économie

Transporteurs, automobilistes, propriétaires de 2 roues : tous mis à l’amende !

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Tribune de Christophe RairieCoordinateur national « Transports routiers » du Forum Route Nationale du 19/04/2018

La livraison en milieu urbain et la logistique du dernier kilomètre dans laquelle elle s’inscrit contribuent plus que largement à l’aménagement du territoire. Dans une politique d’innovation durable de la ville, il convient aujourd’hui que nos élus s’intéressent aux acteurs de la filière transport qui proposent des combinaisons de transport vers les centres-villes comme des alternatives durables et fiables. D’un point de vue technique, des solutions existent sur le marché (ex : véhicules électriques autonomes embarqués), comme celles que nous avons pu observer récemment lors du Salon International du Transport et de la Logistique à Villepinte (https://www.youtube.com/watch?v=RoatIe60Ty8). Mais, cependant, c’est d’une réelle volonté politique dont dépendent la diffusion et la généralisation de ces solutions sur notre territoire et dans nos villes. Sur cette question, alors que certaines initiatives dédiées existent déjà, mais de façon encore trop marginale, la France accuse aujourd’hui un certain retard par rapport à d’autres pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne ou encore la Suède.

Les réseaux fluviaux passant notamment par certaines grandes villes ainsi que les ports autonomes placés en amont de ces villes pourraient jouer le rôle de plaques tournantes, alimentant ainsi les modes alternatifs dans le circuit de la livraison du dernier kilomètre vers les magasins et les clients finaux. Là encore, c’est bien d’une politique de la ville en adéquation nécessaire avec l’offre transport dont il est question et dont le devenir de l’innovation logistique des villes dépend.

Dans cette réflexion, les plans de transport et schémas logistiques impliquant des ruptures de charges doivent aussi être repensés de façon à limiter et faire disparaître les transports à vide entre un point de déchargement et un point de rechargement ; la massification des flux vers les hubs logistiques doivent désormais faire l’objet d’une pensée plus globale s’appliquant à tout type de marchandise et non plus seulement à des flux dédiés aux grands manufacturiers comme l’industrie automobile. Fort d’une évolution et même d’une mutation technologique sans précédent, le secteur du transport routier représente aujourd’hui un vecteur de développement et de croissance durable étroitement lié à l’environnement dans lequel il circule.

On voit ainsi apparaître chez les grands constructeurs une gamme de motorisation poids lourds au gaz naturel (GNV / GNL) et les carrossiers allongent leurs lignes d’équipements par de petits véhicules à l’encombrement très réduit embarqués sur le poids lourd, permettant ainsi de résoudre une réelle problématique de stationnement en ville pendant les livraisons.

Il est donc fort dommage qu’à défaut d’une réflexion constructive sur le secteur routier nous assistions depuis le début de l’année à la lancée d’un « train de mesures » sans précédent à destination et contre les usagers de l’infrastructure routière. On assiste là à une véritable verbalisation systématique et généralisée des automobilistes et de tous les utilisateurs de l’infrastructure sans distinction et sans aucune exception.

La limitation de la vitesse à 80 km/h : Une mesure dont le but n’est que de rendre absolument tous les usagers de la route (particuliers et professionnels), coupables afin qu’ils soient sanctionnés et ainsi mis à l’amende comme des délinquants en puissance ! Contrairement à l’argument de faire baisser le nombre de tués sur les routes de France, la finalité déguisée de cette mesure n’est autre que de remplir les caisses par le biais de nos quelques 4700 radars automatiques qui fonctionnent comme de véritables «jackpots» au profit de l’Etat -qui selon ses prévisions, engrangera cette année des recettes qui dépasseront le milliard d’euros !

De surcroît, du côté des professionnels, à l’heure de la réforme de la SNCF, on est en droit de se poser certaines questions. En effet, il y a quelques jours, au début de la grève de la SNCF (qui a déjà coûté 170 millions d’euros en 6 jours), Madame Elisabeth Borne, Ministre du Transport, évoquait la possibilité de faire contribuer les transporteurs routiers au financement de la dette de la SNCF.

