Discours

Pour une région tournée vers l’espérance

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BFC espérance

Discours introductif de Julien Odoul lors de la séance plénière du vendredi 17 novembre 2017

Madame la Présidente, 
Mes chers collègues,

Au lendemain de l’élection présidentielle de 1981, Barbara écrivait sa chanson « Regarde », véritable ode en l’honneur du premier président socialiste de la Ve République. Je vous parle d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître quand l’écriture inclusive n’avait pas encore contaminé le débat public. Souvenez-vous de cette époque où les Français devaient passer de l’ombre à la lumière, où l’effervescence régnait dans les cafés, les usines, les universités, de ces ouvriers qui attendaient fébrilement l’ouverture de la grande porte du progrès social, de cette jeunesse qui versait des larmes d’espoir, de ce parfum de révolution heureuse qui flottait place de la Bastille.

Ah nostalgie quand tu nous tiens…

Le monde d’hier était tombé et Barbara chantait « Quelque chose a changé. L’air semble plus léger. C’est indéfinissable. »

Près de quatre décennies se sont écoulées et cette génération Mitterrand, celle de mes parents, est devenue une génération désenchantée pour reprendre une autre chanson de l’indémodable Mylène Farmer.

Le parallèle est évident entre l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand et celle d’Emmanuel Macron dont nous venons de « fêter » les 6 mois à l’Elysée.

En effet, comme pour l’homme du passé, le 7 mai dernier, un homme, sa poudre de perlimpinpin à la main, a ouvert le chemin, vers un autre demain. 

Emmanuel Macron a, lui aussi, été élu sur ce mensonge historique et cette promesse d’un nouveau monde, du bonheur universel, des rivières de lait et des pluies de pâquerettes.

Vous avez chers collègues de la majorité et vous autres de la droite et du centre participé ensemble à cette escroquerie gigantesque en soutenant, avec plus ou moins de zèle, le candidat « En Marche », sa vision et ses funestes projets. 

Madame la Présidente, vous avez vu en Macron le messie qui pouvait régénérer la gauche. Aujourd’hui, votre champion a enterré le PS et trahit les honnêtes électeurs de gauche en appliquant une politique ultralibérale, injuste et sauvage qui ferait passer Alain Madelin pour un modéré. Il a aussi fait éclater la droite qui ne sait plus à quel patron se vouer entre les constructifs, les restrictifs et les supplétifs.

Alors 6 mois après, comment se manifeste ce nouveau monde ou cette nouvelle société pour reprendre l’expression fameuse de Jacques Chaban-Delmas ?

Je vous citerais quelques exemples symboliques qui sont en droit de nous inquiéter.

Aujourd’hui, le Conseil d’Etat s’emploie, de la manière la plus honteuse, à vouloir l’effacement de nos racines chrétiennes en exigeant le retrait de la croix sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel ou en interdisant une crèche municipale à Béziers. Dans le même temps, on laisse des prières de rue occuper l’espace public et porter atteinte à notre laïcité à Clichy. Les islamistes de Clichy ont même porté plainte contre les policiers municipaux et les élus qui ont « osé » perturber leurs provocations. Combien de temps allons-nous les laisser piétiner la République ?

Dans bon nombre de quartiers de notre région, de Besançon à Sens, les revendications s’intensifient et les pouvoirs publics reculent. 

Le 11 novembre, la mémoire de nos glorieux poilus a été souillée par la profanation de la tombe du soldat inconnu sur les Champs-Elysées par une foule de supporters marocains qui pour certains n’avaient de Français que la carte d’identité et la provenance de leurs allocations. 

Ces comportements intolérables ne sont que les éclaboussures de trente ans d’échecs et de renoncements de l’Etat :
refus de contrôler l’immigration, refus d’assimiler les nouveaux arrivants,  refus d’imposer l’ordre républicain partout et tout le temps, 
refus encore de lutter contre le communautarisme qui constitue le vivier du fondamentalisme islamiste.

Le laxisme des élites politiques est directement responsable de l’augmentation de 18% des agressions contre les pompiers. En 2017, on s’attaque à ceux qui risquent leur vie pour sauver la nôtre. Cruel paradoxe du nouveau monde qui ferait presque regretter l’ancien. Je tiens d’ailleurs à rappeler notre solidarité et notre admiration pour tous nos soldats du feu qui effectuent des prouesses quotidiennes dans nos départements avec des budgets en baisse constante. 

Les pompiers comme les militaires ou les policiers sont aujourd’hui des cibles car ils représentent l’Etat français et les premiers piliers de la République.

Je pourrais aussi faire état de l’acquittement d’un homme ayant violé une fillette de 11 ans qui a choqué l’opinion publique. 

Nous vivons et nous subissons, il faut le dire, une inversion totale des valeurs. Sous l’ère Macron, la France marche à l’envers. Tout ce qui a fait la beauté, la force, le succès et la fierté de notre pays est aujourd’hui déconstruit et réprimé. Ceux qui se lèvent tôt et qui ont travaillé dur toute leur vie vont être matraqués avec la hausse de la CSG, les travailleurs les plus précaires vont subir le nomadisme imposé par les grands groupes avides de rentabilité. En remplaçant l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière, le gouvernement a décidé de baisser la pression fiscale pour les contribuables ayant opté pour les placements financiers au détriment de ceux qui détiennent un ou plusieurs biens immobiliers.

Pour Emmanuel Macron, il faut détruire les attaches et les liens et s’en prendre à la France durable, qui est aussi la France des propriétaires.

En bref, rien n’a changé dans le nouveau monde, le président de la République va nommer son porte-parole à la tête de son parti et les adhérents et cadres d’En Marche goûtent amèrement ces archaïques pratiques. La désillusion est déjà grande pour une centaine d’entre eux qui viennent de démissionner collectivement. Le réveil est parfois brutal…

Madame la Présidente, c’est dans ce contexte national guère reluisant, que nous examinons aujourd’hui vos orientations budgétaires pour 2018.

Je ne vous surprendrai pas en déclarant que malgré le travail réalisé par les services, les orientations budgétaires que vous nous présentez offrent déjà les contours d’un budget 2018 dramatiquement stérile. Un budget pour rien et certainement pas un budget au service des Bourguignons et des Francs-Comtois. Il y a d’ailleurs comme un goût de déjà vu à l’image d’une pauvre série télé que l’on zappe dès les premières secondes.

Depuis votre improbable élection il y a près de deux ans, vous n’avez toujours pas pris les rênes de notre Région.

