Tribune libre

L’art contemporain, le nouvel art officiel

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Legrand Aurélien FN

Tribune Libre d’Aurélien LegrandSecrétaire départemental du FN Paris, Conseiller régional d’Île-de-France du 16/05/2018

Alors qu’en matière de politique culturelle il est souvent reproché au FN de vouloir jouer les censeurs chaque fois que nous nous prononçons publiquement contre l’une des nouvelles élucubrations que les exécutifs locaux cherchent à imposer à l’espace public ou à ajouter aux collections des FRAC, il est possible de leur rendre la pareille s’agissant du choix des œuvres.

Il apparaît en effet clairement aujourd’hui que l’ensemble de la commande publique et des subventions à la création artistique se concentre sur une portion très restreinte et clairement identifiable de la création contemporaine. Un courant artistique directement issu de l’héritage de Marcel Duchamp (l’urinoir devenu œuvre d’art…) et du courant dadaïste, et regroupé sous le vocable abusif d’ « art contemporain ». Un phénomène qui ne touche pas que les arts plastiques, mais aussi bien souvent (même si moins systématiquement) le spectacle vivant. Ce courant est également, en général, le seul à être enseigné aujourd’hui dans les écoles d’art.

Entre subvention, commande publique et enseignement privilégié, il est donc possible de parler aujourd’hui, s’agissant de l’art contemporain (que l’on dissociera de la création contemporaine, beaucoup plus large, et où l’on trouve heureusement quantité d’œuvres de qualité) d’un véritable art officiel.

Entre cette réalité de fait et ses liens étroits avec la spéculation financière, on est donc loin de la transgression tant mise en avant pour justifier son existence et son succès.

Mais pourquoi un tel succès parmi les élites ?

Au-delà des liens déjà bien connus avec la spéculation financière, il est utile d’avoir à l’esprit quelques éléments de réflexion supplémentaires pour expliquer le succès de l’art contemporain parmi nos élites.

Aujourd’hui, ce n’est plus l’œuvre qui fait l’artiste, mais l’artiste qui fait l’œuvre d’art : vous n’êtes plus un artiste parce que, grâce à vos talents, vous avez su créer une œuvre remarquable. Au contraire, c’est parce que la société vous a octroyé le statut d’artiste que tout ce que vous ferez pourra se prévaloir du titre d’œuvre. Ainsi, ce n’est plus le talent qui fait l’artiste, mais les relations sociales et le réseau : si vous parvenez à vous faire connaître en tant qu’artiste supposé, par mondanité, relations, fréquentation des lieux appropriés, etc., vous pourrez alors présenter n’importe quoi comme étant une œuvre d’art et en tirer un bénéfice marchand. C’est le versant artistique de la « peopolisation » de notre société.

Si Picasso savait dessiner aussi bien que Michel-Ange (oui oui), la plupart des artistes actuels n’ont aucun talent particulier, sauf peut-être celui du marketing. Un constat pratique qui permet à n’importe qui de se prévaloir de la qualité d’artiste, et donc de gagner de l’argent. Si cela est moins vrai en France, dans d’autres pays les galeries sont donc remplies d’œuvres de « fille, femme ou fils de… ». Des œuvres ensuite vendues à des acheteurs ayant des intérêts commerciaux et marchands à faire valoir auprès du « de » en question. Là encore, un art avant tout monétaire.

Pour comprendre une toile de maitre, il faut bien souvent posséder un certain nombre de références aux cultures antique, chrétienne ou historique afin d’en saisir pleinement le sens. Pas besoin de tels prérequis pour l’art contemporain. A l’époque où même les élites souffrent de la dé-culturation ambiante, cela est bien pratique. Il suffit de hocher la tête en se tenant le menton et en mettant à la suite quelques mots conceptuels pour donner l’impression d’être quelqu’un de profond. Ce marché ne nécessite pas non plus de connaissance particulière pour un collectionneur en dehors de celle des marchés financiers : quel artiste la spéculation va-t-elle faire monter, dans qui ou quoi faut-il investir pour paraître d’avant-garde. Inutile d’avoir la moindre notion d’histoire et d’histoire de l’art pour savoir qui et quoi acheter, les connaissances des mécanismes boursiers suffisent. Comme acheteur ou amateur, c’est donc un art facilement accessible pour pouvoir paraître intelligent.