En bref, voitures, poids lourds, deux roues… tout ce qui circule en Macronie doit être sanctionnable, verbalisable et rapporter de l’argent ; autrement dit, rançonner pour avoir le droit d’emprunter l’infrastructure nationale. Et s’il n’y avait que cela ? Car pour stationner aussi, il faut payer ! Après la hausse spectaculaire du tarif de stationnement applicable aux voitures dans les grandes villes, le stationnement des 2 roues est désormais devenu payant depuis le 2 avril à Charenton-le-Pont et à Vincennes : une nouvelle manière de faire entrer l’argent dans les caisses des municipalités, et donc de l’Etat, qui risquerait de s’étendre à d’autres villes ! En effet, maintenant que ce dispositif est lancé dans ces deux villes pilotes, il s’agit là d’une belle aubaine pour les autres villes pour se lancer à leur tour dans la tarification et la verbalisation systématique des deux roues.

Rappelons par ailleurs que depuis le 1er janvier, chaque municipalité est totalement libre d’appliquer ou non cette tarification. De la même manière que les automobilistes, les motards sont mis à l’amende et cette fois-ci sous le prétexte de lutte contre l’incivilité liée au stationnement sur l’espace piéton et surtout sous le si pratique et indémodable prétexte écologique ! Autrement dit, maintenant que le ver est dans le fruit, il pourrait bien se propager sur un plus vaste périmètre et sévir de plus en plus durement. On parle aujourd’hui pour ces deux seules villes de 1,50€ pour 2 heures de stationnement, mais demain et après demain, à l’heure où tout augmente chaque année, quel sera le prix à payer ? Un racket organisé qui n’a déjà pas de limites !

Et par dessus le marché, une nouvelle législation sur le contrôle technique qui entre en vigueur le 20 mai !

Si la fréquence et l’âge des véhicules concernés (tous les 2 ans à partir de la 4è année) restent inchangés, la nouvelle directive qui entrera en vigueur le 20 mai 2018 rendra le contrôle technique plus poussé et surtout plus drastique. Par ailleurs, l’automobiliste disposera d’un délai beaucoup plus court pour prendre rendez-vous avec le garage afin de procéder aux réparations nécessaires en cas de défaillances diagnostiquées. Au lieu d’un délai de 24h fixé initialement, l’automobiliste n’aura que jusqu’à minuit le jour même du contrôle pour se retourner. Au-delà de ce délai, s’il n’a pas fait le nécessaire auprès de son garage, il sera en infraction et donc verbalisable. Selon une récente étude, 1 Français sur 3 dépasse le délai limite pour faire le nécessaire suite à un contrôle technique indiquant une défaillance.

Dans la majorité de ces cas, c’est la raison financière qui est la cause de ce retard. A y regarder de plus près, cette mesure ne consisterait pas plutôt à contraindre encore davantage les automobilistes jusqu’à les prendre pour des hors la loi ? Une nouvelle fois, sous couvert et sous le faux prétexte de plus de sécurité routière, il s’agit finalement bien de prendre plus d’argent et plus rapidement à l’automobiliste !

Front National

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Révolution 3D : pour une renaissance industrielle française !

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Imprimante 3D

Tribune de Dominique BildeDéputé européenConseiller régional Front National, région Grand EstSecrétaire départemental du Front National de Meurthe et Moselle du 18/04/2018

Des lampes aux montures de lunettes en passant par des technologies de pointe, l’impression 3D s’est imposée comme l’innovation en passe de conquérir l’ensemble du marché manufacturier.