Comme l’an dernier et sans vouloir être pessimiste, comme l’an prochain, il ne ressort rien d’utile, rien de grand, rien de concret de vos projets.

Derrière vos opérations de communication se cache le néant d’un exécutif qui pédale dans le vide.

Pour la Bourgogne Franche-Comté, vous n’avez pas de vision, pas de cap et pas de politique !

Il ne suffit pas d’occuper la place pour gérer et attendre passivement les dotations de l’Etat et les fonds européens. Faire de la politique ce n’est pas cela et nos compatriotes attendent autre chose. Il fautagir, impulser, comprendre les besoins et les difficultés, apporter des réponses pragmatiques et avoir de l’ambition pour nos territoires ! En clair, vouloir le meilleur pour les Bourguignons et les Francs-Comtois. Pour comprendre, il faut d’abord écouter le terrain et notamment les maires ruraux qui sont les héros indispensables du quotidien. Ils savent mieux que quiconque ce qui est bon pour l’intérêt général et ce qui ne fonctionne pas.

J’y reviendrais tout à l’heure. Mais dès à présent, je dénonce encore et toujours l’idéologie du « vivre-ensemble », véritable cancer qui embolise les moyens financiers de la collectivité. Alors que le gouvernement et le Président de la République ont pour objectif de sortir des déficits en faisant supporter à nos collectivités les plus gros efforts, vous consacrerez une fois encore, une partie des finances de la région à des projets idéologiques, fumeux et inopérants comme la politique de la ville.

Une bonne fois pour toute la politique de la ville ne marche pas ! C’est un échec total ! Ce n’est pas moi qui le dis mais la Cour des Comptes. Depuis sa création, elle a englouti 90 milliards d’euros.

Emmanuel Macron vient de présenter sa nouvelle politique de la ville qui n’a de nouveau que les milliards que l’on va encore déverser. Avec des associations gavées d’argent public, des plans Marshall tous les 5 ans, des campagnes de sensibleries… Les banlieues sont devenues les enfants pourris gâtés de la République. Pour quels résultats ? La délinquance a-t-elle baissé ? Non ! Le chômage a-t-il reculé ? Non ! Les habitants sont-ils davantage intégrés ? Non !

La France qui souffre est ailleurs. Elle est dans nos campagnes, chez nos agriculteurs, chez nos retraités isolés, chez nos jeunes sans perspectives. 

Eux, ne reçoivent pas les attentions de l’Etat, ne sont pas invités sur les plateaux télé, eux ne pleurnichent pas, ne crient pas au racisme et aux discriminations, ils ne cassent pas, ils ne brûlent pas les voitures, ils n’attaquent pas les forces de l’ordre et n’insultent pas la France.

C’est vers cette France des oubliés et des exclus que devrait se tourner notre action nationale et régionale. Je considère qu’ils sont la priorité des priorités.

Alors que les régions sont réduites au pain sec et à l’eau à cause de la baisse des dotations, vous visez dans le budget 2018, l’équilibre financier. Mais Madame la Présidente, votre équilibre financier n’est autre que le déséquilibre des territoires, plus de fractures et d’inégalités et d’avantage de difficultés dans le quotidien.

Après les discours liminaires, vous présenterez à notre assemblée le contrat social global.

Madame la Présidente, avec votre majorité, vous touchez du doigt la réalité de cette fusion que vous appeliez de vos vœux. La fusion, rappelez-vous, était préparée, mûrie, réfléchie, concertée pour le plus grand bonheur des habitants.

Il n’en est rien et l’impréparation est aujourd’hui flagrante quand arrive le moment d’organiser le travail des agents de la collectivité. 
Vous nous avez dit Madame la Présidente avec votre majorité et à plusieurs reprises que les choses prennent du temps, qu’elles sont complexes. 

Je pense qu’il faut aller vers la fusion compliquée avec deux idées simples : la justice et l’efficacité. 

Vous avez la culture de l’excuse, vous expliquerez alors aux agents en grève hier et aujourd’hui ce que vous souhaitez faire de leurs conditions de travail. Vous présenterez à notre assemblée ce qu’implique la mise en oeuvre effective de la fusion des deux conseils régionaux.

En ce qui nous concerne, nous saurons défendre les agents à qui vous voulez laisser porter la charge de la fusion et des économies budgétaires. Nous savons trop le travail réalisé au quotidien par les services pour ne pas les protéger aujourd’hui. 

Nous savons trop que les agents du Conseil régional, à qui l’exécutif demande toujours plus d’efforts et qui comblent quotidiennement les dysfonctionnements, les erreurs de stratégie et de management pourgarantir le service public régional, n’en peuvent plus.

Demander aux plus fragiles des efforts, c’est bien facile mais il faut être juste, équitable. 

Je rappellerais que vous avez fait le choix indécent d’augmenter de 20 % les indemnités des élus dès votre élection. Je rappellerais également que les hauts-fonctionnaires du Conseil régional se sont augmentés par le biais de grilles indiciaires revalorisées à hauteur de leurs nouvelles responsabilités. 

Pour les agents qui font concrètement fonctionner les lycées et les services, un traitement juste est indispensable.

Dans l’ordre du jour, vous nous demanderez tout à l’heure de financer des démarches de Lean manufacturing, ce néo-taylorisme qui abime l’homme. Madame la Présidente, vous êtes d’une grande cohérence. Vous avez soutenu Emmanuel Macron, vous déclinez aujourd’hui son programme de société rentable et low-cost.

A l’Assemblée nationale, il a déconstruit le code du travail. En Région, vous financez l’UIMM dans sa promotion du Lean manufacturing et dans les services et lycées, vous dégradez les situations des agents les plus fragiles.

J’entends encore Madame Rey-Gaucher en conseil d’administration du lycée Janot de Sens, tenter d’expliquer maladroitement aux personnels enseignants que les tarifs de la cantine vont augmenter de 10%et aux élèves que celui de l’internat augmentera de 5%.

Votre représentante essayait de justifier ces augmentations en se retranchant derrière l’harmonisation avec les lycées de Franche-Comté. En clair, la fusion apparaît au grand jour comme un perdant-perdant. Après les automobilistes francs-comtois, les lycéens et les agents des lycées bourguignons vont payer le prix de votre politique.

L’accessibilité aux services publics est un combat que nous avons placé au cœur de notre action politique au service des habitants de la région.

Nous examinerons lors de notre séance celui du Doubs et de l’Yonne. L’exclusion territoriale n’épargne aucun de nos territoires et se sont les habitants qui en subissent les conséquences au quotidien. 