Soit autant de facteurs qui expliquent le succès et le monopole public de ce qu’il est convenu d’appeler l’art contemporain, et qui permettent de comprendre pourquoi, sans changement majeur de politique culturelle, cela n’est pas prêt de s’arrêter.

Il est donc indispensable de rompre avec le monopole actuel de l’art contemporain et d’élargir le spectre de l’action publique, commande et subvention, à l’ensemble des tendances et à toute la diversité et la richesse de la création contemporaine. Le mécénat public a en effet un rôle moteur dans une politique culturelle. Il encourage les artistes et il donne à voir leurs œuvres au peuple. Il ne saurait être question de renoncer à ce rôle de l’Etat et des collectivités. Une véritable politique culturelle nationale ne doit pas être une politique qui subventionne moins, ou qui subventionnerait uniquement le patrimoine, mais une politique qui subventionne mieux ! C’est à dire qui subventionne tout le spectre de la création française, de l’artisanat d’art aux arts plastiques et au spectacle vivant. Tout le spectre et pas uniquement le faisceau étroit de l’art dit contemporain comme nous le subissons actuellement.

Cette demande existe, d’orchestres iques sans un sou, d’artistes figuratifs sans commande, de mise en scène traditionnelle sans théâtre. Autant de situations que nos élus rencontrent régulièrement, au contact des artistes, dans les collectivités. A nous, une fois au pouvoir, de satisfaire enfin ces demandes-là, d’en faire une priorité de notre politique culturelle, pour rattraper le temps perdu et les années de mépris condescendant d’une certaine élite, et enfin offrir toute la culture à tous les Français.

A cette condition seulement il sera possible de renouer avec une certaine logique du beau, avec une certaine recherche de sens, et ainsi ramener davantage nos compatriotes vers nos musées et nos salles de spectacle, fiers de constater que la France compte de nombreux artistes de talent, fidèles à son héritage, et qu’elle reste la grande nation des arts qu’elle ne doit jamais cesser d’être.

Front National

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Le « délit de solidarité » n’est pas de la fraternité

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Portraits Magali Delporte pour la région Ile de France

Tribune de Mathilde Androuët, conseillère régionale en Ile-de-France et Déléguée départementale des Yvelines du 14/05/2018

Le Conseil constitutionnel a trois mois pour se prononcer sur la notion de fraternité suite à la réception d’une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par les procédures judiciaires de la nouvelle coqueluche cannoise, passeur « bénévole » de son état, Cédric Herrou.

L’objectif politique des avocats est clair : dire que le mal-nommé « délit de solidarité » – qui n’est autre qu’un délit d’aide à la clandestinité- correspondrait au principe constitutionnel de fraternité. Plus précisément, Me Patrice Spinosi, avocat de Cédric Herrou, demande à ce que le Conseil Constitutionnel entérine juridiquement le fait que l’aide sans contrepartie financière ne peut faire l’objet de poursuites, car il relèverait du principe de fraternité qualifié d’« idéal commun » par le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958.

Sans nous inventer une qualité de juriste, ce que nous ne sommes pas pour la plupart d’entre nous, apportons toutefois notre collaboration à la réflexion que doit mener le Conseil constitutionnel en un trimestre.

Cédric Herrou a-t-il exercé un acte fraternel ? L’époque contemporaine friande des détournements sémantiques a une fâcheuse tendance à confondre fraternité avec solidarité. Car si l’acte de M.Herrou peut être timidement qualifié de solidaire (et encore faudrait-il démontrer que le soutien aux migrations est un acte bénéfique, ce qui est faux au vu du nombre de trafics humains et de noyades en Méditerranée), il ne relève en rien de la fraternité comme entendue dans la Constitution française.