En témoignent la multiplicité des secteurs d’application de ces imprimantes du futur, capables de sculpter des objets à partir de matières plastiques ou métalliques, ainsi que la complexité et les dimensions toujours plus imposantes de ses créations visionnaires. En témoignent également tant de vies bouleversées, comme celle de la petite Américaine Mia Gonzalez, sauvée in extremis d’une malformation cardiaque sévère grâce à la modélisation 3D de son cœur, à même de guider avec une précision inédite la main du chirurgien chargé de l’opérer.

Autant de succès spectaculaires qui attestent des ressources inépuisables de cette industrie d’avenir qui, selon l’étude réalisée en 2017 par le cabinet américain A.T. Kearney, devrait voir sa valeur de marché mondiale tripler, pour atteindre 26 milliards de dollars en 2021. À la fin de la décennie, 42 % de la production dans des secteurs aussi divers que l’automobile, la santé ou l’aéronautique serait ainsi concernée par cette technologie révolutionnaire, avec à la clef près de 5 millions d’emplois qualifiés pour les États-Unis et, espérons-le, un nombre comparable en Europe.

Car en industrialisant la production d’une multitude de marchandises à des coûts toujours plus négligeables, l’impression 3D représente surtout la promesse d’une relocalisation massive d’emplois perdus ces dernières décennies au profit de pays à bas salaires.

Le message a d’ailleurs été parfaitement reçu par certains établissements d’enseignement, des écoles d’ingénieur à l’apprentissage, qui ont vu fleurir ces dernières années les formations spécialisées, à l’instar de la grande école Arts et Métiers ParisTech, dont le campus de Lille dispense depuis 2014 un cursus destiné aux salariés et chefs d’entreprise.

Reste que la France a encore du pain sur la planche pour tirer le meilleur parti du potentiel de croissance considérable du secteur. Selon le Comité économique et social européen en 2014, elle ne comptait en effet que 3,38 % des imprimantes 3D installées dans le monde, contre 4,41 % pour le Royaume-Uni et 9,44 % pour l’Allemagne – soit une modeste septième place mondiale.

Ainsi, comme ma visite de ce jour dans la plus grande imprimerie 3D d’Europe a achevé de m’en convaincre, le risque est réel pour la France de rester à la traîne de la course à l’innovation mondiale. Pourtant, à l’heure où la désindustrialisation s’accélère, charriant dans son sillage son lot de destins brisés, il est de notre devoir de traduire enfin en actes pour des millions de Français les promesses de la révolution technologique et des emplois de demain.

Front National

Accord de pêche avec l’Île Maurice : les raisons de notre opposition

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Communiqué de presse de Sylvie Goddyn, député français au Parlement européen du 17/04/2018

Confirmant notre vote en commission Pêche de février dernier, notre délégation a voté contre le renouvellement de l’accord de pêche avec l’île Maurice.

Nous ne sommes pas opposés aux accords de pêche avec les pays tiers dès lors qu’ils servent les intérêts respectifs des pays en développement et des pays européens, mais cet accord avec l’île Maurice remet en question la souveraineté territoriale de notre pays sur l’île de Tromelin.

En effet, l’île Maurice convoite depuis longtemps cette île française et sa ZEE de 280 000 km². Pendant la dernière campagne présidentielle, le dernier gouvernement du Président François Hollande avait tenté de mettre en place un partage de souveraineté sur Tromelin au profit de l’île Maurice. Face à l’indignation provoquée par cet abandon de souveraineté, le Gouvernement avait finalement retiré de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le texte qui proposait la cogestion de cette île.

Toutefois, l’accord de pêche conclu entre l’Union européenne et l’île Maurice mentionne, dans son exposé des motifs, que le « Le pays inclut les îles de Maurice, de Rodrigues, les îles périphériques de St Brandon et Agaléga ainsi que les territoires disputés de l’île Tromelin et de l’archipel des Chagos ».

Cette disposition ne nous satisfait pas, car elle ne reconnaît pas clairement l’appartenance de Tromelin à la France et de l’archipel des  Chagos au Royaume-Uni. Nous ne pouvons pas valider un accord de pêche avec un État qui ne respecte pas l’intégrité territoriale de notre pays.