Il y a urgence à agir et les schémas présentés ne sont pas à la hauteur des besoins de la France rurale et périphérique, oubliée de nos élites car jugée non rentable. La France qui n’a toujours pas accès au numérique et qui n’accède plus à la santé, elle attend de nous des mesures concrètes et non de sempiternelles incantations et autres vœux pieux. 

Dans l’Yonne, le concret, c’est la disparition programmée par l’agence régionale de santé, des urgences de l’hôpital d’Auxerre avec dans un premier temps le transfert du centre 15 et de l’hélicoptère à Dijon. Vous l’avez compris, c’est rajouter des difficultés où elles sont déjà présentes. Pour combattre l’exclusion territoriale, nous vous proposerons en fin de séances de vous associer à notre vœu pour le maintien opérationnel de ce service d’urgence. C’est ainsi que nous pouvons collectivement améliorer le quotidien de nos compatriotes.

Et ce ne sont pas les dernières déclarations floues de Christophe Castaner qui vont nous rassurer. Nous attendons et les Icaunais attendent des garanties sérieuses.

J’ai parlé des difficultés de nos territoires, de nos compatriotes qui souffrent de l’exclusion territoriale, la seule et véritable discrimination d’Etat. Ils doivent être l’objet de nos politiques, de notre aide constante. Chaque euro dépensé par notre Région doit servir la Bourgogne Franche-Comté. 

Pourquoi envoyer des jeunes aider leur prochain au-delà des océans ? Pourquoi privilégier la solidarité du bout du monde avant la solidarité locale ? 

Pourquoi vous entêter à poursuivre l’accueil des migrants dans notre région avec son lot de violences et d’injustices ? Vous attendez combien de viols, combien de drames pour faire cesser cette folie ?

Vous parlez souvent de citoyenneté Madame la Présidente, et nous en parlerons encore lors cette journée, ces mots revêtent-ils pour vous et moi le même sens ? Je ne le crois pas. Vos citoyens sont du monde, d’un ailleurs improbable. Ils sont déconnectés et déracinés. Les miens, les nôtres, sont les citoyens de Bourgogne Franche-Comté, ils sont d’ici, du Doubs, de Haute-Saône, du Territoire de Belfort, du Jura, deSaône-et-Loire, de Côte-d’Or, de la Nièvre et de l’Yonne. Ils sont attachés à la terre de leurs pères, à leurs terroirs, à leurs traditions, à leur église, au nom de leur village que les fusions de communes vont jeter dans les oubliettes de l’histoire. 

Ils ne sont ni d’un passé révolu ni de votre avenir cauchemardesque. Ils veulent une Région durable où bien vivre et élever leurs enfants.

Le vivre-ensemble, vous souhaitez aussi l’installer dans nos campagnes avec vos lubies de nouvelles ruralités. Ce qui se cache derrière cette formulation est pour le moins inquiétant et n’apportera assurément rien de bon.

Les habitants de la ruralité ne veulent pas que vous transformiez leur cadre de vie. Ils veulent pouvoir y vivre décemment et normalement avec les mêmes droits et les mêmes chances que tous nos compatriotes. Ils veulent des transports accessibles pour aller travailler, des écoles pour leurs enfants, des médecins pour se soigner, des gendarmes pour assurer leur sécurité, des bureaux de poste, une connexion internet et du réseau téléphonique… Excusez du peu. 

Ce que vous appelez « nouvelle ruralité » vise à exporter les problèmes des villes à la campagne. Je vous le dis, les habitants ne veulent pas voir débarquer des kebabs et des nikabs chez eux.

Un bon point pour finir… La région renforce son soutien au déploiement des infrastructures numériques avec un engagement financier important et je m’en félicite car les laissés pour compte de l’internet sont nombreux dans nos départements. 

Le sujet est important car vous le savez la fracture numérique induit inégalité sociale et scolaire. 

L’accès à l’emploi et aux administrations françaises passe par les services en ligne. En France, être privé d’ordinateur et d’Internet complique davantage la vie quotidienne et les déploiements annoncés par les opérateurs de télécommunication ne réduisent pas encore suffisamment cette fracture, car ils concernent les zones rentables, les zones denses, en général proche des centraux téléphoniques.

Je terminerais mon propos par un dernier hommage à Barbara qui chantait « On pourrait encore y croire, il suffit de le vouloir. Avant qu’il ne soit trop tard ». 

Il n’est jamais trop tard pour ceux qui s’engagent pour une noble cause. 

Notre peuple a de la ressource car c’est un grand peuple. Notre Région est belle, elle possède de sérieux atouts dont son fabuleux patrimoine. 

Il suffira de quelques années de travail et d’une ambition pour lui donner la place qu’elle peut prétendre.

Avant d’atteindre cet horizon, le groupe Front National mettra toute son énergie, sa détermination et son engagement pour défendre partout dans nos territoires, les intérêts des Bourguignons et des Francs-Comtois et conduire une Région tournée vers l’avenir.

Je vous remercie.

Page Facebook deu groupe FN au CR de Bourgogne-Franche-Comté

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David Rachline devant l’Association des Maires de France

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Rachline amf

David Rachline représentait ce midi Marine Le Pen, actuellement en déplacement au Tchad, devant l’assemblée des Maires de France !

Monsieur le Ministre,

Chers collègues parlementaires, Chers collègues maires, Mesdames, messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour votre invitation et recevoir les excuses de notre candidate Marine Le Pen qui n’a pas pu être parmi vous ce matin ; elle est en effet en déplacement aupres de nos troupes au Sahel.

C’est bien sur en tant que directeur de campagne mais tout autant en tant que l’un de vos collegues maire qu’elle m’a demandé de la representer devant vous et de vous présenter le projet qu’elle porte pour les communes !

Comme vous le savez Marine porte dans son projet présidentiel, exprimé en 144 engagements, que je vous invite vivement à lire pour y voir sa pleine cohérence, ce qu’elle appelle une révolution de la proximité. Cette révolution se traduit du point de vue institutionnel en une grande réforme de simplification de l’organisation de nos institutions :

parmi le trop fameux mille-feuilles administratif, il s’agit de ne garder que trois niveaux d’administration : les communes, les départements et bien sûr l’État !

Ces trois niveaux, reposant sur un héritage bâti au cours des siècles, seront gage de simplification, de proximité en renforçant le rôle des élus de terrain, au premier rang desquels les maires, et bien sûr d’économies. Ces trois niveaux d’administration permettant enfin de définir clairement qui fait quoi et surtout qui est responsable de quoi devant les Français et de respecter enfin un vrai principe de subsidiarité qui n’est pas, comme c’est un peu trop le cas aujourd’hui, un principe de dilution des compétences et donc des responsabilités !

