cette disparité fait naître. Nous souscrivons ainsi pleinement à l’engagement n° 13 de votre charte, et saurons nous en donner les moyens dans le cadre d’un véritable partenariat Etat/collectivités et entreprises.

L’État stratège, ce sera également le retour à une Politique Agricole Française, au service des agriculteurs afin de préserver notre modèle agricole fait d’exploitations largement familiales, de taille moyenne et surtout qualitatives.

Ceux parmi vous qui sont maires de communes rurales savent bien le risque que fait peser sur leur territoire le développement d’une agriculture industrialisée d’abord au service des financiers, ou encore une réglementation européenne menée par le dogme du libre-échange absolu qui conduit à la disparition progressive de nos agriculteurs. Plus de 50 % de nos exploitations ont ainsi disparu ces 20 dernières années.

Il est temps de mettre fin à ce déclin, qui recouvre aussi de terribles drames humains.

Les maires seront bien évidemment encouragés à acheter en priorité les produits locaux afin de favoriser les circuits courts, sans avoir à passer par des artifices juridiques pour se conforter à la législation bruxelloise comme c’est le cas aujourd’hui ! Cela sera d’ailleurs le cas pour tous les achats publics comme le propose l’engagement au patriotisme économique de Marine Le Pen.

Je n’oublie pas nos communes d’Outre-Mer qui verront, elles, du fait de leur particularité, un soutien plus accru de la part de l’État pour y favoriser en premier lieu la création d’emplois pérennes.

Comme l’échelon communal sera renforcé, il conviendra aussi de revaloriser le rôle du maire et de faciliter sa mission. C’est, pour ceux qui l’ont lu, l’engagement n°6 du programme de Marine Le Pen.
Nous voulons particulièrement revaloriser le rôle et le statut des maires des petites et moyennes communes. Cela passera par des mesures facilitant le retour à la vie professionnelle pour ceux qui l’abandonnent pour exercer leur mandat. Cela passera aussi par une revalorisation des indemnités de ces maires !

La qualité de leur engagement, leur disponibilité et leur responsabilité doivent être compensés à leur juste mesure et je crois que les Français soutiennent largement cette proposition ! Le maire reste pour eux, comme vous le dites, « le premier repère dans un monde qui évolue sans cesse ». Et, dans les plus petites communes, c’est toujours celui que l’on va trouver dès qu’un problème se pose ! Ce rôle au service quotidien des Français mérite d’être pleinement reconnu !

Mais faciliter le rôle du Maire, c’est aussi arrêter la prolifération de normes qui souvent s’ajoutent les unes aux autres, changent constamment, quad elles ne se contredisent pas.

Aujourd’hui, et je le vis comme vous tous au quotidien j’imagine, je vois deux risques importants peser sur les maires : une forme d’entrave à la libre administration qui passe par un pouvoir accru donné aux services de l’État (si je vous dis DDTM ou DREAL, je suis sûr que vous avez tous des exemples), services qui deviennent de véritables décideurs en lieu et place des maires et qui parfois imposent leurs vues et brident des initiatives pourtant voulues par les habitants de nos communes.

Il faut mettre un terme à cette évolution en supprimant par exemple certaines demandes d’avis ou d’autorisation auprès des services de l’État.
Les multiples schémas, locaux, intercommunaux, départementaux ou régionaux qui créent des dépenses et enferment l’action des communes verront leur nombre sensiblement réduit.

L’autre risque c’est justement l’hyper normalisation et l’inflation réglementaire. Il faut mettre fin à l’inflation des normes qui représente pour les collectivités un coût et un frein à leurs projets. Le rôle des services déconcentrés de l’État sera revu, pour qu’ils soient de vrais partenaires et non plus des obstacles.

Les maires, via leurs associations et en premier lieu l’AMF, seront appelés à faire remonter leurs propositions de simplification afin que celle-ci soit concertée et réellement opérationnelle.

Cela s’inscrit par exemple dans l’engagement n°133 de Marine, qui souhaite rationaliser et simplifier les normes d’urbanisme et de construction tout en préservant les espaces naturels protégés. Comme vous, nous pensons que la « simplification est un impératif national ». Cela est valable dans tous les domaines et je pense bien sûr aux nouveaux rythmes scolaires imposés par l’État. Nous mettrons un terme à cette réforme et nous donnerons plus de pouvoir aux maires dans ce domaine.