Front National

Le rapprochement Casino-Auchan-Système U : un mauvais coup supplémentaire de Macron à nos agriculteurs

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Géant Casino

Communiqué de Jacques Colombier et Philippe Loiseaudéputés français au Parlement européen, membres de la commission Agriculture et développement rural du 11/04/2018

En annonçant leur prochain rapprochement, les trois grands groupes de la grande distribution, déjà passablement responsables de l’effondrement des revenus agricoles, font planer une menace supplémentaire sur nos exploitants.

Ils bénéficieraient en effet d’un pouvoir de négociation encore plus redoutable face à des producteurs qu’ils ne cessent d’étrangler depuis des années.

Rappelons que la loi Macron de 2015 dispense désormais l’autorisation préalable de l’autorité de la concurrence pour ce type d’opération.

Le système Macron, c’est bel et bien la prospérité des grands intérêts et la faillite de ceux qui vivent de leur seul travail et investissement personnel, comme nos agriculteurs.

Front National

Enième « plan Marshall » au service des banlieues : la gabegie infinie

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Communiqué de presse de Jordan BardellaPorte-parole du FN et Délégué départemental de Seine-Saint-Denis du 10/04/2018

Chargé par Emmanuel Macron de travailler sur la problématique des banlieues, Jean-Louis Borloo a évoqué un énième plan d’investissement de 48 milliards d’euros visant exclusivement la rénovation urbaine des banlieues. En début de semaine dernière, le Secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires avait annoncé l’attribution prochaine d’une subvention annuelle de 5 000 € aux entreprises qui embaucheraient un jeune issu des quartiers.

Depuis près d’une décennie, quelque 90 milliards d’euros ont été injectés dans les quartiers au titre de cette discrimination positive territoriale. Pour quels résultats ? Les quartiers ayant bénéficié d’un arrosage massif d’argent public sont aujourd’hui les territoires les plus criminogènes de France, accumulant les fractures sociales, éducatives et culturelles.

Une discrimination positive pour les uns revient à établir une discrimination négative pour les autres. Sans intérêt ni particularité propre, cette énième enveloppe constitue une injustice insupportable à l’égard des territoires ruraux, éternels oubliés des politiques publiques et confrontés à une désertification réelle.

Tant que l’Etat ne s’attaquera pas à la délinquance, aux trafics et au salafisme qui minent ces territoires et apparaissent comme des débouchés, les moyens alloués aux banlieues tomberont dans un puits sans fond.

Front National

Projet régional de santé : l’ARS prescrit une saignée pour la Bourgogne Franche-Comté

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Communiqué de presse de Julien Odoul, Président du groupe Front National au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, Membre du Bureau National du 11/04/2018

Comme c’était prévisible, le débat sur le projet régional de santé (PRS) n’a pas eu lieu au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté ce mardi 10 avril.

En effet, le directeur général de l’Agence régionale de santé, Pierre Pribile, s’est contenté de présenter les objectifs d’un projet déjà ficelé et de faire semblant d’écouter les inquiétudes légitimes et les vives critiques des élus régionaux. Discussion inutile pour l’intouchable représentant de la technocratie macroniste qui a déjà programmé la fermeture de services hospitaliers et d’hôpitaux de proximité à Tonnerre, Clamecy, Cosne-sur-Loire, Châtillon-sur-Seine, Gray, Saint-Claude, Montbard…

Avec mépris pour les élus locaux et guidé par la seule rentabilité, Pierre Pribile n’entend pas enlever une virgule à ce PRS qui n’est rien d’autre qu’un gigantesque plan social et une vaste entreprise de démolition de l’offre de soins dans la région.

Devant les représentants des collectifs des urgences présents dans l’hémicycle, les élus du groupe FN-BFC ont relayé la voix des habitants de la ruralité victimes de cette politique d’austérité.