Si l’Association des Maires de France prend aujourd’hui le temps de recevoir les candidats à la présidentielle et, plus encore, a pris le temps d’élaborer un manifeste, c’est qu’un grand nombre d’entre vous ne se satisfait pas de la situation actuelle. Sachez que vous trouverez en Marine Le Pen une candidate viscéralement attachée aux communes. Les communes sont le fruit d’une histoire parfois millénaire. Etant maire d’une ville fondée par Jules César, je suis bien placé pour le savoir.

Et elles sont, par excellence, l’institution de proximité.
Elles constituent la première organisation publique à laquelle tous les citoyens ont affaire, et ce dès la naissance !

Et ces institutions sont servies avec passion et, il faut bien le reconnaitre, surtout dans les plus petites communes, avec abnégation par des hommes et des femmes qui ont fait de la défense du bien commun le sens de leur engagement politique ! Chers collègues maires, Marine Le Pen me charge de vous dire combien elle compte sur votre engagement républicain au service de nos compatriotes et aussi de vous dire qu’elle souhaite vous aider dans cette mission !

Elle m’invite également à vous dire son inquiétude au sujet du projet de M. Fillon. Ce projet est un peu difficile à cerner, tant il semble changer au gré des épisodes de la campagne électorale, tel un caméléon. Il est en matière territoriale particulièrement flou, et le flou est toujours inquiétant. Surtout quand on se remémore la proposition ubuesque et ravageuse qu’il proposait au début de sa campagne pour les primaires de supprimer 30 000 communes pour n’en garder que 6 000.

Que les choses soient bien claires, la charte que vous présentez ce matin s’inscrit dans le projet que Marine défend durant cette campagne.

Oui nous souhaitons renforcer la commune comme l’échelon majeur de la proximité et, comme vous, nous pensons qu’ « on ne réussira pas la France sans les communes ».

La première priorité de Marine Le Pen est le renforcement de la commune comme l’échelon majeur de la proximité. Comme vous le défendez dans votre premier engagement, les communes sont les piliers d’une république décentralisée et leur rôle doit donc être renforcé.

Pour ce faire, et c’est peut-être le seul point avec lequel nous avons une divergence avec vous, nous pensons qu’il faut mettre fin au développement des intercommunalités afin que les communes retrouvent leurs pleines compétences. Mais attention, pas de lecture simpliste !

Cela n’empêchera pas, bien sûr, les coopérations intercommunales, voire des regroupements de communes, dès lors qu’elles ont un sens géographique, technique, financier voire historique. C’est ce qui existe naturellement depuis des siècles. Mais cela redeviendra le libre choix des exécutifs locaux en accord avec les populations concernées et non le choix souvent subi, car imposé par l’État, avec le risque, comme vous le mentionnez à juste titre dans votre charte, « de supra- communalité avec l’émergence d’une technostructure territoriale ».

Car nous sommes tous d’accord pour dire que le mille-feuilles administratif est aujourd’hui un problème pour notre pays. D’une part il coûte cher, alors que, rappelons-le, un certain nombre de structures avait été créées justement pour faire des économies.

Il suffit de regarder l’évolution des budgets locaux pour constater que c’est un échec flagrant ! D’autre part, il dilue les responsabilités ! En renforçant le rôle des communes, on permettra à chacune d’elle de retrouver ses compétences et ainsi de rester proche de la population. Soyons clairs : premier échelon de la proximité, les maires ne sont pas là pour « inaugurer les chrysanthèmes » ni pour se faire déposséder de leurs pouvoirs par des structures éloignées des citoyens.

Ce renforcement du rôle des communes sera, comme vous le demandez dans l’un de vos 15 engagements, le premier signal de la reconnaissance par l’État des collectivités locales, communes et départements, comme de véritables partenaires.

Marine souhaite le retour d’un État fort et surtout d’un État stratège. Le stratège n’est pas celui qui fait tout mais celui qui permet aux différents acteurs d’être les plus performants possible en leur fixant un cadre, un cap et des moyens. Les communes auront donc un rôle prépondérant dans la déclinaison opérationnelle d’un grand nombre de missions publiques.

Quelles seront les grandes lignes que nous proposons pour la politique d’aménagement du territoire que vous appelez de vos vœux ?

Tout d’abord, l’arrêt du « tout métropolisation », qui crée une « France périphérique », pour reprendre les mots du désormais célèbre géographe. Une métropolisation qui entraîne une concentration des entreprises, des services publics, des centres de formation, des lieux de culture, etc. Et qui draine de plus en plus les moyens financiers, au détriment de pans entiers de notre territoire.

A nos yeux, le premier enjeu est justement de maintenir un développement équilibré de notre pays, et de permettre aux communes, sur l’ensemble du territoire, de garder leurs services publics, leurs équipements de proximité, leurs commerces et bien sûr leurs emplois.

La France de demain, pour Marine, ce n’est pas quelques métropoles riches et une myriade de communes désertées vivant sous perfusion. Nous ne voulons pas d’un pays organisé autour des seules métropoles, comme le propose le dangereux programme de M. Macron sur ce point, qui veut supprimer un quart des départements, et ainsi profondément désorganiser et précariser certains territoires, qu’il considère probablement comme négligeables aux yeux des intérêts bancaires et financiers qu’il représente dans cette élection, des territoires sans doute peu utiles pour lui quand il envisage de mettre la France au service d’une mondialisation poussée à l’extrême.

La France que nous voulons, au contraire, est une France harmonieuse faite de villes dynamiques.

L’État stratège développera une nouvelle politique industrielle, autour de secteurs porteurs tels le développement du numérique ou les énergies renouvelables.
Et bien évidemment cela n’exclu pas les investissements dans les infrastructures. Les communes étant, nous le savons tous, les premiers partenaires des entreprises du BTP.

Grâce à de nouvelles règles de la commande publique, favorisant la proximité, elles pourront être les partenaires privilégiés pour les entreprises de ces secteurs. Sur les énergies renouvelables et plus largement la croissance verte, existe un véritable potentiel de proximité, du bois au photovoltaïque, en passant par la biomasse ou l’hydraulique. Concernant le numérique, nous savons qu’il est aujourd’hui un enjeu majeur pour la survie même de certains territoires.

Ceux d’entre vous qui viennent de territoires sous dotés en téléphonie ou en haut-débit, voire parfois même en bas-débit, voient bien la fracture territoriale que cette disparité fait naître. Nous souscrivons ainsi pleinement à l’engagement n° 13 de votre charte, et saurons nous en donner les moyens dans le cadre d’un véritable partenariat Etat/collectivités et entreprises.