Si la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » fut adoptée officiellement comme telle en 1848, ce triptyque apparaît déjà dans la sémantique de la Révolution française. La fraternité érigée en maxime apparut plus spécifiquement à l’occasion de la Fête de la fédération, le 14 juillet 1790, fête désormais nationale célébrée chaque année à la même date. La Fayette prêta ainsi serment : « Nous jurons de rester à jamais fidèles à la nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l’intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques sous quelque forme qu’elle existe, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité. »

La fraternité est indissoluble, car elle est comme l’indique son étymologie le lien qui unit une même famille. La famille est la nation française et tous les Français sont frères d’une même mère-patrie.

Cette fraternité oblige cent fois plus que la simple solidarité. Si vous n’aidez pas un inconnu dans la peine, c’est potentiellement critiquable, mais pourquoi aideriez-vous tous les inconnus ? En revanche, si vous refusez d’aider votre frère ou votre sœur dans la tourmente, vous êtes moralement condamnable.

Cette fraternité est la part charnelle et humaine qui vient faire le contrepoids aux excès potentiels que peuvent renfermer la liberté et l’égalité isolés. Cette fraternité, au sens où la Constitution l’entend, n’a de sens que dans le cadre de la nation. Nous sommes frères et sœurs français et devons constitutionnellement agir comme tel.

Aussi, quand l’un des membres de cette famille préfère soutenir les délits d’étrangers, encourageant un phénomène qui déstabilise sa vraie famille nationale, il est à cent lieues de la fraternité. Il y contrevient même.

Evoquer la fraternité dans l’acte de Cédric Herrou, ce serait alors adopter une grille mondialiste où les nations, les familles culturelles de cette planète, n’existeraient plus. Un monde d’orphelins, éventuellement solidaires selon le profil des individus, mais certainement pas fraternels au sens systémique.

Réhabilitons donc le vrai sens des mots, car cela rétablit l’ordre naturel des choses. Réhabilitons le terme de fraternité afin de rétablir l’ordre naturel d’une Constitution nationale, dont l’objectif est de servir en premier lieu les nationaux qui s’y soumettent.

Et faisons également méditer ce mot à nos élites politiques qui dans leur passion de l’Autre oublient régulièrement qu’ils piétinent le dernier mot de notre devise nationale qui est pourtant celui qui donne tout son sens à la nation française.

Les Etats-Unis ou la « nation indispensable »

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Tribune libre d’Eric DomardConseiller spécial de Marine Le Pen du 11/05/2018

Les frappes aériennes en Syrie et la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien nous rappellent combien les Etats-Unis restent un empire.

Son statut d’hyperpuissance ne peut se concevoir sans cette prétention hégémonique qui sous-tend des rapports de force fondés sur la prépondérance, la domination, mais également le principe d’obéissance qui en découle pour ses alliés et partenaires.

Comprendre la vision géopolitique des Etats-Unis, sa perception des relations internationales ne peut intelligiblement se faire sans prendre en compte la destinée quasi messianique qui forge l’identité de cette nation depuis sa création.

Quels que soient les gouvernements qui se sont succédé depuis la déclaration d’indépendance, tous communient dans ce même sentiment de supériorité, l’exaltation d’une nation sûre d’elle-même, guidée par la Providence, qui ne doute pas, qui revendique son caractère exceptionnel et unique et qui a l’ambition de construire le monde à son image.

Des pères fondateurs qui débarquèrent en 1620 du Mayflower sur la côte Est de ce qui deviendra les Etats-Unis pour y poser les fondations du nouveau monde, celui censé apporter le bonheur et la liberté, valeurs gravées dans le marbre de la Constitution, à leurs successeurs, tous ont pris soin de porter cette visée universelle.