Ils ont dénoncé le processus de démantèlement systématiquement mis en oeuvre par l’ARS avec la suppression des services les uns après les autres pour justifier la fermeture d’un hôpital en perte d’activité.

Tout en reconnaissant les réalités de la désertification médicale dans l’Yonne, la Nièvre et en Haute-Saône, l’ARS condamne ses habitants en asséchant les rares oasis que constituent les hôpitaux de proximité.

Les élus du groupe  Front National de Bourgogne Franche-Comté dénoncent la marchandisation de la santé qui conduit à privilégier les actes rentables, les patients rentables et les territoires rentables.

Ils exigent un moratoire immédiat des fermetures de services hospitaliers dans la région (urgences, maternité, chirurgie, laboratoire,…).

Pour enrayer la spirale infernale de la désertification médicale, ils réclament aussi l’ouverture d’un débat sur la libre installation des médecins et une juste répartition sur le territoire national. Ils rappellent que Marine Le Pen avait proposé lors de la campagne présidentielle un stage d’internat obligatoire de 6 mois en zone rurale afin de favoriser l’installation des futurs médecins à la campagne.

Afin de sensibiliser et fédérer l’ensemble des acteurs (habitants, élus, professionnels de santé), le groupe  FN-BFC lance une campagne visuelle illustrant les conséquences désastreuses de la gestion comptable et inhumaine de l’ARS.

Front National

Discours de Macron sur l’IA : plus que jamais une vision nationale est nécessaire

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Tribune de Philippe OlivierConseiller spécial de Marine Le Pen du 05/04/2018

C’est devant un slogan en anglais « A.I for humanity » que le Président français a prononcé son discours sur l’intelligence artificielle, une curieuse mise en scène pour celui qui n’est pas l’abbé Pierre, mais le président de la République française.

En ouvrant une porte sur « le continent » que représente la révolution numérique, M. Macron a la lucidité d’avoir bruyamment et opportunément porté sur la place publique un sujet essentiel que ses prédécesseurscomme l’Union européenne avaient lamentablement éludé.

Reconnaissons-lui également le mérite d’avoir affirmé sans détour que, pour la France, l’IA n’est pas une option, mais un impératif, pour son rayonnement ou plus simplement pour sa survie économique.

Pas plus qu’il n’est vain de vouloir arrêter le temps, il serait illusoire de prétendre déclarer un « moratoire technique» sur l’IA. Pour un pays comme la France, cette tentation absurde tournerait le dos à sa tradition scientifique et programmerait son suicide économique. Nous ne devons pas être les Ludites du IIIe millénaire, ce mouvement inspiré par Ned Ludd, ouvrier militant anglais qui, à la fin du XVIIIe siècle, crut pouvoir interrompre la révolution de la mécanisation en détruisant les machines à tisser.

Villani  passe à côté de l’équation

L’intervention de M. Macron au Collège de France faisait écho au rapport Villani, un rapport dense que personne n’a osé critiquer du fait de la personnalité consensuelle et intellectuellement intimidante de son auteur. Pourtant, si le député Villani est un mathématicien de génie et un homme respecté pour sa civilité, il n’est pas parvenu, dans cette équation inhabituelle pour lui, à faire jaillir une grande vision politique. Lorsqu’il s’y est risqué, c’est pour servir un prêchi-prêcha politiquement correct sur la parité, la diversité et la défense de la planète qu’il a entremêlé de mesures parfois bricolées, inspirées vraisemblablement par les technocrates qui ont tenu la plume. Sur le fond, en scientifique amoureux de la science, il s’est contenté de promouvoir une intelligence artificielle avec le souci du progrès mondial, « pour l’humanité », oubliant dans son marathon d’auditions que l’exercice aurait dû le conduire à définir pour son pays -c’est-à-dire pour la France- un outil de puissance.