L’État stratège, ce sera également le retour à une Politique Agricole Française, au service des agriculteurs afin de préserver notre modèle agricole fait d’exploitations largement familiales, de taille moyenne et surtout qualitatives.

Ceux parmi vous qui sont maires de communes rurales savent bien le risque que fait peser sur leur territoire le développement d’une agriculture industrialisée d’abord au service des financiers, ou encore une réglementation européenne menée par le dogme du libre-échange absolu qui conduit à la disparition progressive de nos agriculteurs. Plus de 50 % de nos exploitations ont ainsi disparu ces 20 dernières années.

Il est temps de mettre fin à ce déclin, qui recouvre aussi de terribles drames humains.

Les maires seront bien évidemment encouragés à acheter en priorité les produits locaux afin de favoriser les circuits courts, sans avoir à passer par des artifices juridiques pour se conforter à la législation bruxelloise comme c’est le cas aujourd’hui ! Cela sera d’ailleurs le cas pour tous les achats publics comme le propose l’engagement au patriotisme économique de Marine Le Pen.

Je n’oublie pas nos communes d’Outre-Mer qui verront, elles, du fait de leur particularité, un soutien plus accru de la part de l’État pour y favoriser en premier lieu la création d’emplois pérennes.

Comme l’échelon communal sera renforcé, il conviendra aussi de revaloriser le rôle du maire et de faciliter sa mission. C’est, pour ceux qui l’ont lu, l’engagement n°6 du programme de Marine Le Pen.
Nous voulons particulièrement revaloriser le rôle et le statut des maires des petites et moyennes communes. Cela passera par des mesures facilitant le retour à la vie professionnelle pour ceux qui l’abandonnent pour exercer leur mandat. Cela passera aussi par une revalorisation des indemnités de ces maires !

La qualité de leur engagement, leur disponibilité et leur responsabilité doivent être compensés à leur juste mesure et je crois que les Français soutiennent largement cette proposition ! Le maire reste pour eux, comme vous le dites, « le premier repère dans un monde qui évolue sans cesse ». Et, dans les plus petites communes, c’est toujours celui que l’on va trouver dès qu’un problème se pose ! Ce rôle au service quotidien des Français mérite d’être pleinement reconnu !

Mais faciliter le rôle du Maire, c’est aussi arrêter la prolifération de normes qui souvent s’ajoutent les unes aux autres, changent constamment, quad elles ne se contredisent pas.

Aujourd’hui, et je le vis comme vous tous au quotidien j’imagine, je vois deux risques importants peser sur les maires : une forme d’entrave à la libre administration qui passe par un pouvoir accru donné aux services de l’État (si je vous dis DDTM ou DREAL, je suis sûr que vous avez tous des exemples), services qui deviennent de véritables décideurs en lieu et place des maires et qui parfois imposent leurs vues et brident des initiatives pourtant voulues par les habitants de nos communes.

Il faut mettre un terme à cette évolution en supprimant par exemple certaines demandes d’avis ou d’autorisation auprès des services de l’État.
Les multiples schémas, locaux, intercommunaux, départementaux ou régionaux qui créent des dépenses et enferment l’action des communes verront leur nombre sensiblement réduit.

L’autre risque c’est justement l’hyper normalisation et l’inflation réglementaire. Il faut mettre fin à l’inflation des normes qui représente pour les collectivités un coût et un frein à leurs projets. Le rôle des services déconcentrés de l’État sera revu, pour qu’ils soient de vrais partenaires et non plus des obstacles.

Les maires, via leurs associations et en premier lieu l’AMF, seront appelés à faire remonter leurs propositions de simplification afin que celle-ci soit concertée et réellement opérationnelle.

Cela s’inscrit par exemple dans l’engagement n°133 de Marine, qui souhaite rationaliser et simplifier les normes d’urbanisme et de construction tout en préservant les espaces naturels protégés. Comme vous, nous pensons que la « simplification est un impératif national ». Cela est valable dans tous les domaines et je pense bien sûr aux nouveaux rythmes scolaires imposés par l’État. Nous mettrons un terme à cette réforme et nous donnerons plus de pouvoir aux maires dans ce domaine.

Sur bien des sujets, et je m’appuie sur mon expérience de maire de Fréjus, je pense qu’un maire est plus à même d’apprécier la situation de sa commune plutôt que d’appliquer une réglementation aveugle et uniforme pondue à Paris ou pire à Bruxelles. Je pense par exemple et, j’y suis confronté dans ma ville, aux horaires d’ouverturedes établissements touristiques ! Oui il faut redonner de la liberté aux maires !

C’est au nom de cette liberté que nous voulons, comme vous le demandez, donner plus de souplesse aux collectivités territoriales. Avec la fin des intercommunalités, trop souvent je l’ai déjà dit mais c’est important, imposées et subies, les maires, en concertation avec leurs administrés, seront libres de définir les coopérations sur les compétences qu’ils souhaitent mutualiser !

Il faut développer une logique de libre association qui garantira la proximité et l’adaptation aux spécificités locales !
Il est aberrant qu’un préfet, en poste pour une courte période, décide à la place des élus qui, eux, connaissent parfaitement, depuis plus longtemps et surtout pour plus longtemps, leurs territoires !

Enfin, et là encore Marine Le Pen souscrit pleinement à l’engagement n°8 du manifeste de l’AMF, nous ferons en sorte que l’État assume pleinement ses missions régaliennes ! Un État réformé tel que nous le proposons, c’est avant tout le gage d’une sécurité renforcée et d’une justice qui joue son rôle.

Cela passera évidemment par le renforcement des effectifs de police et de gendarmerie, comme nous nous y engageons. L’État veillera à faire régner la sécurité dans tous les territoires de la République, et travaillera en étroite concertation avec les Maires, qui sont désormais dans ce domaine des acteurs majeurs de terrain. En rappelant le fait que les communes ne sont pas là pour compenser le désengagement de l’Etat. Aux maires la prévention et la proximité, à l’État la garantie du respect des règles de droit sur tout le territoire.

Comme la commune sera renforcée et qu’elle aura à sa tête un maire lui aussi renforcé, il conviendra bien évidemment de donner à ce dernier les moyens d’agir !

Marine Le Pen s’engage à cesser de faire des dotations aux communes des variables d’ajustement pour, il faut le dire clairement, bien souvent satisfaire aux exigences budgétaires bruxelloises… D’où la cohérence du programme qu’elle défend ; lorsqu’elle dit vouloir que la France retrouve sa pleine souveraineté, cela inclut évidemment sa souveraineté budgétaire !