De Jefferson parlant de son pays comme « du plus grand espoir du monde » à Abraham Lincoln célébrant « le dernier et le meilleur espoir sur cette terre », aux dirigeants contemporains tels la démocrate Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’Etat voyant dans l’Amérique « la nation indispensable », au républicain George W. Bush, appelant « à se souvenir de la bénédiction qui nous a été donnée pour rendre ce monde meilleur ».

Cette nation qui s’est construite sur le mouvement perpétuel et les conquêtes fulgurantes (l’expansion à l’Ouest, l’annexion de vastes territoires au Sud) n’a pas hésité à traduire de manière assez cynique cet adage qui veut que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Les nations indiennes et le Mexique seront les premiers à en faire l’amer constat.

Ainsi va l’Amérique, dominatrice pour les uns, mais également protectrice pour les autres. Nul n’oublie l’engagement, les sacrifices de ce pays qui s’est posé en héraut des démocraties contre les régimes totalitaires lors du second conflit mondial.

Le GI tombé sur les plages de Normandie ou dans les marécages de Guadalcanal incarnait pour les populations éprouvées par l’occupation cet idéal porté par les pères fondateurs : la liberté retrouvée.

« Le plus grand espoir du monde », cette hégémonie bienveillante va cependant voir son image se brouiller par les circonvolutions de la diplomatie américaine à l’épreuve de la guerre froide, des conflits postcoloniaux, de la chute du Mur de Berlin et de l’émergence du totalitarisme islamiste.

La défense de la démocratie qui avait été le porte-étendard et la justification aussi bien idéologique que morale de l’interventionnisme américain va s’étioler au gré d’un réalisme froid et calculateur, où les grands principes s’effaceront derrière les petits intérêts.

Car cette Amérique qui avait contribué à faire triompher la liberté au nom des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, va progressivement s’arroger le droit de s’immiscer, d’influencer, de choisir pour les peuples le chemin à suivre.

Du bombardement massif de la Serbie en 1999 en violation totale de la charte des Nations-Unies, à la transformation de l’OTAN, bouclier militaire défensif, en bras armé du « hard power » étasunien en Europe de l’Est visant à isoler la Russie, de la guerre en Irak lancée après une campagne de propagande et de « fake news » massives (qui a oublié le mensonge grossier de ces couveuses koweitiennes débranchées par des soldats irakiens), à l’intervention prétendument droit-de-l’hommiste en Libye, les Etats-Unis ont fini par donner corps à cette affirmation qui voudrait que la « raison du plus fort est toujours la meilleure », qu’importent les incohérences idéologiques qu’elle soulève.

Ce droit d’ingérence brandi au nom de la morale humanitaire qui est désormais le levier de la diplomatie américaine ne s’embarrasse pas de de logique et encore moins d’équité.

L’important n’est pas la vérité, l’important est ce que le monde croit.

Ce droit d’ingérence à géométrie variable conduit désormais les Etats-Unis à intervenir en violation flagrante du droit international en Syrie, mais à laisser une dictature religieuse, l’Arabie Saoudite, carburant idéologique du radicalisme et de l’extrémisme sunnite, intervenir militairement au Yémen et imposer un blocus meurtrier aux populations civiles.

De même, quand l’administration américaine décide unilatéralement de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien sans que rien ne le justifie, elle fait in fine le jeu des ultra-conservateurs iraniens qui ont toujours dénoncé cet accord comme un aveu de faiblesse poussant à une militarisation accrue du régime des ayatollahs.

Cette prétention de plus en plus manifeste à croire que la cause de l’Amérique est la cause de l’Humanité, à imposer une vision unilatérale des relations internationales, à dicter ses règles en tordant le bras s’il le faut à ses propres principes, rend-elle le monde plus sûr comme le pensent les dirigeants étasuniens ?

Rien n’est moins sûr si l’on en juge par la prégnance du sentiment anti-américain qui prédomine non seulement dans l’opinion publique des pays qui sont les cibles de la politique américaine, ce qui est somme toute logique, mais également dans les pays qui sont des alliés historiques de Washington (Jordanie, Pakistan) ce qui l’est beaucoup moins et révèle la fragilité du concept de la « nation indispensable ».