Macron : un équilibriste dans le brouillard

M. Macron, quant à lui, est naturellement plus politique, mais reste prisonnier de ses partis pris idéologiques. Sans se départir de son sourire et de son assurance, il a vacillé tout au long de son intervention sans trouver de points d’équilibre entre une vision nationale, européenne ou mondiale.

Il ne suffit pas de déplorer que la France soit en retard, qu’elle soit même en voie de « colonisation numérique », encore faut-il en tirer les conséquences et ne pas acter les conditions de notre décrochage en distribuant naïvement nos cartes maîtresses à nos concurrents.

Sur le fond, on le verra, le dossier de l’IA illustre de manière archétypale la pertinence de la position du Front National sur l’Etat stratège, la préférence nationale, la question de la souveraineté ou celle de nosvaleurs.

Sur tous ces sujets, M. Macron a tourné autour du pot, mais rattrapé par ses pulsions libre-échangistes, il n’a pu ou pas osé pousser la logique jusqu’à son terme. C’est dommage, mais peu étonnant.

L’IA doit être grande cause nationale sous l’impulsion d’un Etat stratège 

M. Macron concède à juste titre que l’entreprise privée française n’a ni les moyens ni la culture pour s’engager seule dans l’aventure complexe et ruineuse de l’IA. Comme un acte de contrition bienvenu, M. Macron apostasie dans un premier temps sa foi libérale en déniant à « la main invisible » le pouvoir de déterminer de manière mécanique les régulations nécessaires. Il propose à juste titre que l’Etat, par le biais notamment de ses grands organismes de recherche et de certains ministères, se mobilise, s’organise, invente des synergies indispensables entre les différents acteurs. On ne peut qu’acquiescer, mais notons tout de même que cette réactivation de l’Etat stratège, si naturelle au pays de Colbert, procède d’une logique politique empruntée au Front National, cette logique que tant de ses amis ont décrié au nom d’une prétendue efficacité économique.

Pour autant, il nous apparaît que cette impulsion publique si nécessaire n’est en l’espèce pas suffisante. La révolution de l’IA doit sortir des labos et des entreprises spécialisées. Elle ne concerne pas quelques administrations chargées de réglementer les voitures autonomes ou de penser la formation de quelques étudiants de haut niveau en mathématique. Elle concerne tout le corps social.

Peut-être pour ne pas fâcher, M. Macron n’a rien dit sur l’indispensable rattrapage numérique de nos entreprises, sur l’urgence du changement de culture au sein de nos administrations et de nos collectivités dont certaines n’utilisent pas toutes encore le courriel. Il n’a pas cru utile d’évoquer la mobilisation des esprits sur la révolution qui s’annonce, de tous les esprits, l’opinion bien sûr, mais aussi les décideurs publics, les politiques, les syndicalistes, les collectivités locales, ces grands absents du plan Macron.

L’IA qui représente le deuxième âge du numérique est une révolution historique au même titre que le feu, l’imprimerie ou la mécanisation.

Quand la robotique nous appelle à repenser les métiers manuels répétitifs, l’IA s’apprête à impacter les métiers, tous les métiers : les taxis, avec la mise en relation numérique d’une demande avec une offre ou les chauffeurs de camions avec les trains routiers autonomes sont, nous le savons, naturellement concernés et même pour beaucoup déjà condamnés. Mais l’ubérisation va s’insinuer partout. Le grand basculements’apprête à toucher aussi les métiers intellectuels comme les professions d’avocat, de médecin, de pilote de ligne, de banquier etc… Face à l’inéluctable transition de notre économie qui s’annonce, M. Macron a été quelque peu évasif ; peut-être, a-t-il eu peur d’inquiéter. Il est sûr que l’on ne peut plus gérer la crise ou plutôt les crises, profession par profession, au fil des mouvements sociaux, sans les anticiper, sans préparer l’opinion et les secteurs professionnels à ces changements parfois cruels.