Comme je l’ai déjà dit devant les présidents de conseils départementaux, nous souscrivons à l’idée de mettre en œuvre un pacte financier entre l’État et les collectivités territoriales, qui pourrait se traduire par une loi de finances spécifique pour les collectivités.

Aujourd’hui l’État fait payer son incapacité à se réformer aux collectivités locales. Un État remis en ordre, associé à la simplification de notre organisation administrative, pourra à nouveau contribuer au soutien des communes !

En contrepartie, l’État demandera bien sûr aux communes une modération fiscale et une gestion stricte de leurs dépenses courantes de fonctionnement. Les Français n’en peuvent plus de l’inflation fiscale, souvent liée à celle des normes ou aux transferts non compensés, ainsi qu’à la dégradation de la situation économique de notre pays et, dès lors, de celle de ses habitants.

Outre l’enjeu de la proximité, il y également, dans la volonté de donner un cadre financier clair aux communes, un enjeu d’investissement et d’emploi. On l’oublie trop souvent mais 2/3 de l’investissement public vient des collectivités locales ! Encore une raison de ne plus faire des dotations aux communes des variables budgétaires !

Il conviendra donc de lancer une grande concertation sur une vraie réforme des différentes dotations. L’État, en tant que stratège, sera le garant de la solidarité nationale qui s’exprimera dans une péréquation juste ! Mais ce devoir de péréquation incombe en premier lieu à l’Etat. Ce n’est pas en ponctionnant quelques communes sur des critères discutables pour ensuite faire du saupoudrage que nous aiderons au développement de nos territoires.

Bien évidemment la politique de la ville, telle que nous la connaissons, qui est un échec retentissant malgré les milliards engloutis, sera revue de fond en comble… Marine Le Pen dans son engagement n° 139 en propose un rééquilibrage vers les zones rurales ou en danger de désertification. L’enjeu de la solidarité nationale est plus que jamais présent dans ces territoires trop souvent oubliés ! Par ailleurs, il faut aussi envisager des « zones franches » pour revitaliser le commerce de certains de nos centres urbains.

Je souhaitais mentionner un autre point, absent de votre manifeste, mais il me semble qu’il est un élément important pour les finances des communes, la préservation de notre patrimoine. Cette défense est indispensable mais elle est bien souvent laissée aux seules communes.

Mes chers collègues, vous avez tous des exemples de restauration qui devraient être menées mais qui ne le sont pas faute de moyens.

Marine Le Pen, souhaite bâtir une loi de programmation du patrimoine pour permettre un meilleur soutien à son entretien et à sa préservation. Voilà une aide qui sera précieuse à nos communes et de plus cela aura des répercussions dans plusieurs secteurs, je pense par exemple à l’artisanat ou au tourisme !

Le soutien financier aux communes passe également, comme vous le mentionnez dans le manifeste par le respect d’un « qui impose paye ». Ce sera bien évidemment le cas pour la revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires.

Un mot sur ce sujet. Je peux, comme vous tous, mesurer l’implication de nos fonctionnaires territoriaux, que je tiens ici à saluer. Mais je mesure aussi les rigidités qui pénalisent nos agents comme ils empêchent souvent la juste reconnaissance du mérite. Et ne permettent pas non plus d’adapter notre gestion à nos contraintes.

D’ailleurs, l’équité impose aussi le rétablissement de deux jours de carence. En tout état de cause, nous préserverons le statut de la fonction publique mais donnerons une plus grande liberté aux maires pour la gestion de leurs fonctionnaires territoriaux.

Pour rester sur les aspects financiers, Marine Le Pen souhaite une relation claire entre l’État et les communes ! Elles doivent savoir précisément ce qui les attend en termes financiers et ce pour l’ensemble du mandat ! Le vote du PLF ne doit plus être une période d’inquiétude pour les collectivités locales comme c’est le cas depuis plusieurs années !

Lorsque vous avez été élus, vous avez bâti des projets pour vos communes sans savoir que les dotations seraient drastiquement diminuées ; l’équation est alors terriblement compliquée et nous y sommes tous confrontés quotidiennement !

Comment tenir ses engagements vis à vis des habitants, quand l’État, pour se conforter à la rigueur budgétaire venant de Bruxelles, baisse nos moyens ? Il faut aussi, dans ce cadre, réfléchir à l’évolution d’un FCTVA encore trop défavorable pour les communes malgré son extension récente.

Avec des communes renforcées, à la tête de laquelle le maire retrouve son rôle avec des moyens adéquats, il sera alors aisé de garantir à nos concitoyens le maintien de services publics de proximité !

Bien sûr, et j’en ai déjà dit un mot tout à l’heure, la couverture numérique et téléphonique est le premier service public à étendre à l’ensemble du territoire. Cela sera rendu possible avec d’une part un partage clair des compétences et d’autre part avec le retour d’un politique industrielle pilotée par un État stratège dans laquelle les opérateurs auront une mission de service public bien définie. Cet effort d’investissement, particulièrement dans les zones rurales, sera bien sûr étendu à nos principales infrastructures.

Il faut aussi concevoir un socle minimum de services publics de proximité à l’échelle d’une commune ou d’un bassin, et un engagement de l’Etat, avec les principaux autres acteurs : Poste, ARS, etc, à accompagner chaque territoire

Le service public, c’est aussi un accès aux services de soins. Vous êtes nombreux à voir les médecins quitter vos communes ou à constater avec inquiétude le vieillissement de la population médicale. Marine le Pen, dans son engagement n°67 propose de lutter contre les déserts médicaux en instaurant des stages d’Internat dans les zones concernés, en permettant à des médecins retraités d’y exercer avec des déductions de charges ou encore en aidant au développement de maisons de santé pluridisciplinaires en lien avec les maires ! Ce maillage doit également concerner les pharmacies ou les laboratoires d’analyses !

Je n’oublie pas les transports ; les fameux « cars Macron » n’ont pas, comme promis, résolu la problématique de l’enclavement de la France périphérique ; France qui est malheureusement moins connue par leur concepteur que les rues de la City ou les avenues Newyorkaises… Dans le domaine des transports, nous nous opposerons, n’en déplaise à l’Union Européenne, à la libéralisation du rail qui, on le sait, accentuera la fracture territoriale en ne privilégiant que les zones qui font gagner de l’argent, et nous défendrons le statut public de la SNCF.