Front National

Le contexte historique et idéologique qui a rendu possible Mai 68

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Tribune de Gilles ArdinatProfesseur agrégé d’histoire-géographie, Conseiller régional FN OccitanieCoordinateur national du Forum Ecole & Nation : http://ecole-et-nation.fr du 10/05/2018

Les « évènements » de Mai 1968 ont pris par surprise leurs contemporains. Les Français ont été littéralement pris de coursà commencer par le Général de Gaulle qui n’avait anticipé ni la montée en puissance de la « chienlit » universitaire ni la grève générale (la plus importante de l’histoire sociale de notre pays). Cet effet de sidération doit beaucoup au fait que Mai 68 n’est pas un mouvement planifié. Les « évènements » n’ont pas étés coordonnés par un parti ou un groupe hiérarchisé. Ils naissent de la convergence de divers mouvements idéologiquesexternes et internes au pays, qui conduisent, de manière plus ou moins spontanée, à la déstabilisation de l’ordre établiPour comprendre  Mai 68, épisode majeur du XXe siècleil faut donc avant tout analyser son contexte historique. Pour ce faire, cet article retiendra deux facteurs internationaux (la Guerre du Viêt Nam et la Révolution culturelle) qui ont un grand retentissement auprès des étudiants et trois causes internes (la diffusion des idées gauchistes, l’érosion du prestige de de Gaulle et les changements de mentalités portés par les baby boomers).

La « sale guerre » du Viêt Nam, vecteur d’un nouveau tiers-mondisme

A partir de 1965 les Etats-Unis  s’engagent massivement dans le conflit qui oppose la guérilla communiste Viet Cong (soutenue par le Nord-Viêt Nam) au gouvernement Sud-vietnamien (proche de Washington). Cet affrontement asymétrique suscite une très grande réprobation à travers le monde. Les manifestations de soutien à l’insurrection vietnamienne se multiplient en France. L’offensive du Têt, lancée par le Viet Cong fin janvier 1968aggrave les violences, l’armée américaine ayant recours à des méthodes de guerre extrêmement destructrices pour mettre en échec les communistes. L’hostilité à la présence américaine est l’un des moteurs de la contestation étudiante. Elle participe à la politisation de la jeunesse qui voit dans le combat « anti-impérialiste » du peuple vietnamien, une nouvelle cause à défendre. Le Viêt Nam est un thème mobilisateur qui alimente la révolte des étudiants en France comme dans de nombreux pays.

La Révolution culturelle, nouvel idéal révolutionnaire

Dans les années 1960, la Chine communiste suscite un certain engouement. La « grande révolution culturelle prolétarienne » commencée en 1966 avait pour objectif de renforcer le pouvoir personnel de Mao Tzé Tung, fragilisé par l’épouvantable échec du « Grand Bon en avant » (tentative de modernisation forcée de la Chine qui, entre 1958 et 1960, a entraîné la mort de 50 millions de personnes). Notons que c’est par la jeunesse(lycéens et étudiants fanatisés) que Mao entend reprendre le contrôle sur son pays en menant une répression massive et en tentant de détruire toute référence à la société traditionnelle (notamment le bouddhisme). L’action de la jeunesse chinoise, contestant l’ordre établi, les traditions et toute forme de hiérarchie, est une source d’inspiration pour de nombreux gauchistes français qui considèrent le maoïsme comme un nouveau modèleplus attractif que celui de l’URSS engagée dans la déstalinationDaniel Cohn-Benditfigure emblématique des événements de Mai 68, est à l’époque maoïste. Notons l’aveuglement et l’inconscience de ces gauchistes qui, faisant fi de l’horreur qui caractérisait cette « Révolution culturelle », ont pris comme idole un dictateur aux méthodes totalitaires.