M. Macron a également fait l’impasse sur une autre tendance lourde de la nouvelle économie numérique qui est la captation de la valeur ajoutée. La création extraterritorialisée de richesses produites avec parfois un petit nombre restreint de salariés ou même des robots, appelle, en effet, une réflexion sur notre modèle fiscal et sur le financement de notre protection sociale. M. Macron ne pouvait pas ne rien en dire.

L’IA est une vague géante : soit nous nous mettons en situation de la surfer, soit les transformations qu’elle induit nous emporteront comme un tsunami.

M. Macron a perdu l’occasion de décréter l’IA comme une grande cause nationale. Il l’a certainement pensé. Mais ce qui va sans dire va encore mieux en le disant.

IA : vers le pillage de nos matières premières et de notre matière grise ?

Par certains aspects, la révolution numérique met en jeu des mécanismes économiques bien connus.

Pour faire simple, les données sont les matières premières et l’IA intervient comme l’industrie de transformation de ces matières premières.

Or, cette industrie de transformation nécessite le recours à une main-d’œuvre de grande qualité et même une main-d’œuvre d’exception, une main-d’œuvre dont peu de pays bénéficient, mais dont la France, terre traditionnelle d’ingénieurs et de chercheurs, dispose.

Que propose M. Macron dans son discours ? De mettre à disposition de tous, c’est-à-dire de nos concurrents mondiaux notamment chinois et américains, nos bases de données publiques et dans une certaine mesurecelles de nos entreprises (parapubliques ou même privées).

N’est-ce pas là ouvrir largement le pillage de nos matières premières ?

Les données même inexploitées possèdent en elles-mêmes une valeur. La preuve en est l’acquisition par des entreprises comme Google ou Facebook de vos données personnelles en échange de services prétendument « gratuits ».

Que les données publiques (ex : données médicales issues de notre système de santé centralisé) ou parapubliques (données des entreprises de distribution des eaux par exemple) soient mises à disposition d’entreprisesou de projets français, cela se comprend. Les mettre en libre-service mondial, comme le propose M. Macron, c’est prendre le risque de les voir enrichir les potentiels d’exploitation des géants chinois et américains de l’IA au détriment de nos propres entreprises, parfois en retard pour les exploiter. En ce domaine, l’application du principe de préférence nationale s’impose.

Pour ce qui est de la main-d’œuvre, M. Macron se place dans le même type de contradiction.

Le Président s’inquiète à juste titre de l’exode des cerveaux vers l’Eden américain ou vers les délices pécuniaires de l’Asie. Mais dans le même temps, il exprime sa satisfaction béate de voir tous les centres de recherche des géants mondiaux de l’IA converger vers la France. Il n’a visiblement pas pris conscience que ceux-là opèrent une sorte de délocalisation intérieure de notre matière grise. Lorsque Google et Facebooks’installent à Paris, lorsque Fujitsu ou Samsung prennent pied à Saclay, ce n’est pas pour le bien de nos entreprises qui leur sont concurrentes, mais pour leurs bénéfices propres et ceux de leur pays respectif.

Accessoirement, par effet d’aubaine, ces géants, déjà gavés de l’argent du numérique, viennent recueillir les aides à la recherche que l’Etat français dispense généreusement aux entreprises sans condition de nationalité.

En matière de conservation de nos potentiels humains qui fut une priorité stratégique de la Chine en matière d’IA, M. Macron n’a pas été très convaincant. Il  s’est contenté de proposer des aménagements professionnels ou financiers mineurs qui n’auront vraisemblablement que peu d’impact. On aurait pu s’attendre à ce que le président français invoque, ne serait-ce que par principe, à défaut d’y croire visiblement lui-même, le sentiment national comme moteur d’un patriotisme scientifique.

IA : Souveraineté ? M. Macron vous avez dit souveraineté !

A la fin de son discours, M. Macron constate que le progrès de l’IA est mondial et nos valeurs sont nationales.

Sur les données personnelles c’est-à-dire la souveraineté personnelle de chaque citoyen, il nous renvoie à l’Union européenne. Ce n’est guère rassurant.