La défense des services publics pour tous, à laquelle vous êtes tous ici attachés, et particulièrement les maires des petites communes, des communes rurales ou des communes de montagne, est une priorité pour Marine le Pen car elle considère que cela fait partie de l’ADN de la France !

Vous l’avez compris, nous signons votre charte, je devrais dire notre charte et, bien évidemment à l’exception de la question des intercommunalités, nous signons également les engagements qui en découlent !

Chers collègues maires, sachez que vous trouverez avec Marine Le Pen le fidèle défenseur des communes, le fidèle défenseur des maires et qu’elle s‘engage à vous donner les moyens pour assumer vos responsabilités à travers un engagement ferme de la part de l’État !

En conclusion, elle me charge de vous transmettre tout son admiration républicaine pour votre travail, qui la plupart du temps, au-delà des clivages partisans, sert nos concitoyens et défend le bien commun au quotidien.

Dans le triptyque communes, départements, État, vous êtes à la base et vous savez bien, vous qui délivrez les permis de construire, l’importance de la base dans un édifice !

Vive les communes, vive la République, vive la France et vive ses maires !

Discours de Marine Le Pen : « La France, Civilisation mondiale au XXIème siècle »

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Marine fds campagne

Discours de Marine Le Pen lors de la convention thématique Marine 2017 avec les Collectifs Mer & Francophonie et Culture, Libertés et Création.

Thème : « La France, Civilisation mondiale au XXIème siècle ».

Merci à tous,

Merci à nos intervenants d’aujourd’hui, que l’on sent passionnés par l’idée d’une France à nouveau belle et grande,

Merci aux membres du Collectif Culture et du Collectif Mer et Francophonie.

Merci aussi à nos frères de cœur venus d’autres pays, qui partagent l’amour d’une culture francophone à la fois diverse et unie.

Je dois vous avouer que c’est peut-être le discours le plus exaltant que j’aurai à faire lors de ces conventions présidentielles.

Tous les sujets nous intéressent, et il n’est pas question pour nous de laisser quoique ce soit de côté, lorsqu’on veut présenter un projet cohérent pour la France.

Mais aujourd’hui, c’est un peu spécial.

Aujourd’hui, nous parlons de grandeur.

Nous parlons non seulement de ce que nous pouvons apporter à la France, mais aussi de ce que la France peut apporter au monde.

La France est une vieille et grande civilisation.

Elle l’a un peu oublié. On lui a fait oublier.

Mais il suffirait de peu de choses pour qu’elle retrouve son influence sur la scène mondiale. Il suffirait, avant tout, de volonté politique.

Il fut un temps où la France découvrait les quatre coins du globe.

Un temps où Jacques Cartier ouvrait le fleuve Saint-Laurent à l’Ancien Monde.

Un temps où les Français exploraient toute la vallée du Mississippi.

Un temps où les missionnaires de France se rendaient dans les royaumes d’Asie.

Un temps où la France était dans toutes les cours d’Europe.

Un temps où Descartes allait chez Christine de Suède ; où Voltaire régnait sur la cour de Frédéric de Prusse; où Diderot se rendait chez Catherine de Russie.

Un temps où toutes les élites parlaient français, non pas parce qu’on les contraignait à parler français, mais parce que le français provoquait l’admiration. Parce que le français était la langue de la raison.

Un temps où la France était le phare de la liberté.

Un temps où tous les opprimés du monde voyaient en la France le symbole de la lutte contre la tyrannie.

Un temps où la France abolissait l’esclavage, avant toute autre nation.

Un temps où l’on déclarait en français, partout où soufflait le vent de l’indépendance : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

La France a été la civilisation de la liberté et de la raison. Certains diront que c’est une illusion rétrospective. Que nous reconstruisons l’histoire.

Mais ce sont les mêmes qui abaissent constamment la France, qui ne préfèrent voir que ce qui est bas, ce qui est mesquin, ce qui est laid. Ils veulent salir la grandeur.

Ils n’acceptent pas que la France ait pu être grande et peut-être encore moins qu’elle veuille le rester.

Que les Français aient pu faire de belles choses et de grandes choses. Ils ne voient que la France à terre, la France défaite dans la guerre, la France soumise à des puissants qui salissent son nom.

Le roman national est, entre leurs mains, devenu un cauchemar.

Les censeurs de la grandeur sont en train de créer des névroses immenses : ils font des générations de Français qui se haïssent eux-mêmes, et cela est beaucoup plus dangereux qu’on ne le croit.

La haine de soi-même ne peut entraîner que la rancœur, la colère et finalement la haine des autres. Ceux qui haïssent la France n’haïssent pas que la France.

Heureusement, subsistent à l’extérieur de notre pays les traces de cette grandeur toujours vive.

Quand les Français, à qui on répète à longueur de journée qu’ils sont dépassés, qu’ils sont mesquins, qu’ils sont de rebus de l’histoire, quand les Français oublient leur propre valeur, il faut voir avec quelle ardeur nos cousins québécois, sénégalais, ivoiriens, belges, et bien d’autres défendent une culture et une langue que nous laissons à l’abandon.

Il faut voir la vitalité du cinéma québécois, de la littérature francophone en Afrique sur les traces de Senghor, il faut voir les artistes belges, les artistes non francophones même qui choisissent le français.

En se haïssant elle-même, la France devient stérile. Mais la culture française n’est pas stérile. Ce n’est pas une culture de mort.

Et dès qu’elle peut renaître quelque part, elle bourgeonne immédiatement, et elle prend différentes couleurs sous d’autres latitudes. Elle s’enrichit constamment.

Je ne viens pas vous livrer un message désespéré. Au contraire.

Je pense que la France peut redevenir plus grande encore, plus belle, plus audacieuse, plus exploratrice et plus avant-gardiste que jamais.

Qu’elle peut rayonner partout, imposer le respect partout, faire éclater son génie aux yeux du monde.

Je pense qu’elle peut retrouver son influence perdue. Pour cela, il faut que nous repérions les leviers grâce auxquels nous pouvons agir.

J’en développerai trois.

D’abord, il ne faut « cesser de reculer » comme disent certains, il faut avancer.

Si la francophonie est aujourd’hui en échec, c’est parce que son cœur, la France, a baissé les bras dans la défense de sa culture. Et la culture, c’est avant tout la langue.

Nous voulons une nouvelle loi Toubon, beaucoup plus contraignante.

La loi Toubon partait d’une bonne intention, mais aujourd’hui, elle fuit de partout.

Dans les médias, dans les administrations, dans les écoles, dans les universités.