Une offensive idéologique gauchiste tous azimuts

Les événements de Mai 68 sont initiés par des groupuscules qui se développent tout au long des années 1960S’ils n’ont pas précisément planifié de calendrier d’action, ces cellules ont incontestablement préparé les esprits et investi les milieux universitaires. Notons que ces gauchistes se démarquent du PCF (Parti communiste français) devenu depuis 1945  incontournable dans la vie politique. Fort d’un socle électoral considérable(22.5% des voix en 1967), le PCF dispose de réseaux associatifs et syndicaux extrêmement puissants, notamment la CGT (Confédération générale du travail) qui aura un rôle essentiel en mai 1968Totalement inféodé au bloc soviétique, le PCF est de plus en plus concurrencé par les groupes gauchistes qui rejettent le modèle de l’URSS jugé trop « bureaucratique ». Ces groupesparticulièrement actifs dans les universités, se rattachent au trotskisme (tendance bien implantée en France depuis les années 1920) mais aussi au maoïsme (évoqué au paragraphe précédent) et plus marginalement à l’anarchisme. Ces mouvements apparaissent comme des alternatives révolutionnaires au système soviétique. Cette nébuleuse gauchiste, bien que numériquement très réduite, sera à l’origine du mouvement étudiant qui, avec l’appel à la grève du 13 mai, sera complété par un gigantesque mouvement social. La prolifération de groupuscules révolutionnaires est un élément déterminant dans la genèse de Mai 68.

L’érosion du pouvoir gaulliste

Malgré son immense prestige issu de la Seconde Guerre mondialeCharles de Gaulle connaît un affaiblissement relatif lors des scrutins qui précèdent « les événements ». Alors que le général avait rassemblé de très larges majorités lors de son retour aux affaires en 1958 (82.6% en faveur de la nouvelle Constitution en septembre78.5% à l’élection présidentielle de décembre) les échéances suivantes sont beaucoup plus mitigées. En 1962, son projet de réforme constitutionnelle (instaurant l’élection du Président de la République au suffrage universel direct) réunit 62.2% des votants soit moins de la moitié des électeurs inscritsce qui constitue une déception. Lors de l’élection présidentielle de 1965De Gaulle est mis en ballotage alors qu’il espérait une victoire dès le 1er tour. Les élections législatives de 1967 (notamment le 2e tour) sont décevantes pour les gaullistes qui n’obtiennent qu’une majorité d’un seul siège à l’Assemblée nationale. Toutes ces victoires beaucoup plus courtes que prévues démontrent que « l’homme du 18 juin » a perdu une partie de son autoritéce qui favorisera la contestation en Mai 68.

Des baby-boomers séduits par l’hédonisme

L’émergence de références culturelles nouvellesspécifiques à la jeunesse, est un autre facteur idéologique fondamental pour comprendre les événements de Mai 68. En effet, la génération relativement nombreuse née dans l’immédiat après-guerre est séduite par le message hédoniste qui se diffuse via le mouvement hippie, le magazine « Salut les copains » et les artistes de la vague « yé-yé ». Cette jeunesse issue du baby-boom n’a pas connu la guerre et a grandi dans le contexte de forte croissance économique des Trente glorieuses. Elle opère un changement de mentalité d’une ampleur inédite puisque des pans entiers des valeurs traditionnelles sont remis en question. Les années 1960 sont marquées par une déchristianisation brutale de la France (effondrement de la pratiquenotamment de la messe dominicale), et dans certains milieux par un rejet du patriotisme, de la famille traditionnelle, de l’autorité et des valeurs militaires portées par De Gaulle. Ce basculement moral s’illustre par certains slogans (« il est interdit d’interdire », « jouir sans entrave») ou des revendications (comme la mixité des cités universitaires). Cette lame de fond hédoniste portée par les baby-boomers est l’une des causes profondes de Mai 68.