Sur bien des sujets, et je m’appuie sur mon expérience de maire de Fréjus, je pense qu’un maire est plus à même d’apprécier la situation de sa commune plutôt que d’appliquer une réglementation aveugle et uniforme pondue à Paris ou pire à Bruxelles. Je pense par exemple et, j’y suis confronté dans ma ville, aux horaires d’ouverturedes établissements touristiques ! Oui il faut redonner de la liberté aux maires !

C’est au nom de cette liberté que nous voulons, comme vous le demandez, donner plus de souplesse aux collectivités territoriales. Avec la fin des intercommunalités, trop souvent je l’ai déjà dit mais c’est important, imposées et subies, les maires, en concertation avec leurs administrés, seront libres de définir les coopérations sur les compétences qu’ils souhaitent mutualiser !

Il faut développer une logique de libre association qui garantira la proximité et l’adaptation aux spécificités locales !
Il est aberrant qu’un préfet, en poste pour une courte période, décide à la place des élus qui, eux, connaissent parfaitement, depuis plus longtemps et surtout pour plus longtemps, leurs territoires !

Enfin, et là encore Marine Le Pen souscrit pleinement à l’engagement n°8 du manifeste de l’AMF, nous ferons en sorte que l’État assume pleinement ses missions régaliennes ! Un État réformé tel que nous le proposons, c’est avant tout le gage d’une sécurité renforcée et d’une justice qui joue son rôle.

Cela passera évidemment par le renforcement des effectifs de police et de gendarmerie, comme nous nous y engageons. L’État veillera à faire régner la sécurité dans tous les territoires de la République, et travaillera en étroite concertation avec les Maires, qui sont désormais dans ce domaine des acteurs majeurs de terrain. En rappelant le fait que les communes ne sont pas là pour compenser le désengagement de l’Etat. Aux maires la prévention et la proximité, à l’État la garantie du respect des règles de droit sur tout le territoire.

Comme la commune sera renforcée et qu’elle aura à sa tête un maire lui aussi renforcé, il conviendra bien évidemment de donner à ce dernier les moyens d’agir !

Marine Le Pen s’engage à cesser de faire des dotations aux communes des variables d’ajustement pour, il faut le dire clairement, bien souvent satisfaire aux exigences budgétaires bruxelloises… D’où la cohérence du programme qu’elle défend ; lorsqu’elle dit vouloir que la France retrouve sa pleine souveraineté, cela inclut évidemment sa souveraineté budgétaire !

Comme je l’ai déjà dit devant les présidents de conseils départementaux, nous souscrivons à l’idée de mettre en œuvre un pacte financier entre l’État et les collectivités territoriales, qui pourrait se traduire par une loi de finances spécifique pour les collectivités.

Aujourd’hui l’État fait payer son incapacité à se réformer aux collectivités locales. Un État remis en ordre, associé à la simplification de notre organisation administrative, pourra à nouveau contribuer au soutien des communes !

En contrepartie, l’État demandera bien sûr aux communes une modération fiscale et une gestion stricte de leurs dépenses courantes de fonctionnement. Les Français n’en peuvent plus de l’inflation fiscale, souvent liée à celle des normes ou aux transferts non compensés, ainsi qu’à la dégradation de la situation économique de notre pays et, dès lors, de celle de ses habitants.

Outre l’enjeu de la proximité, il y également, dans la volonté de donner un cadre financier clair aux communes, un enjeu d’investissement et d’emploi. On l’oublie trop souvent mais 2/3 de l’investissement public vient des collectivités locales ! Encore une raison de ne plus faire des dotations aux communes des variables budgétaires !

Il conviendra donc de lancer une grande concertation sur une vraie réforme des différentes dotations. L’État, en tant que stratège, sera le garant de la solidarité nationale qui s’exprimera dans une péréquation juste ! Mais ce devoir de péréquation incombe en premier lieu à l’Etat. Ce n’est pas en ponctionnant quelques communes sur des critères discutables pour ensuite faire du saupoudrage que nous aiderons au développement de nos territoires.

Bien évidemment la politique de la ville, telle que nous la connaissons, qui est un échec retentissant malgré les milliards engloutis, sera revue de fond en comble… Marine Le Pen dans son engagement n° 139 en propose un rééquilibrage vers les zones rurales ou en danger de désertification. L’enjeu de la solidarité nationale est plus que jamais présent dans ces territoires trop souvent oubliés ! Par ailleurs, il faut aussi envisager des « zones franches » pour revitaliser le commerce de certains de nos centres urbains.