Sur nos valeurs collectives, il se lance dans un éloge de la « souveraineté ». Il plaide de manière vibrante pour «un pays qui maîtriserait ses choix ». Avec un air malicieux, il use même de cette pirouette: «  je crois dans l’autonomie et la souveraineté ». Il prolonge sa petite provocation par un propos qu’en d’autres temps il n’aurait pas manqué d’interpréter comme un signe de repli nationaliste: « on n’est pas moderne quand on oublie son voisin de palier ».

Comme tous les chemins mènent à Rome, force est de reconnaître que bien des raisonnements actuels conduisent aux principes défendus par le Front National.

Mais M. Macron se paye de mots, des mots que la pratique vient immédiatement démentir.

En écho au chef de l’Etat, le général  Mercier, « commandant allié pour la transformation de l’Otan », a donné un entretien au journal Le Monde (1 er/2 avril 2018 – p 3) sur l’IA en matière militaire. Sur ce sujet, cette intelligence étoilée proclame : « L’erreur serait que chacun des pays de l’Otan développe ses programmes seul, ce qui posera à terme des problèmes d’interopérabilité technique, éthique et politique. »

Lorsqu’un général s’exprime au lendemain d’une intervention présidentielle sur le même sujet, il agit en service commandé et son propos revêt l’autorité d’une parole officielle.

En congédiant de fait l’idée d’une armée nationale qui agirait de manière autonome avec ses moyens propres, cette intervention galonnée illustre une nouvelle fois la trahison des « élites ». L’intéressé qui fut chef d’escadrille, y gagnera sans doute une nouvelle étoile au revers de sa manche. Belle affaire !

Lorsqu’on sait que l’IA commandera nos systèmes militaires, nos chars, nos bateaux, nos avions, nos missiles, nos torpilles, nos drones, est-ce responsable, est-ce un acte de souveraineté d’en confier la clef numérique c’est-à-dire la disposition opérationnelle à des puissances étrangères fussent-elles prétendument alliées?

Qu’adviendra-t-il si les Américains ou même les Turcs, nos « alliés » au sein de l’Otan, s’opposent à une intervention française qui se justifierait pourtant au regard de nos intérêts nationaux? D’un simple clic américain, les moyens d’interventions françaises resteraient inertes et nos armes muettes. Cette logique aboutira à la neutralisation de notre armée en nous exposant à un « tir ami » volontaire à grande échelle ! Loin de la souveraineté clamée par M. Macron, sa logique nous conduit subrepticement sur le chemin de la soumission technologique et donc politique.

Les paroles présidentielles sur la maîtrise des valeurs en matière d’IA comme sur la souveraineté ne sont donc qu’un artifice, et en matière de défense un véritable mensonge d’Etat.

Comment en effet, en matière militaire admettre par exemple que nous soyons privés d’une capacité de décision propre et donc d’une éthique souveraine sur l’utilisation de nos Systèmes d’Armes Létales Autonomes (SALA) ? Il y a là dans le discours et dans les actes de ce gouvernement une exaspérante malhonnêteté intellectuelle.

Plus largement, à côté d’intentions et même de dispositions tout à fait louables en matière d’IA, le discours au Collège de France n’est pas parvenu à cacher les contradictions, mais aussi les limites des choix idéologiques d’Emmanuel Macron. Le Président pressent bien que l’intelligence artificielle exige une vision nationale : le recours à la préférence nationale, la réactivation d’un Etat stratège, l’exigence de la souveraineté, la défense de nos valeurs et de notre éthique nationale. Pourtant, par confort, mais surtout par conformisme, il ne se résout pas à assumer cette vision, à la promouvoir et donc à la mettre en œuvre concrètement.

Non sans talent, mais avec ses limites idéologiques, il a entrouvert une porte. Gageons que ce n’est pas pour permettre aux maîtres de l’IA mondiale d’investir la maison  France.

Front National