En somme, les événements survenus en Mai 1968 naissent de la rencontre de mouvements contestataires qui s’accumulent dans la société française des années 1960. Ces contestations de l’ordre établi se sont cristallisées contre le Général de Gaulle qui, âgé de presque 78 ansincarnait la France traditionnelle. Notons enfin que si certains facteurs  conjoncturels de Mai 68 ont disparu (Guerre du Viêt Nammaoïsmefigure hors norme de de Gaulle…) d’autres mouvement se sont prolongésvoire amplifiés jusqu’à aujourd’hui : l’individualisme hédoniste n’est plus transgressif mais dorénavant parfaitement banalisé ; le gauchisme conserve tout son pouvoir de nuisance, notamment dans les milieux artistiques et universitaires où il sévissait déjà il y a 50 ans.

Front National

Budget européen 2021-2027 : payer plus pour toucher moins …. Et 100 milliards pour installer les migrants

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Commission UE

Tribune de Philippe Olivier, Conseiller Spécial de Marine Le Pen du 03/05/2018

La Commission a fait connaître son projet de budget pour la période 2021-2027, un budget que les commissaires voudraient adopter à la hâte avant les élections européennes, comme s’ils avaient d’ores et déjà la peur d’être renversés par le suffrage universel.

Ce projet d’un européiste échevelé présente un budget perdant-perdant :

Perdant pour l’Europe avec une augmentation du budget de 200 milliards et donc un relèvement considérable des contributions des états , pour nourrir, encore et encore, la bête technocratique ; c’est aussi davantage de coercition et d’autoritarisme avec les sanctions financières contre les Etats qui osent défier les injonctions des commissaires (Pologne, Hongrie, Malte, Roumanie..) ; c’est enfin la consécration d’une défense européenne ouvertement soumise à l’Otan qui préfigure un projet de disparition des armées nationales engagées, en France, par la Loi de Programmation Militaire (LPM) d’Emmanuel Macron.

Perdant pour la France avec un relèvement de sa contribution financière aggravée par la baisse des crédits affectés à l’agriculture, ce qui signifie une baisse de 5% des restitutions à nos agriculteurs. Combien de suicides d’agriculteurs français derrière cette mesure irresponsable ?

Ce budget scelle enfin le financement accéléré de la submersion de l’Europe avec le détournement du fonds social européen (FDS) de 100 milliards d’euros au profit de l’installation des migrants.

Pour les Européens comme pour les Français, l’UE n’est plus une entité lointaine, arrogante et grise qui se perd dans ses visions impériales. Ses décisions ont un impact sur la vie quotidienne de chacun d’entre nous, sur chacun de nos pays.

A Nice, ce 1 er mai, les partis nationaux ont sonné la charge pour la grande bataille qui s’annonce.

En 2019, il est impératif que les peuples européens soient au rendez-vous de l’insurrection électorale.

Front National

Urbanisme et écologisme urbain en France

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Tribune d’Huguette Fatna, conseillère régionale du groupe FN-IDF Bleu Marine, membre de la Commission Environnement et aménagement du territoire du 25/04/2018

L’idéologie du continuel « développement », tant vanté dans nos régions dans nombre de dispositifs, enlève à nos territoires toute respiration, tout espace non approprié non dévolu à une activité. Rappelons cette formule élémentaire consistant à dire que « toujours plus » ne signifie pas toujours « toujours mieux ».

L’urbanisme en France se trouve en effet au cœur d’un problème classique et majeur de société : où se situe l’équilibre entre la liberté et la nécessité de favoriser les dynamismes individuels, tout en créant une dynamique collective fondée sur une philosophie communément partagée et nécessitant des contraintes d’intérêt public ?

La question de l’aménagement en France ne date pas d’aujourd’hui. Jean-François Gravier, célèbre géographe français, s’était même penché sur la question de la macrocéphalie parisienne en 1947 au sein de son ouvrage phare Paris et le désert français. Dans nos régions, l’urbanisme subit depuis des dizaines d’années la dictature de la laideur, du non-sens ou du court-terme : cités-dortoirs sans horizon, zones pavillonnaires sans âme, juxtaposition d’immeubles sans style commun, quartiers délabrés et laissés à l’abandon entre deux rafistolages suivant les choix politiques du moment …

Ce constat rejoint l’avis de l’écologiste Antoine Waechter, qui écrivait que « l’évolution du paysage au cours du dernier demi-siècle est marqué par la banalisation, le désordre et l’appauvrissement. La banalité c’est la disparition des particularités, l’effacement des traits qui confèrent à un lieu sa personnalité.