Je souhaitais mentionner un autre point, absent de votre manifeste, mais il me semble qu’il est un élément important pour les finances des communes, la préservation de notre patrimoine. Cette défense est indispensable mais elle est bien souvent laissée aux seules communes.

Mes chers collègues, vous avez tous des exemples de restauration qui devraient être menées mais qui ne le sont pas faute de moyens.

Marine Le Pen, souhaite bâtir une loi de programmation du patrimoine pour permettre un meilleur soutien à son entretien et à sa préservation. Voilà une aide qui sera précieuse à nos communes et de plus cela aura des répercussions dans plusieurs secteurs, je pense par exemple à l’artisanat ou au tourisme !

Le soutien financier aux communes passe également, comme vous le mentionnez dans le manifeste par le respect d’un « qui impose paye ». Ce sera bien évidemment le cas pour la revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires.

Un mot sur ce sujet. Je peux, comme vous tous, mesurer l’implication de nos fonctionnaires territoriaux, que je tiens ici à saluer. Mais je mesure aussi les rigidités qui pénalisent nos agents comme ils empêchent souvent la juste reconnaissance du mérite. Et ne permettent pas non plus d’adapter notre gestion à nos contraintes.

D’ailleurs, l’équité impose aussi le rétablissement de deux jours de carence. En tout état de cause, nous préserverons le statut de la fonction publique mais donnerons une plus grande liberté aux maires pour la gestion de leurs fonctionnaires territoriaux.

Pour rester sur les aspects financiers, Marine Le Pen souhaite une relation claire entre l’État et les communes ! Elles doivent savoir précisément ce qui les attend en termes financiers et ce pour l’ensemble du mandat ! Le vote du PLF ne doit plus être une période d’inquiétude pour les collectivités locales comme c’est le cas depuis plusieurs années !

Lorsque vous avez été élus, vous avez bâti des projets pour vos communes sans savoir que les dotations seraient drastiquement diminuées ; l’équation est alors terriblement compliquée et nous y sommes tous confrontés quotidiennement !

Comment tenir ses engagements vis à vis des habitants, quand l’État, pour se conforter à la rigueur budgétaire venant de Bruxelles, baisse nos moyens ? Il faut aussi, dans ce cadre, réfléchir à l’évolution d’un FCTVA encore trop défavorable pour les communes malgré son extension récente.

Avec des communes renforcées, à la tête de laquelle le maire retrouve son rôle avec des moyens adéquats, il sera alors aisé de garantir à nos concitoyens le maintien de services publics de proximité !

Bien sûr, et j’en ai déjà dit un mot tout à l’heure, la couverture numérique et téléphonique est le premier service public à étendre à l’ensemble du territoire. Cela sera rendu possible avec d’une part un partage clair des compétences et d’autre part avec le retour d’un politique industrielle pilotée par un État stratège dans laquelle les opérateurs auront une mission de service public bien définie. Cet effort d’investissement, particulièrement dans les zones rurales, sera bien sûr étendu à nos principales infrastructures.

Il faut aussi concevoir un socle minimum de services publics de proximité à l’échelle d’une commune ou d’un bassin, et un engagement de l’Etat, avec les principaux autres acteurs : Poste, ARS, etc, à accompagner chaque territoire

Le service public, c’est aussi un accès aux services de soins. Vous êtes nombreux à voir les médecins quitter vos communes ou à constater avec inquiétude le vieillissement de la population médicale. Marine le Pen, dans son engagement n°67 propose de lutter contre les déserts médicaux en instaurant des stages d’Internat dans les zones concernés, en permettant à des médecins retraités d’y exercer avec des déductions de charges ou encore en aidant au développement de maisons de santé pluridisciplinaires en lien avec les maires ! Ce maillage doit également concerner les pharmacies ou les laboratoires d’analyses !

Je n’oublie pas les transports ; les fameux « cars Macron » n’ont pas, comme promis, résolu la problématique de l’enclavement de la France périphérique ; France qui est malheureusement moins connue par leur concepteur que les rues de la City ou les avenues Newyorkaises… Dans le domaine des transports, nous nous opposerons, n’en déplaise à l’Union Européenne, à la libéralisation du rail qui, on le sait, accentuera la fracture territoriale en ne privilégiant que les zones qui font gagner de l’argent, et nous défendrons le statut public de la SNCF.