Alors que plusieurs universités pratiquent déjà le tout-anglais dans certains cursus, la loi Fioraso de 2013 et ses amendements ont introduit des exceptions concernant l’enseignement en anglais, je cite « lorsqu’elles sont justifiées par des nécessités pédagogiques ».

C’est ici un cheval de Troie. Maintenant, on ne va plus étudier à la Sorbonne ou à la fac de Nanterre, mais à la « Toulouse School of Economics » ou à « Paris Sciences et Lettres Research University ».

Dans une même logique, les stations de radio privées disent dorénavant ne plus pouvoir respecter les quotas de chansons en français imposés par la loi Toubon, pour la simple et bonne raison que les Français ne chantent plus … en français.

Ma première proposition est donc la suivante : je veux une loi Toubon 2, pour que la langue et la culture françaises cessent de reculer. Les Québécois nous ont précédés avec leur loi 101, qui est bien plus rigoureuse dans la protection et la promotion de la langue officielle.

Je veux une loi qui fasse respecter partout l’exigence de promotion du français, surtout dans l’enseignement, et une loi qui encourage davantage les artistes francophones.

Un autre volet de cette loi Toubon 2, ou d’une autre loi qui la suivra, sera la protection du patrimoine culturel.

Il nous faut à la fois protéger ce patrimoine et le valoriser, contre toute tentative de le brader, en le laissant filer entre les mains de collectionneurs étrangers ou d’investisseurs sous forme de placements.

Contre ceux aussi qui le défigurent, en imposant à nos monuments historiques un habillage qui vire souvent au massacre.

La première étape, c’est celle de la protection : on arrête de reculer.

La deuxième, c’est celle de l’organisation. Ici, le levier le plus puissant, c’est l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’OIF. C’est un outil sous-exploité.

Depuis l’élection de sa nouvelle présidente, Michaëlle Jean, en 2014, l’OIF n’a toujours pas présenté de plan d’envergure pour l’apprentissage du français dans le monde. Il faut dire que les crédits sont insuffisants : les gouvernements successifs ont délaissé ce combat.

Pour l’instant, la francophonie, c’est de l’or que l’on transforme en plomb. Rappelons que le français est aujourd’hui, avec 274 millions de locuteurs quotidiens, la seule langue, avec l’anglais, qui soit présente sur les cinq continents, qu’il est la cinquième langue la plus parlée, la quatrième langue sur internet, la troisième langue d’affaires, et la seconde langue d’information dans le monde.

Imaginez toutes les occasions économiques et culturelles qui sont gâchées par l’abandon de ce trésor.

Cesser de reculer, c’est également défendre, entretenir et promouvoir l’immense patrimoine de la France, sur le territoire national comme à l’étranger, et que le monde entier nous envie !

Ces palais, châteaux, hôtels particuliers, demeures de prestige, qui abritent nos ambassades, nos centres culturels, nos écoles nationales, et qui sont le témoignage de notre histoire hors du commun, forment le patrimoine de tous les Français.

Je mettrai donc un coup d’arrêt, et c’est l’objet de ma deuxième proposition, à la dilapidation de nos trésors nationaux, par des gouvernements indignes de l’héritage qui leur a été confié par la Nation.

Sous mon mandat, aucun de nos monuments ne sera bradé à des puissances étrangères ; il en va du prestige comme de l’honneur de la France.

Ma troisième proposition est l’organisation rapide d’un grand sommet de la Francophonie.

Ce sommet aura un triple but : relancer la promotion du français à l’étranger, encourager la coopération économique des pays francophones, et repenser le rapport des pays francophones en termes de souverainetés nationales.

Cela veut dire, en particulier, développer une vision moderne des relations entre la France et les pays d’Afrique francophones. Ni ingérence, ni abandon !

Nous voulons une relation de respect mutuel, dans la préservation des libertés et des identités des peuples,  pour leur permettre de défendre leurs intérêts nationaux, notamment face à la Chine ou à l’Union européenne.

C’est une Afrique libre qui sera prospère, et une Afrique prospère qui sera le meilleur allié de la France.

Après la protection et après l’organisation, vient le temps de l’exploration. C’est le plus exaltant de tous.

C’est le temps des grandes aventures, qui feront date si nous réussissons. Et le champ d’exploration de la France, aujourd’hui, c’est la mer.

Je l’ai déjà dit de nombreuses fois, mais il est bon de le répéter : l’espace maritime français est le deuxième au monde après celui des Etats-Unis avec 11,5 millions de km². L’équivalent de près de vingt fois la France métropolitaine !

Cet espace démultiplie nos possibilités.

Il nous donne accès à des ressources inexploitées.

Il nous donne un avantage stratégique sans commune mesure. Il offre des perspectives de croissance immenses.

Et pourtant, cet espace de vingt fois la France n’existe pas sur les radars médiatiques et politiques. Pire, nous sommes entravés dans nos possibilités de développement.

Notre pêche est entravée par l’Union Européenne, qui nous limite ici comme pour tout le reste. Les 300 000 emplois liés à l’économie de la mer sont menacés.

La flotte commerciale française s’amenuise, alors qu’aujourd’hui plus de 80% des échanges commerciaux mondiaux se font par voie maritime.

Les recherches sur la mer sont sous-développées, en comparaison du potentiel.

Ma quatrième proposition est donc la mise en place d’un grand Ministère de la Mer, qui aura pour but de coordonner la prospection des fonds marins, le développement des infrastructures portuaires et maritimes ainsi que les ressources économiques de la pêche, des gisements de minerais et de pétrole et le développement des énergies renouvelables aquatiques.

Les Américains ont été motivés pendant deux siècles par l’idée de repousser toujours plus loin la frontière de l’exploration de leur territoire, puis de l’exploration spatiale.

La frontière que la France doit pousser toujours plus loin, celle qui sera exaltante, c’est la frontière de la mer.

C’est un monde nouveau, que l’on croyait connu mais qui ne fait que commencer à se dévoiler.

Je ne veux pas que la France manque cette occasion de montrer encore une fois au monde qu’elle sait être à la pointe de la découverte.

Nous sommes des explorateurs. Nous partons d’une civilisation riche et ancienne, et nous pouvons encore l’augmenter sans limites.

Nous pouvons rivaliser d’ingéniosité, d’imagination, d’intelligence avec toutes les grandes puissances de ce monde.

Mais pour cela, il faut retrouver ce qui a fait notre force, et cesser de nous complaire dans une prétendue décadence. La France sera encore grande à l’avenir, j’en ai la certitude.

Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire advenir ce jour le plus tôt possible.

Vive la francophonie, vive la culture française, vive la République, et vive la France.

Front National