Le désordre doit être compris comme perte d’harmonie, résultat d’une juxtaposition d’objets manifestement sans lien entre eux et avec leur environnement naturel. »

Il est donc primordial de ne pas oublier quelques fondamentaux en matière d’écologisme urbain. Un lieu doit d’abord être un lien : en effet, travailler, circuler, habiter ne désignent pas des fonctions isolables, mais des actes complexes se rapportant à la totalité de la vie sociale. Il faut faire de l’espace public urbain le lieu essentiel de la socialisation urbaine, le lieu compensateur de l’isolement touchant trop souvent les Français. Si l’homme contribue aux territoires, il s’exprime surtout par eux.

Tribune de Philippe Olivier, Conseiller Spécial de Marine Le Pen du 23/04/2018

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Tribune de Philippe Olivier, Conseiller Spécial de Marine Le Pen du 23/04/2018

Pendant les pétitions, l’islamisme continue de progresser

Trois cents personnalités viennent de signer une pétition pour dénoncer très légitimement le « nouvel antisémitisme » que véhicule un islamisme toujours plus conquérant.

Ils dénoncent à juste titre l’« épuration ethnique » en oubliant de dire que, dans les zones de non-France, cette obligation de fuir ne concerne pas seulement les Français de confession juive.

Islamisme en France : la fin d’un tabou ?

Ceux, comme le Front National, qui ont dénoncé ce fléau pour nos sociétés depuis des années, ne peuvent que se féliciter de cette prise de conscience publique qui marque, espérons-le, la fin d’un déni et même d’un mensonge d’état, entretenu au nom du sulfureux alibi de « l’amalgame » et de « l’islamophobie ».

Le 21 mars, des intellectuels s’alarmaient dans le Figaro du « séparatisme islamiste » qui était selon les signataires « l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme ».

Depuis des mois et même de années, on ne compte plus les ouvrages de philosophes, de journalistes, de grands témoins qui constatent plus ou moins ouvertement le glissement d’une « France qui s’en va » vers une forme de barbarie : Bruckner, Finkielkraut, Zemmour, Rouart, Bigeard …

Face à l’islamisme, les mots ne suffisent pas

A quoi bon pétitionner, s’indigner si de cette indignation épistolaire, littéraire ou éditoriale, il ne reste finalement qu’un titre accrocheur dans un journal parisien ou un succès de librairie qui ne profite qu’à son auteur.

Les trois cents pétitionnaires ont-ils conscience qu’au moment où ils publient leur manifeste, la France s’apprête, en vertu d’accords bilatéraux absurdes, à recevoir cent imams algériens pour diriger le ramadan ?

Ont-ils pris connaissance que la loi Collomb qui se vote à l’Assemblée organise en silence une submersion migratoire de la France venue de pays à fort risque islamiste et que la nouvelle régularisation massive en préparation va aggraver la situation?

Savent-ils que le gouvernement encourage le retour des revenants de Daesh au risque de nouveaux massacres de masse ou de meurtres ciblés de Français en France ?

Les courageux pétitionnaires devraient enfin s’interroger sur les persécutions dont sont victimes ceux qui dénoncent, comme eux mais depuis toujours, le totalitarisme islamiste et sur lesquels, parfois, certains jettent un injuste opprobre.

La solution est politique

L’indignation n’a aucun effet si elle ne se prolonge pas par l’action.

Lorsque les signataires appellent à faire de la lutte contre l’islamisme une « cause nationale », ils rejoignent sans le savoir ou sans oser l’avouer l’idée du Rassemblement National que propose Marine Le Pen.

Il ne leur reste qu’à mettre leurs actes en accord avec leur bienfaisante parole.

Front National