La défense des services publics pour tous, à laquelle vous êtes tous ici attachés, et particulièrement les maires des petites communes, des communes rurales ou des communes de montagne, est une priorité pour Marine le Pen car elle considère que cela fait partie de l’ADN de la France !

Vous l’avez compris, nous signons votre charte, je devrais dire notre charte et, bien évidemment à l’exception de la question des intercommunalités, nous signons également les engagements qui en découlent !

Chers collègues maires, sachez que vous trouverez avec Marine Le Pen le fidèle défenseur des communes, le fidèle défenseur des maires et qu’elle s‘engage à vous donner les moyens pour assumer vos responsabilités à travers un engagement ferme de la part de l’État !

En conclusion, elle me charge de vous transmettre tout son admiration républicaine pour votre travail, qui la plupart du temps, au-delà des clivages partisans, sert nos concitoyens et défend le bien commun au quotidien.

Dans le triptyque communes, départements, État, vous êtes à la base et vous savez bien, vous qui délivrez les permis de construire, l’importance de la base dans un édifice !

Vive les communes, vive la République, vive la France et vive ses maires !

Discours de Marine Le Pen : « La France, Civilisation mondiale au XXIème siècle »

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Marine fds campagne

Discours de Marine Le Pen lors de la convention thématique Marine 2017 avec les Collectifs Mer & Francophonie et Culture, Libertés et Création.

Thème : « La France, Civilisation mondiale au XXIème siècle ».

Merci à tous,

Merci à nos intervenants d’aujourd’hui, que l’on sent passionnés par l’idée d’une France à nouveau belle et grande,

Merci aux membres du Collectif Culture et du Collectif Mer et Francophonie.

Merci aussi à nos frères de cœur venus d’autres pays, qui partagent l’amour d’une culture francophone à la fois diverse et unie.

Je dois vous avouer que c’est peut-être le discours le plus exaltant que j’aurai à faire lors de ces conventions présidentielles.

Tous les sujets nous intéressent, et il n’est pas question pour nous de laisser quoique ce soit de côté, lorsqu’on veut présenter un projet cohérent pour la France.

Mais aujourd’hui, c’est un peu spécial.

Aujourd’hui, nous parlons de grandeur.

Nous parlons non seulement de ce que nous pouvons apporter à la France, mais aussi de ce que la France peut apporter au monde.

La France est une vieille et grande civilisation.

Elle l’a un peu oublié. On lui a fait oublier.

Mais il suffirait de peu de choses pour qu’elle retrouve son influence sur la scène mondiale. Il suffirait, avant tout, de volonté politique.

Il fut un temps où la France découvrait les quatre coins du globe.

Un temps où Jacques Cartier ouvrait le fleuve Saint-Laurent à l’Ancien Monde.

Un temps où les Français exploraient toute la vallée du Mississippi.

Un temps où les missionnaires de France se rendaient dans les royaumes d’Asie.

Un temps où la France était dans toutes les cours d’Europe.

Un temps où Descartes allait chez Christine de Suède ; où Voltaire régnait sur la cour de Frédéric de Prusse; où Diderot se rendait chez Catherine de Russie.

Un temps où toutes les élites parlaient français, non pas parce qu’on les contraignait à parler français, mais parce que le français provoquait l’admiration. Parce que le français était la langue de la raison.

Un temps où la France était le phare de la liberté.

Un temps où tous les opprimés du monde voyaient en la France le symbole de la lutte contre la tyrannie.

Un temps où la France abolissait l’esclavage, avant toute autre nation.

Un temps où l’on déclarait en français, partout où soufflait le vent de l’indépendance : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

La France a été la civilisation de la liberté et de la raison. Certains diront que c’est une illusion rétrospective. Que nous reconstruisons l’histoire.

Mais ce sont les mêmes qui abaissent constamment la France, qui ne préfèrent voir que ce qui est bas, ce qui est mesquin, ce qui est laid. Ils veulent salir la grandeur.

Ils n’acceptent pas que la France ait pu être grande et peut-être encore moins qu’elle veuille le rester.

Que les Français aient pu faire de belles choses et de grandes choses. Ils ne voient que la France à terre, la France défaite dans la guerre, la France soumise à des puissants qui salissent son nom.

Le roman national est, entre leurs mains, devenu un cauchemar.

Les censeurs de la grandeur sont en train de créer des névroses immenses : ils font des générations de Français qui se haïssent eux-mêmes, et cela est beaucoup plus dangereux qu’on ne le croit.

La haine de soi-même ne peut entraîner que la rancœur, la colère et finalement la haine des autres. Ceux qui haïssent la France n’haïssent pas que la France.

Heureusement, subsistent à l’extérieur de notre pays les traces de cette grandeur toujours vive.

Quand les Français, à qui on répète à longueur de journée qu’ils sont dépassés, qu’ils sont mesquins, qu’ils sont de rebus de l’histoire, quand les Français oublient leur propre valeur, il faut voir avec quelle ardeur nos cousins québécois, sénégalais, ivoiriens, belges, et bien d’autres défendent une culture et une langue que nous laissons à l’abandon.

Il faut voir la vitalité du cinéma québécois, de la littérature francophone en Afrique sur les traces de Senghor, il faut voir les artistes belges, les artistes non francophones même qui choisissent le français.

En se haïssant elle-même, la France devient stérile. Mais la culture française n’est pas stérile. Ce n’est pas une culture de mort.

Et dès qu’elle peut renaître quelque part, elle bourgeonne immédiatement, et elle prend différentes couleurs sous d’autres latitudes. Elle s’enrichit constamment.

Je ne viens pas vous livrer un message désespéré. Au contraire.

Je pense que la France peut redevenir plus grande encore, plus belle, plus audacieuse, plus exploratrice et plus avant-gardiste que jamais.

Qu’elle peut rayonner partout, imposer le respect partout, faire éclater son génie aux yeux du monde.

Je pense qu’elle peut retrouver son influence perdue. Pour cela, il faut que nous repérions les leviers grâce auxquels nous pouvons agir.

J’en développerai trois.

D’abord, il ne faut « cesser de reculer » comme disent certains, il faut avancer.

Si la francophonie est aujourd’hui en échec, c’est parce que son cœur, la France, a baissé les bras dans la défense de sa culture. Et la culture, c’est avant tout la langue.

Nous voulons une nouvelle loi Toubon, beaucoup plus contraignante.

La loi Toubon partait d’une bonne intention, mais aujourd’hui, elle fuit de partout.

Dans les médias, dans les administrations, dans les écoles, dans les universités.

Alors que plusieurs universités pratiquent déjà le tout-anglais dans certains cursus, la loi Fioraso de 2013 et ses amendements ont introduit des exceptions concernant l’enseignement en anglais, je cite « lorsqu’elles sont justifiées par des nécessités pédagogiques ».

C’est ici un cheval de Troie. Maintenant, on ne va plus étudier à la Sorbonne ou à la fac de Nanterre, mais à la « Toulouse School of Economics » ou à « Paris Sciences et Lettres Research University ».

Dans une même logique, les stations de radio privées disent dorénavant ne plus pouvoir respecter les quotas de chansons en français imposés par la loi Toubon, pour la simple et bonne raison que les Français ne chantent plus … en français.

Ma première proposition est donc la suivante : je veux une loi Toubon 2, pour que la langue et la culture françaises cessent de reculer. Les Québécois nous ont précédés avec leur loi 101, qui est bien plus rigoureuse dans la protection et la promotion de la langue officielle.

Je veux une loi qui fasse respecter partout l’exigence de promotion du français, surtout dans l’enseignement, et une loi qui encourage davantage les artistes francophones.

Un autre volet de cette loi Toubon 2, ou d’une autre loi qui la suivra, sera la protection du patrimoine culturel.

Il nous faut à la fois protéger ce patrimoine et le valoriser, contre toute tentative de le brader, en le laissant filer entre les mains de collectionneurs étrangers ou d’investisseurs sous forme de placements.

Contre ceux aussi qui le défigurent, en imposant à nos monuments historiques un habillage qui vire souvent au massacre.

La première étape, c’est celle de la protection : on arrête de reculer.

La deuxième, c’est celle de l’organisation. Ici, le levier le plus puissant, c’est l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’OIF. C’est un outil sous-exploité.

Depuis l’élection de sa nouvelle présidente, Michaëlle Jean, en 2014, l’OIF n’a toujours pas présenté de plan d’envergure pour l’apprentissage du français dans le monde. Il faut dire que les crédits sont insuffisants : les gouvernements successifs ont délaissé ce combat.

Pour l’instant, la francophonie, c’est de l’or que l’on transforme en plomb. Rappelons que le français est aujourd’hui, avec 274 millions de locuteurs quotidiens, la seule langue, avec l’anglais, qui soit présente sur les cinq continents, qu’il est la cinquième langue la plus parlée, la quatrième langue sur internet, la troisième langue d’affaires, et la seconde langue d’information dans le monde.

Imaginez toutes les occasions économiques et culturelles qui sont gâchées par l’abandon de ce trésor.

Cesser de reculer, c’est également défendre, entretenir et promouvoir l’immense patrimoine de la France, sur le territoire national comme à l’étranger, et que le monde entier nous envie !

Ces palais, châteaux, hôtels particuliers, demeures de prestige, qui abritent nos ambassades, nos centres culturels, nos écoles nationales, et qui sont le témoignage de notre histoire hors du commun, forment le patrimoine de tous les Français.

Je mettrai donc un coup d’arrêt, et c’est l’objet de ma deuxième proposition, à la dilapidation de nos trésors nationaux, par des gouvernements indignes de l’héritage qui leur a été confié par la Nation.

Sous mon mandat, aucun de nos monuments ne sera bradé à des puissances étrangères ; il en va du prestige comme de l’honneur de la France.

Ma troisième proposition est l’organisation rapide d’un grand sommet de la Francophonie.

Ce sommet aura un triple but : relancer la promotion du français à l’étranger, encourager la coopération économique des pays francophones, et repenser le rapport des pays francophones en termes de souverainetés nationales.

Cela veut dire, en particulier, développer une vision moderne des relations entre la France et les pays d’Afrique francophones. Ni ingérence, ni abandon !

Nous voulons une relation de respect mutuel, dans la préservation des libertés et des identités des peuples,  pour leur permettre de défendre leurs intérêts nationaux, notamment face à la Chine ou à l’Union européenne.

C’est une Afrique libre qui sera prospère, et une Afrique prospère qui sera le meilleur allié de la France.

Après la protection et après l’organisation, vient le temps de l’exploration. C’est le plus exaltant de tous.

C’est le temps des grandes aventures, qui feront date si nous réussissons. Et le champ d’exploration de la France, aujourd’hui, c’est la mer.

Je l’ai déjà dit de nombreuses fois, mais il est bon de le répéter : l’espace maritime français est le deuxième au monde après celui des Etats-Unis avec 11,5 millions de km². L’équivalent de près de vingt fois la France métropolitaine !

Cet espace démultiplie nos possibilités.

Il nous donne accès à des ressources inexploitées.

Il nous donne un avantage stratégique sans commune mesure. Il offre des perspectives de croissance immenses.

Et pourtant, cet espace de vingt fois la France n’existe pas sur les radars médiatiques et politiques. Pire, nous sommes entravés dans nos possibilités de développement.

Notre pêche est entravée par l’Union Européenne, qui nous limite ici comme pour tout le reste. Les 300 000 emplois liés à l’économie de la mer sont menacés.

La flotte commerciale française s’amenuise, alors qu’aujourd’hui plus de 80% des échanges commerciaux mondiaux se font par voie maritime.

Les recherches sur la mer sont sous-développées, en comparaison du potentiel.

Ma quatrième proposition est donc la mise en place d’un grand Ministère de la Mer, qui aura pour but de coordonner la prospection des fonds marins, le développement des infrastructures portuaires et maritimes ainsi que les ressources économiques de la pêche, des gisements de minerais et de pétrole et le développement des énergies renouvelables aquatiques.

Les Américains ont été motivés pendant deux siècles par l’idée de repousser toujours plus loin la frontière de l’exploration de leur territoire, puis de l’exploration spatiale.

La frontière que la France doit pousser toujours plus loin, celle qui sera exaltante, c’est la frontière de la mer.

C’est un monde nouveau, que l’on croyait connu mais qui ne fait que commencer à se dévoiler.

Je ne veux pas que la France manque cette occasion de montrer encore une fois au monde qu’elle sait être à la pointe de la découverte.

Nous sommes des explorateurs. Nous partons d’une civilisation riche et ancienne, et nous pouvons encore l’augmenter sans limites.

Nous pouvons rivaliser d’ingéniosité, d’imagination, d’intelligence avec toutes les grandes puissances de ce monde.

Mais pour cela, il faut retrouver ce qui a fait notre force, et cesser de nous complaire dans une prétendue décadence. La France sera encore grande à l’avenir, j’en ai la certitude.

Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire advenir ce jour le plus tôt possible.

Vive la francophonie, vive la culture française, vive la République, et vive la France.

Front National